2016-09 Bangkok formation massage

10/9/2016 – Bangkok – retour en Thaïlande, retour à l’école

Me voici à nouveau en Thaïlande pour suivre une formation de massage traditionnel thaïlandais à l’école du Wat Pho. Cette école est la plus ancienne et la plus renommée pour apprendre le massage traditionnel thaïlandais, elle se situe à deux pas du temple du bouddha incliné portant le même nom. La formation sera en deux temps. Tout d’abord je vais passer la certification du massage thaïlandais niveau 1, je compléterai avec une spécialisation en massage thérapeutique de niveau 2. L’année dernière j’avais compléter une formation de niveau 1 à l’école Sunshine de Chiang Maï où il est est suggéré de repasser une formation de niveau 1 pour pouvoir affiner son toucher sa précision et être à même de donner un massage thaïlandais de qualité. J’ai décidé de faire cela dans une autre école ne permettant ainsi d’apprendre une procédure un peu différente, les bases sont tout à fait identiques. Je préfère également être basé dans la ville de Bangkok qui m’avait beaucoup plu l’année passée et je souhaite ainsi pouvoir vivre la ville et l’explorer en plus de détails.

Mon séjour étant d’une durée assez longue, j’ai loué un appartement, ce qui est moins onéreux que de séjourner à l’hôtel. J’ai trouvé un charmant petit duplex dans une résidence de standing très bien situé avec une superbe piscine sur le toit à un prix très correct.

La formation a débuté lundi dernier, le groupe comprenait des Thaïlandais, des Français, des Japonaises et un danois. Au départ j’ai eu peur de la taille de notre groupe, mais j’ai été rapidement rassuré par le fait que nous avions un professeur pour deux matelas soit quatre élèves. Nous avons appris par rotation de modèles, de masseurs et de professeur, une richesse de feedback et d’interactions qui a fait la richesse de l’apprentissage. J’écris ceci en ayant terminé et compléter la première semaine et obtenu ma certification. Je suis réellement ravi d’avoir choisi cette école, cet encadrement a permis de pouvoir apprendre le protocole complet en un temps record. Je me sens tout à fait confortable de pouvoir proposer un massage traditionnel thaïlandais de qualité.

Ce matin, j’ai commencé la formation de niveau 2, une formation de protocoles thérapeutiques. Il s’agit de procédures ciblées sur des problématiques physiques précises, pour pouvoir détendre les zones contractées, douloureuses, bloquées. Pour cette étape nous avons un professeur pour deux élèves, il n’y y’a pas mieux pour apprendre. Il faut apprendre à établir un diagnostic, proposer une procédure adaptée, trouver les points de pression de façon précise et y appliquer la pression graduée et forte permettant de détendre, débloquer et soulager le patient. Cette formation thérapeutique est une formation de 10 jours, elle intègre 6 jours de pratique intensive et 4 jours d’anatomie et de théorie. Les deux parties font l’objet d’une évaluation continue et d’un examen de contrôle des connaissances en fin de stage. La certification obtenue est reconnue par les autorités thaïlandaises. J’aurais à la fin de ce stage, en cumulant avec ma formation de l’année dernière, une certification de 90 heures en massage traditionnel thaï et 60 heures de procédures thérapeutiques, soit 150 heures au total en technique d’accupression.

Ce voyage n’est donc pas de tout repos, je n’ai aucun jour de repos sur les 15 jours de formation qui sont intenses. Cela ne me laisse pas énormément de temps pour découvrir la ville, mais néanmoins le fait d’être ici comme un habitant me permet de découvrir le quotidien des citadins de Bangkok, et c’est cela que je souhaitais avant tout. Cette ville est fascinante, son côté futuriste, traditionnel, le fleuve sur lequel je vogue tous les jours pour me rendre à l’école est un endroit assez magique. J’aurais quelques jours de libres à la fin du stage pour me reposer et faire quelques visites.

Les possibilités végétariennes des stands de rue ne se sont pas améliorées depuis l’année dernière, je mange beaucoup de fruits, ce qui me convient très bien dans ce climat tropical humide.

21/9/2016 – Bangkok part II – fatigue et formation

J’ai continué sur ma lancée avec la formation des protocoles de massage thérapeutiques. Il s’agit de protocoles pour soulager et guerrier des tensions musculaires et articulaires et des tendinites de la tête aux pieds, 51 protocoles au total. Dans cette approche thérapeutique, la pression doit être précise, longue et souvent profonde, ce qui est douloureux pour la personne qui reçoit surtout s’il y a une tension. Cette douleur s’estompe avec le relâchement qui est produit. S’il n’y a pas de tension, la douleur de l’accupression est quasi inexistante. Par contre pour le praticien, la douleur au pouce est réelle et ne s’estompe pas. Mon professeur me rassure en m’indiquant que cela peut prendre 3 mois pour que le pouce se fortifie et que la pratique ne soit plus douloureuse. Ce deuxième volet est encore plus intense que le premier, car pour chaque protocole on reçoit le traitement deux fois de suite et on le dispense également deux fois. Il y a 10 protocoles généraux qui sont répétés quotidiennement pour être mémorisés dans leur séquence et la précision des points. Les protocoles principaux sont pour les maux de tête, le torticolis, les douleurs à l’épaule, la clavicule, le coude, le genou, le bas du dos (x2), la hanche et la cheville. Cette formation dure 10 jours dont 4 sont des cours de théorie. Ce que j’ai trouvé très intéressant est qu’il y a beaucoup d’informations sur tous les cas ou le massage n’est pas la solution et/ou il peut également être néfaste. Tout s’est très bien déroulé, mais mon niveau de fatigue s’est empiré et avec les sauts de température, passant du froid polaire climatisé à la chaleur humide de l’extérieur, je me suis enrhumé. J’ai donc pris une journée pour me soigner et me reposer un peu avant de finir cette formation et passer les examens de contrôle de connaissance. Me voici donc certifié par l’école Wat Pho pour le protocole de massage traditionnel et pour les protocoles thérapeutiques. J’ai terminé lundi et depuis je n’ai pas beaucoup bougé de mon lit ou je traîne et je sieste en attendant que mes batteries se rechargent, mon rhume se guérit doucement.

Je suis ravi d’avoir complété ce cursus qui me permet de mieux comprendre le détail de l’anatomie humaine et les façons de soulager des contractures musculaires de façon précise et efficace. Cela enrichit mes connaissances en terme de massage et me permet de pouvoir proposer un protocole de massage thaï traditionnel beaucoup plus abouti que ce que je pouvais proposer avec la seule formation de l’année dernière. Il me faut toujours répéter plusieurs fois les bases pour me sentir en pleine possession et compréhension des techniques, que ce soit en massage ou en yoga ou je ne cesse de reprendre au début.

Je suis là aussi en train de reprendre la base, et cela, dans la continuité du chemin personnel sur lequel je me trouve avec le yoga. Je suis revenu aux textes, car je souhaite pouvoir proposer des formations et des stages mêlant yoga et massage, théorie et pratique intégrée, je me dois de maitriser le sujet, la revisionétait nécessaire. J’ai commencé par reprendre mes notes des formations que j’ai suivies, des livres que j’ai pu lire depuis, et des recherches sur internet pour clarifier et documenter quelques points. Cela m’a mené aux sutras de Patanjali qui sont fondateurs de la méthode du yoga de Patanjali, un yoga complet qui mène du Hatha Yoga au Raja Yoga. Dans toutes mes formations, certains sutras sont expliqués. Lors de ma première formation de prof, la traduction de l’école de Bihar était censée être notre livre de chevet, mais j’avoue ne jamais l’avoir ouvert, me satisfaisant des extraits étudiés en cours. Récemment j’ai trouvé une traduction en anglais sur internet que j’ai utilisé pour mon site, mais en lisant certaines des traductions j’ai décidé d’ouvrir et de lire la version de l’école de Bihar, interprétée par Swami Satyananda Saraswati. Cette lecture me permet de comprendre les sutras dans leur intégralité et ainsi par la suite d’ajuster la traduction anglaise que je propose sur mon site et de proposer une traduction française. Cela me passionne le yoga, cette méthode laïque d’étude du soi pour mieux comprendre, s’ajuster et de tendre a une meilleure harmonie. Beaucoup de personnes ne parlent que de la couche physique, celle d’asanas, et nomment cela Yoga et l’enseignent ainsi. Pour moi ce n’est vraiment pas cela le yoga, et même si j’enseigne les asanas, j’essaye vraiment de faire passer le message de l’importance d’intégrer ce que l’on apprend sur le tapis en dehors du tapis, dans sa vie quotidienne. Par contre dans ma propre pratique à Paris, j’ai pris une tangente sans doute trop axée sur la performance physique en suivant des cours de Vinyasa. Cette pratique m’a permis de me dépasser, de faire de réels progrès en terme de force, de dextérité, de souplesse, mais j’ai ressenti un vide à plein d’autres niveaux, et je me suis laissé aller à la blessure en forçant sur mes poignets et mes chevilles. Pour mes chevilles, tout est rentré dans l’ordre, par contre pour mon poignet droit, c’est une autre histoire et le rétablissement prendra sans doute plus de temps. J’ai reçu de nombreux soins par mes professeurs ici à Bangkok pour soigner cette tendinite, cela a vraiment réduit le problème, mais je ne peux pas dans l’immédiat forcer sur les équilibres et je dois abandonner la posture ‘chaturanga’ qui est au coeur de la méthode Vinyasa, et qui semble être la cause de mon problème. Cela me permet de revoir ma position, d’ajuster mon comportement, de mettre en garde mes élèves, et surtout de revenir vers mon chemin initial dans le yoga qui est celui du ressenti, de la respiration, de la profondeur, de la douceur et de son intensité. Tout cela reprend du sens et la lecture des sutras est intense et m’ouvre encore plus vers ce yoga dans lequel je ne suis qu’un aspirant. La veille de mon départ, j’ai eu une conversation avec un ami, également adepte et professeur de yoga, sur cette impasse dans laquelle je me trouvais dans ma pratique à Paris, l’ashram de l’école de Bihar est entré dans la conversation. Cet ashram est un des seuls lieux ou l’on peut recevoir l’enseignement du yoga de Patanjali, les stages sont de 3 à 4 mois, car seuls le temps et l’isolement permettent de vivre cette pratique très intense qu’est cette forme originelle et complète du yoga. Il y a deux ans, quand je cherchais à faire un stage de yoga, l’ashram fêtait un anniversaire et les cursus étaient bouleversés, je m’étais alors rabattu sur un stage à Rishikesh. Depuis, l’ashram a remodelé ces offres de stages et je vais y regarder de plus près pour envisager cette immersion de 3 ou 4 mois pour l’automne prochain.

Ces derniers jours, j’ai fait la rencontre d’un jeune laotien qui a été moine bouddhiste pendant plus de huit ans. Il m’a beaucoup expliqué la vie de moine et cela m’est très utile pour mieux comprendre mon propre chemin qui n’est pas celui d’un moine. Le chemin du yoga peut certes être austère, mais il n’est pas religieux, il est laïque, scientifique. Il met la spiritualité au coeur de tout, mais ne revendique aucun leader, aucun dieu, aucun sauveur, aucun évangélisme. Beaucoup de personnes autour de moi lisent des livres où pratiquent des méthodes ‘clefs en main’, ils deviennent des évangélisateurs de leurs auteurs. Ils ne comprennent pas que mon chemin soit plus simple, mais beaucoup plus compliqué. Oui la solution est facile à trouver, vivre l’instant présent et tout le blah blah, la pleine conscience et son orchestre, mais la mise en application réelle ne l’est pas. Le yoga en cela est pire qu’une religion, car l’intégrité est au coeur de la pratique, si on veut vivre les bienfaits, il faut être cohérent du début à la fin, ce ne sont pas de petites phrases, non c’est un véritable mode de pensée, qui peut devenir mode de vie et donc changer réellement les choses de l’intérieur. La religion permet tous les écarts et les contradictions. Le yoga permet à tous avec nos contradictions à devenir cohérents ou améliorer notre cohérence. Mais surtout, même s’il y a des règles, elles ne sont pas forcées, bien au contraire, il s’agit de s’observer, de ne laisser certaines habitudes dernières que si elles tombent ou disparaissent d’elles même. Tout doit être harmonieux, sans violence, et surtout en complète cohérence avec nos propres éléments.

C’est ainsi et sous les orages quasi quotidiens que se termine mon séjour à Bangkok, dans quelques jours je serais à Calcutta dans le cadre de mon travail de photographie, d’échange artistique, de promotion sportive et culturelle et surtout de contact humain. Ces activités sont réalisées dans le cadre de mon association Paralbol qui collecte des fonds pour m’aider à réaliser ces projets.

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