2017-03/04 Rishikesh, ma pratique, mon yoga

Upanishad, la base de tout, la boucle est un cercle sans fin

Mon départ de l’ashram de Swami Chandra fut très agréable, cet homme est vraiment d’une grande douceur, son lieu, son activité en son le témoin, je garde ma réserve sur l’approche dévotionelle qui est suggéré par sa prière mais aucune réserve sur le reste. A rishikesh, j’ai réintégré ma chambre et les cours sur les Upanishads ont commencés dimanche. Ce cours est surtout une approche sur les fondements de cette philosophie Vedantique, le lien entre les textes des Upanishads, les Yoga sutrats de Patanjali et la Bhagavad Gita. C’est exactement ce qu’il me fallait pour me faire avancer sur les dimensions philosophique du yoga, des applications pratiques dans la vie, les correspondances et les dissonances avec les religions, une introduction structurée sur ce fondement de la plupart des courants mystiques et religieux. Aux 4 heures de cours quotidiens, j’ai ajouté 2 cours de pratique physique soit 7 heures de cours par jour. Pour mes deux derniers jours je ne maintient que les cours de philosophie, je me réserve la fin de journée pour la plage et le repos. Je pourrais sans soucis rester plus ici et partir en montagne, mais je suis aussi très content de rentrer et de reprendre mes activités à Paris et de préparer ma prochaine saison indienne.

Méditation et dévots, rencontre d’un homme saint

Je suis arrivé à l’ashram Sadhana Kendra fondé par Chandra Swami Udasin vers 10h30 samedi dernier. Ce monsieur originaire du Pakistan est entré dans une pratique de renonçant ‘sanyasin’ a un jeune âge, il avait reçu lors de ses nombreuses visites sur la tombe de Baba Bhuman Shah, un homme saint de l’ordre des Udasin, un courant de moines renonçant plus ou moins Sikh dont les valeurs sont celles de la compassion, de la générosité, de la simplicité au service du divin. Chandra Swami a ouvert son ashram ayant passé une grande partie de sa vie en hermite dans la forêt, en 1984, il renonce a la parole et à ce jour ne communique que par l’écrit. Son ashram comprends en premier lieu un centre d’accueil pour les dévots et les personnes souhaitant pratiquer la méditation sans dogme et dans un cadre très calme. Il y a également un hopital et une école attenant l’ashram. Il y a beaucoup de dévots français au service de leur guide spirituel. La pratique est purement basé sur la méditation et le travail personnel. Il y a quatre sessions en silence complet de 1 heure, auquel s’ajoute une heure de questions/réponses ‘satsang’ avec le swami. Chandra Swami a 87 ans, il est très alerte, simple, direct. Il a également beaucoup d’humour et est d’une grande disponibilité pour les dévots qui sont dans le culte de la personnalité et la soumission a son aura, espérant recevoir une part de l’énergie divine qu’il aurait reçu lui même à 35 ans quand il a été touché par la grâce de dieu. Il n’y a rien de sectaire ou de malsain ici, les réponses qu’il donne correspondent avec ce qui est dit dans les textes des Upanishad sur le ‘cela’ (énergie universelle…) , et de celle de Sri Ramana Maharsi sur le ‘soi’. Mon soucis est avec les prières qu’il a écrites, qui sont récitées avant les méditations demandent à ‘dieu’ de nous apporter les instruments pour notre réussite tant au niveau physique que spirituel. Un mantra des Upanishad aurait a mon gout été plus neutre, plus simple et plus universel. J’ai du mal avec ces prières et cette approche car je pense, peut être à tort, que cela engendre une soumission complète et que cela met une trop grande responsabilité sur quelque chose d’aussi subjectif que la méditation, ce qui rejoins les réticences que j’ai avec toutes les religions… Dans le yoga, la méditation est un état dans lequel on tombe, ou pas, après s’être préparé sur le plan physique, social, éthique, respiratoire, énergétique. Ces préparatifs sont les socles grâce auquel le corps et l’esprit se purifient et se calment par notre travail et notre volonté. On peut alors travailler sur nos sens pour les mettre sous contrôle, ce qui permet de s’en libérer et obtenir la concentration de l’esprit. C’est seulement à partir de ce moment que l’état méditatif est possible. A partir de ce moment, la dimension dévotionelle vis à vis de ‘l’énergie universelle’ que l’on peut sentir en soi serait nécessaire pour lui permettre de prendre toute la place dans le soi et ainsi ne faire plus qu’un avec, et atteindre cet état de ‘libération’. Je reste persuadé que l’approche purement dévotionelle est très difficile et impose cette soumission dès le premier jour. La question du contrôle d’influence se pose alors. L’autre aspect est que les dévots se libèrent aussi d’une part de responsabilité sur le guru et dieu en les priant de leur accorder ou améliorer leur conditions, leurs capacités physiques et intellectuelles. Cela pose aussi la question de l’attachement, alors que le détachement est prêcher par ces mêmes gurus et religieux. A cette question on m’a répondu que seul l’attachement au guru et a dieu sont bons. Cette approche ne me correspond pas. Il est indéniable que j’ai trouvé dans cet ashram un espace de calme et de sérénité qui m’a permis de me concentrer en dedans et en dehors des temps de méditation. Lors des moments de ‘méditation’ j’ai pu mettre de l’ordre dans mes idées, et aussi travailler sur cette concentration de l’esprit. Mais, comme mes sens ne sont pas encore sous contrôle, que je leur laisse libre court de part ma nature très flexible, je ne goute sans doute que des miettes. Il y a eu plusieurs jours orageux et beaucoup de pluie, je suis donc content d’être tombé ici au pied des montagnes, en mode sédentaire végétatif et contemplatif plutôt que d’être allé vagabondé en mode itinérant vers dharamsala, shimla et manali. L’autre bonne nouvelle est que j’ai quasiment fini la rédaction de ma synthèse en anglais sur la théorie/philosophie du Yoga, j’avais commencé ce travail l’été dernier… Ce support va me permettre de pouvoir proposer des ateliers sur ce thème, sans doute assez rapidement, et de mieux intégrer cette partie très importante de la pratique du yoga lors des stages que j’organise. Demain, je retourne à Rishikesh passer ma dernière semaine avant le retour à Paris. Je compte assister au stage de Siddartha Khrisna sur les Upanishads, ils commence dimanche à 14h, il est prévu 4hr de cours par jour auquel je souhaite ajouter des cours de pratique physique. Heureusement, j’ai ma chambre sur place avec balcon et vue sur Gange pour me permettre, entre autre, de prendre le soleil du matin car je n’aurais pas beaucoup d’occasions de prendre le soleil sur cette dernière semaine d’études et de pratique.

Rishikesh – L’endroit pour étudier

Je me retrouve à Rishikesh au moment ou le climat se réchauffe et les pluies de début mars sont finies. Il y fait plus frais qu’a Varkala, surtout le soir, mais les températures vont continuer leur ascension et d’ici la fin du mois il fera beaucoup plus chaud. Je réside cette année à l’ashram Omkarananda ou je vais suivre plusieurs cours et formations, il est situé sur les bords du Gange, le soleil se lève en face, je vois le fleuve depuis mon lit et aussi depuis le balcon. Le seul inconvénient est qu’il est juste à côté de la station de taxi et rickshaw et que la rue principale longe l’ashram, le bruit des klaxons est donc assez fort en journée mais dans l’ensemble c’est un beau lieu ou séjourner, l’ashram est très propre. Cette année je vais suivre le stage intensif en Yoga Iyengar de Usha Devi, une référence dans le monde du yoga de la précision et de la rigueur posturale, une élève et disciple directe de BKS Iyengar. Son fils est un grammairien Sankrit et un professeur en philosophies indiennes, il donne des conférences sur les Upanishads deux fois par semaine auxquelles j’assiste pour m’aider a mieux comprendre des détails de cette collection philosophique qui est la base de l’hindouisme, d’ou sont tirés les mantras et des références au yoga y sont très présentes. J’avais initialement prévu de faire un tour pour visiter Dharamsala, Manali et Shimla, mais au final je préfère ne pas bouger trop et après deux semaines de pratique physique intensive, j’ai besoin de calme et de moments contemplatifs. Deux personnes rencontrées ici me parlent de l’ashram Sadhana Kendra de Shri Chandra Swami qui se trouve a 60 km dans un endroit rural ou règne le calme et ou seule la meditation est pratiqué libre de tout dogme. Je vais donc y aller ce dimanche avec l’intention d’y passer une semaine. Il me restera alors une semaine avant mon retour. Siddartha Khrisna propose une semaine de conférences quotidienne sur les Upanishad, je m’y suis inscrit et j’ai réservé la même chambre à l’ashram Omkarananda.
La pratique physique avec Usha Devi a été très intense, mon corps a été poussé, il a franchi des caps. J’ai aussi beaucoup appris sur les alignements, les options de postures et la façon de pousser le corps en limitant les risques de blessure. Un des aspects intéressant du stage était son agenda, il était du mercredi au jeudi suivant, coupé en son milieu par le dimanche de repos. Nous avions un cours de 2 heures tous les matins, le cours du soir était de 1h30 mais n’étais que tous les 2 jours, ce qui permettait soit une pratique seul ou de se reposer laisser le temps et la contemplation avoir son effet. Les 2 cours par semaine de Siddartha Khrisna sur les mantras des Upanishads étaient très intéressants et m’ont motivé pour m’inscrire a son cours intensif. Il a une chaine Youtube ‘talks on the upanishads’. Ce qui est vraiment bien dans ces cours est le fait qu’il s’agit avant tout d’une explication grammaticale et technique du texte pour proposer une traduction. Je viens de finir l’essais sur le yoga de Mircea Eliade, qui faisait suite a ma lecture complète des yoga sutrats de patanjali et du hatha yoga pratipika, les cours sur les Upanishads tombent à point nommé.
Tout se passe donc dans le bon ordre, je me retrouve ici dans mon corps et je nourris ma tête des philosophies qui sont la base du yoga. La retraite méditative qui va suivre sera parfaite pour que je puisse me retrouver dans ma tête et peut être progresser sur cette dimension.
J’ai aussi retrouver mon amis parisien, Jules qui est un grand habitué des lieux. Il étudie l’inde, ses religions et philosophies depuis des années, nous avons découvert Siddartha Khrisna ensemble l’année dernière, il le suit à distance sur Youtube aussi. Nous avons passé de bons moments ensemble, c’est une occasion pour moi d’apprendre aussi à ses côté car il est un mine de connaissances. Il était jusqu’à quelques années seulement dans la pratique dévotionelle et meditative, et plus particulièrement celle du chant, il a maintenant intégrer la pratique des asanas. J’ai aussi retrouvé Soham, que je connais de Varkala, il est guide spécialisé dans les ashrams et les divers gurus, il est l’une des personnes qui m’a parlé de Shri Chandra Swami et de son ashram. Ce swami est en silence depuis de la fin des années 80, son ashram est dédié a la méditation silencieuse, il ne propose aucune méthode, juste un lieu de pratique serein. J’ai hâte de m’y rendre et j’espère que mon expérience y sera bonne et me réconciliera avec une pratique méditative intense, après celle du Vipasana que je n’avais pas aimé.

1 Comment

  1. Aumoine
    23 mai 2017

    Ta démarche me ravit j apprécié plus particulièrement ta défiance vis à vis des emprises possibles et j apprends beaucoup je me sens où trop vieux ou trop jeune pour suivre ton exemple je t embrasse PAPA

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