2016-06 Bali & Lombok

12/6/2016 – Bali par surprise

Je me suis surpris moi même lorsque j’ai pris mon billet pour Bali. Un coup de tête, une impulsion. Une personne que j’avais rencontrée en Inde s’y trouvait, je souhaitais le voir, et sans grand attrait pour Bali, la mention de l’île de Lombok et son volcan m’a séduit. Le temps et l’humeur à la maison n’étaient pas excellents, j’avais besoin de prendre l’air, le large, et aller au-devant de mon impulsion. Je suis arrivé sur l’île de Bali fringuant et pimpant après près d’une journée de vol, j’ai été accueilli avec tous les honneurs, mais très rapidement il s’est avéré que ce serait de courte durée. Je n’ai pas été séduit par Ubud, le ‘beverly hills’ des rizières ou les boutiques et restaurants chics se succèdent accolés aux guesthouses à la décoration traditionnelle balinaise. Certes très raffinée, cette décoration est partout, les statues finement taillées, la pierre, les porches, les dieux balinais, Ganesh, des peintures de bouddha, cela est devenu très rapidement oppressant pour moi. Le tourisme de masse, comme celui que j’avais pu rencontré en Thaïlandais a également contribué à mon malaise. Heureusement, j’ai pu rejoindre l’île de Lombok par bateau rapide et être pris en main par la société de trek pour aller à la découverte du Volcan Rinjani. Seuls moi et mon ami sommes descendus du bateau à lombok, tous les autres passagers jeun’s, fun et éméchés à la bière, se rendaient sur l’ile de Gili T, ce qui m’a retiré l’envie de m’y rendre moi même. Mon ami ayant prévu de faire le trek plus tard avec un autre voyageur, il s’est dirigé vers une plage pour y attendre cette personne. Pour ma part ce trek était une des raisons de venir dans cette région, j’avais donc organisé un départ le lendemain matin avec un transfert direct organisé par la société de trek vers le point de départ pour y passer la nuit. Je suis arrivé au centre en fin d’après midi, mercredi, j’ai eu tout juste le temps d’aller me baigner près de sublimes et très grosses cascades. Je n’ai pas pu trop m’y attarder, car la nuit arrivait, mais j’y étais seul et ce fut un très beau moment de sentir la puissance et le souffle de l’eau qui tombait tout près de moi. Ma première impression de l’île de Lombok est bonne. C’est calme, plus rural, moins développé que Bali et l’attrait touristique est plus ciblé sur le volcan et moins sur la fête et l’alcool, ce qui rend l’atmosphère plus respirable. Cette île est à dominance musulmane, les personnes y sont chaleureuses et accueillantes, les hommes tout autant que les femmes. Je vais devoir aller sur les plages à un moment donné, mais je ne ressens pas une très grande attirance, c’est fort bizarre. Mais je vais attendre d’y être pour finaliser mon opinion.

Ma nuit pré-trek, je décide de lire pour trouver le sommeil. Je ne lis pas beaucoup, car j’aime beaucoup apprendre par mon expérience de la vie et de façon sélective et sporadique du récit de celle des autres. J’avais téléchargé il y a quelques mois quelques livres de Krishnamurti, j’en entame un. Je suis sur le cul, je crois que le but de ce voyage est en fait de lire ce livre, a cet instant précis le sujet et la méthode de ce monsieur me parlent et me donne la direction dont j’avais besoin dans ma pratique réflective et méditative. Cette lecture me libère, je vais pouvoir profiter du trek et de la dimension méditative de la marche pour essayer de vivre dans le présent pleinement et ainsi me libérer de pensées et réflexions qui me polluent au quotidien. Ce livre me confirme nombre de mes idées et me donne cet échelon supplémentaire pour me faciliter le détachement émotionnel avec lequel j’ai du mal, et qui, ces derniers jours auront été, une fois de plus mis à rude épreuve. Tout a un sens, je suis ravi, comblé de vivre ce que je vis, je ne regrette rien, mon chemin de découverte de moi et de la vie se poursuit en rythme et à point nommé. Merci la vie.

12/6/2016 – trek du volcan Rinjani, Lombok

Ce treck fut tout simplement phénomenal. Le paysage, les parcours, les rencontres ont formé un tout absolument sublime.

Le parcours comprend 5 marches en trois jours. Chaque jour près de 100 personnes partent en direction du sommet en groupe de 2 à 8 personnes. Mon groupe est composé de 8 personnes, 1 guide et 4 porteurs qui transportent l’eau, la nourriture et le matériel de camping. Un couple de Chinoises qui partent sur les chapeaux de roue et rapidement se calment. Un jeune allemand et sa copine hollandaise rencontrée à Bali, ils ne sont pas préparés à un parcours si sérieux et des conditions climatiques de haute altitude, ils souffriront, tout comme une Française de Strasbourg, Émilie, qui fort motivée se prendra un choc lors du premier passage ‘à pic’, mais elle finira ravie de son exploit. Un jeune couple de Grenoble, trekeurs expérimentés, super sympathiques qui apprécient tous les challenges et les beautés du parcours. Et moi, qui complète le groupe, trekeur sur le tard avec de bonnes jambes et la volonté de prendre plaisir à chaque pas, de marcher seul, à mon rythme, le plus loin possible des groupes, des conversations et du bruit. Je marcherais sans trop m’arrêter, souvent en tête des grappes de marcheurs, suivant les porteurs, agiles, forts et experts du terrain et du parcours. 

Le premier jour nous partons de Sembulum à 1156m pour rejoindre le camp de base à 2639m. Ce parcours est prévu en 7 heures avec des pauses. J’ai quelques provisions (amandes, chocolat) pour pouvoir grignoter en marchant et ainsi marcher seul et en tête à mon rythme, pas particulièrement rapide, mais soutenu. Nous commençons par la traversée de champs, puis des prés de basse altitude avec des herbes hautes dans lequel est taillé un passage. La dénivelée est assez douce pour commencer et le terrain est souple et doux en terre brune. Je déchausse et je marche pied nu pendant près de deux heures, je gagne le respect des porteurs et surtout la sensation de contact direct de ma plante de pied sur ce sol meuble et doux. Les autres marcheurs pensent que c’est douloureux et courageux, c’est tout à fait le contraire. Puis un changement de terrain me fait rechausser, la partie difficile du parcours du jour peut commencer. Le sol devient rocailleux avec des graviers, la dénivellé devient sérieuse et périlleuse, le souffle commence à se faire court, le sol est glissant à cause des graviers et ça monte à pic. Je prends mon temps et marque des pauses pour reprendre mon souffle et aider mon coeur à se ralentir. Je suis ravi d’avoir pu passer ce moment seul avec les porteurs loin devant les groupes de marcheurs. Je serais récompensé à mon arrivée par un petit groupe de porteurs qui m’invitent à partager leur plat de nouilles aux légumes. Je profite pour faire sécher mes Tshirts trempés par l’effort, je me repose avec les porteurs en attendant l’arrivée des trekeurs qui s’échelonnera de 30 minutes à 3 heures après mon arrivée. Les campements se font tout le long de la crête, nous avons la vue sur le sommet du cratère qui se trouve à 3726m. La nuit tombe, la température baisse, les personnes qui n’avaient pas compris que le climat d’altitude est diffèrent que celui de la plage commence à sentir le froid et s’inquiéter pour le parcours du lendemain.

Le deuxième jour sera long, très long avec trois secteurs à couvrir. Le premier partant en pleine nuit vers 2h30 de 2639m pour grimper à 3726m pour le lever du soleil, puis redescendre en mode glissades dans les billes de lave au camp de base pour le petit déjeuner. Puis nous descendrons sur les bords du lac à 2000m ou une baignade dans des sources chaudes permettra de se détendre musculairement et mentalement avant le déjeuner. L’après-midi, le troisième et dernier secteur, nous grimperont en mode rando/escalade sur la crête opposée du cratère à 2461m. Je n’irais pas jusqu’au sommet du cratère, frappé par le vent glacial et l’envie de solitude. Je m’arrête 30 minutes avant le sommet, peux être 200 m en dessous. Je serais récompensé par une descente en danseuse, seul, enivré, heureux et comblé, je n’aurais pas eu ce sentiment de liberté et de contact avec ce lieu magique si j’avais rejoint le sommet et la foule. Cela me permet aussi d’aller me doucher à la source d’eau potable, car la descente dans la lave est trop trop trop poussiéreuse, mais tellement heureuse. La descente au lac est agréable, mais les descentes sont toujours plus éprouvantes et parfois dangereuses pour les genoux et les chevilles. Je ressens un pincement dans l’arrière de ma cheville droite, je calme mon rythme et je profite du bain dans les sources d’eau chaude pour essayer de me reposer. Depuis le début de mon séjour, je n’ai pas beaucoup dormi avec le cumul du voyage, du décalage horaire, des émotions, et maintenant de l’altitude, je dois me ménager, je prends du repos grâce à mon avance. Le dernier tronçon du jour sera éprouvant et exultant. Il commence en longeant le lac, puis on s’enfonce à petit dénivelé dans les sous-bois avant d’attaquer une première ascension en sous-bois, puis s’enchaineront deux ascensions avec de gros rochers et parfois des passages acrobatiques d’escalade. Avec le couple de Français, nous atteindrons le sommet en tête avec 1 à 2 heures d’avance sur nos camarades. Le campement est monté, je me repose, j’arriverais à dormir un petit peu, mais pas trop.

Le troisième et dernier jour, la descente à Sénaru à 600m. J’irais admirer le lever du soleil sur la crête avec la vue sur le sommet et les colonnes de marcheurs partis à son ascension de l’autre côté. Je décide d’effectuer la descente finale seul sans m’arrêter pour ainsi rejoindre mon organisateur de trek au plus tôt, d’obtenir mon transfert taxi et bateau pour une des iles Gili en espérant y arriver dans l’après-midi. J’en informe mon guide et j’entame la descente. C’est de la glissade, c’est casse-gueule, les marcheurs avec leurs bâtons s’embrouillent les pinceaux, je décide de me mettre en mode près du sol et je glisse directement assis sur mon pied gauche et la jambe droite tendue devant qui me guide dans les virages, les mains m’équilibrent. Les gens rigolent, mais j’avance et je ne tombe pas. Sur la partie suivante tout aussi glissante, mais moins abrupte, la meilleure méthode est celle utilisée par les porteurs, c’est celle de la course. En effet de courir permet de rester plus sur les pointes de pieds, d’avoir un contact moins lourd avec le sol et ainsi d’éviter les chutes en arrière. Cela fonctionne, mais c’est éprouvant sur les jambes et les genoux, mais une fois dans le rythme, et bien, on danse. Le tronçon suivant est dans la jungle dense, les racines rendent le terrain stable et donnent des points d’appui, mais sont aussi des obstacles à éviter. La denivellé est parfois rude, mon rythme est très rapide devant les porteurs. J’arrive à destination plus de trois heures avant l’horaire prévu, je négocie le transfert, je me douche, je me connecte avant de grimper dans le taxi en direction du port. Le trek est fini, je suis comblé, doucement, mais surement mes jambes et mes genoux s’enquilosent et se courbaturent, le double effet kiss kool est arrivé.

L’aspect introspectif, méditatif, sensoriel de la marche m’a permis de travailler sur le détachement, la notion de l’instant présent. Je me sens plus libre, plus clair, plus éveillé et plus doux que jamais. Deux citations se sont manifestées: BBK, body, breath, karma – The only truth is now

 

13/6/2016 – Gili gili on rigole hihihi

Les îles Gili sont au nombre de trois elles se succèdent au large de Lombok. Elles sont petites, sans voitures, on se déplace à pied, en vélo, en scooter électrique ou avec charrettes tirées par des chevaux.

Elles sont un récif corallien, les plages sont donc d’un sable de corail blanc. La profondeur de l’eau est faible tout comme l’amplitude de la marée, par contre il y a des courants ce qui rend la nage peu agréable. Au niveau des fonds je ne suis pas allé très loin, il n’y avait pas foisons de poisson, le corail étant mort. Il y a des zones de plongée, mais je ne me sentais pas à faire autre chose que de me reposer et d’écrire. Je me suis trouvé un petit bungalow face à la plage, très rustique, mais a 12 euros la nuit. Mes courbatures sont terribles, je m’étire, mais ça va prendre quelques jours à se dissiper. Je ne reste que deux nuits sur Gili air, les plages de corail blanc c’est très beau en photo, mais c’est assez chiant sauf si l’on veut passer sa journée sous un parasol à regarder de l’eau excessivement salée et qui vit très peu. Demain matin je prends un bateau pour rejoindre la cote est de l’île de Bali, la région de Amed ou les plages sont de sable volcanique noir et qui son à flanc de la jungle du volcan.

17/6/2016 – Retour à Bali, Amed, Lovina et Munduk

Le bateau m’a ramené de Gili à Bali dans la région est de Amed. La traversée fut rapide et douce. La région de Amed est moins touristique, car les plages ne sont pas propices au farniente et au surf, mais sont un délice pour la plongée. Je me suis trouvé une très belle chambre avec vue sur mer et la piscine à débordement à un prix canon. Le jardin de corail se trouvant juste en face de mon hôtel, je n’avais qu’à chausser les palmes et mettre le masque pour me promener librement parmi les coraux de toit type, taille et couleur et nager au milieu des poissons. J’ai fait deux balades une dans l’après-midi et l’autre au petit matin, ce fut un régal. Après mon petit déjeuner, j’ai repris la route avec un chauffeur trouvé la veille en direction de la plage de Lovina plus au nord. J’avais convenu plusieurs arrêts en route pour visiter le Tirta Ganga, un jardin aquatique, une cascade et un genre de source thermale au bord de la mer. Seule la cascade sera à mémoriser et j’arrive a Lovina vers 15h avec une petite pluie qui rafraichit atmosphère et me permet de visiter plusieurs hôtels sans avoir trop chaud. Je trouve une belle chambre fort bien climatisée avec accès direct sur la plage et un petit jardin privatif. Il n’y a pas grand-chose à faire à Lovina, c’est parfait, j’ai besoin de repos et de passer une bonne nuit de sommeil. Le lendemain après une petite baignade matinale, je prends mon petit déjeuner et je trouve un chauffeur pour m’emmener dans la région de Munduk dans l’arrière pays à flanc de volcan ou j’ai réservé une chambre pour deux nuits. L’hôtel que j’ai réservé se trouve en fait assez loin de Munduk et des sites naturels que je souhaite visiter, mais c’est un très bel endroit au milieu des rizières, proche d’une jolie et grande cascade. Ils assurent également le transfert A/R pour Munduk ce qui est parfait. La cerise sur le gâteau est que je me retrouve dans une chambre, bungalow, grand luxe avec une terrasse en plein dans les rizières coupées des autres résidents. Je ne sais pas pourquoi j’ai eu le droit à cet upgrade, car les autres chambres sont nettement plus petites, moins privatives et nettement moins belles. Le pied total, je me repose, je prends mon temps, je ma balade, je prends le soleil au bord de la piscine. Demain je quitterais les rizières et cette région pour redescendre à la plage. Ce sera celle de Seminyak pour deux nuits avant de reprendre mon avion pour Paris dimanche. Seminyak est la plage ‘fashion’ et ‘gay’ de Bali. Je ne pense pas que cela va forcément me plaire beaucoup, mais je pense néanmoins y trouver mon compte. Je vais en tous cas pouvoir essayer des prestations de massages diverses ce qui esttoujours très important pour moi et la partie professionnelle de mes voyages.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code

Retour en haut de page