2015-01/02 Hiver à Varkala

15/11/2014 – une saison hiver 2015 qui se prépare

Je viens de finir mon planning pour mon hiver 2015, et il sera Indien, les billets sont pris, je quitte la France le 30 décembre et mon retour sera le 22 Mars. Je passerais janvier et février au Kerala. Une grosse partie sera à Varkala, j’ai toujours le projet de faire le pèlerinage de shabarimala qui est en janvier. J’ai également la volonté de retourner dans la clinique ou j’ai étudié le massage pour refaire une session de cours et en profiter pour visiter à nouveau cette belle région de Kannur, mais les chances que cela se concrétise sur ce voyage sont minces. Je vais donc me reposer, m’entrainer, me ressourcer, voir mes amis et en faire de nouveaux, sans oublier la pratique et ma formation continue en yoga et en massages. J’espère à nouveau occuper la belle terrasse que j’avais louée l’année dernière pour être au plus près des arbres et des aigles et profiter de la liberté de ce bel espace. Je vais devoir améliorer la sécurité du lieu, car tant les chiens que certains humains ont une tendance à venir visiter le lieu pour y faire du grabuge. J’ai pris mes dispositions pour réserver l’endroit, mais en Inde c’est sur le moment que tout se fait, j’attendrais donc d’y être pour y croire.
Pour la fin du séjour, j’ai prévu de retourner à Rishikesh pour assister au festival international de yoga qui est organisé par Parmath Niketan. Il s’agit d’un rassemblement de praticiens de Yoga du monde entier, de sessions de cours, de rencontres, de conférences. Ce sera l’occasion pour moi d’essayer de nouvelles disciplines et pratiques, de rencontrer des personnes qui partagent la même passion que moi, de continuer mon apprentissage et mon enseignement pour pouvoir mieux le partager à mon tour. Cette semaine de festival sera suivie de deux semaines de formation ‘Kryia Yoga & meditation’ à Parmath Niketan conduite par Mathaji, une figure emblématique de Rishikesh. Cette forme de yoga pratiquée par Mathaji serait axée autour de diverses pratiques méditatives, de chants et de pratiques d’asanas doux. J’espère que des amis de paris me rejoindront pour quelques jours ou semaines à Varkala et je devrais retrouver un groupe d’amis de Paris à Rishikesh. Je ne retourne ni à Mumbai ou Kolkata cette fois ci, même si les personnes que j’y ai rencontrées, je souhaite les revoir, mais j’ai vraiment besoin du repos de Varkala avant de pouvoir envisager la tumulte et l’agitation de ces villes. J’espère que les personnes que j’y ai rencontrées lors de mon précédent voyage me retrouveront à un moment ou un autre dans un endroit ou un autre. Le tic tic tac du compte à rebours a commencé a résonner dans ma tête.

Parmath Niketan
http://www.internationalyogafestival.com

30/12/2014 – C’est parti

Je ne me sens jamais aussi vivant que quand je suis sur mon chemin de voyage et encore plus quand l’Inde est ma destination.
Ce réveil me donne des chatouilles sur tout mon corps comme si mes cellules et tous les nerfs dans mon corps où l’étirement et commencer à secouer.
Bien sûr, j’ai environ 24 heures à parcourir avant d’atteindre ma destination finale. En route, je vais m’arrêter à Istanbul et Mumbai avant d’atteindre Trivandrum et prendre un taxi pour les 40 derniers kilomètres jusqu’à ce que j’atteigne les falaises sacrées de Varkala et voir les Eagles balançant dans le ciel et les chauves-souris sortent en essaims au crépuscule. Heureux je suis comme le soleil du matin, rouge et vibrant réchauffe mon coeur comme le RER me prend à l’aéroport ce matin. Je suis prêt à voler.

 

30/12/2014 –  Prêt pour l’envol

À chaque départ la même anxiété. Mon corps dans son entier semble se réveiller et mes cellules et tous les nerfs commencent leur petite danse de bonheur. Il y a aussi une petite mélancolie de quitter des personnes ici et de ne pas pouvoir les emmener avec moi vivre cette expérience de l’Inde. C’est drôle, mais c’est comme un appel instinctif, du genre ‘ET call home’. Je vous rassure mon doigt ne s’est pas illuminé même si des fois je me sens complètement illuminé moi-même 😉
Mon trajet durera à peu près 24hr avant d’atteindre ma destination finale. Je ferais escale cet après-midi à Istanbul et demain matin Bombay avant d’atterrir à Trivandrum. Mon ami Vibhu et son ami Vinu doivent venir me chercher à l’aéroport. Vinu fait le taxi, il nous conduira à 40km au nord en haut des falaises sacrées de Varkala ou je pense établir mon campement pour les deux mois à venir. Je voyage extra-light, juste un petit sac à dos. C’est un peu dur de ne prendre que le strict nécessaire, mais c’est un vrai confort de ne pas avoir à trimbaler un gros sac ou une valise. Cela permet aussi de ne pas avoir à enregistrer le bagage en soute. Ce matin un beau ciel rose m’a accompagné a l’aéroport. Je suis prêt pour l’envol.

 

3/1/2015 – Voyage voyage

Les vols avec Turkish airlines furent très plaisants, mais la nuit fut courte, car le temps de servir le repas et débarrasser, il ne restait plus que 3:30 de vol. J’attends maintenant ma dernière connexion à Bombay, la moiteur et la chaleur de l’air de cette région se font sentir dans le terminal qui reste vétuste malgré les quelques travaux d’apparence qui se poursuivent. J’ai envie de me changer et de passer en mode short. Pour l’instant je me suis trouvé un couloir aéré et je me suis allongé sur un muret en marbre les jambes contre le mur. Plus que 2 heures d’attente et deux heures de vol pour retrouver mes amis du Kerala.

 

4/11/2015 – Arrivée en terre semée d’embuches

Je suis arrivé au Kerala heureux et pas trop fatigué. Mon ami Vibhu est venu me chercher à l’aéroport accompagné de son ami Vinu. Avec eux j’ai pu sur le chemin, acheter des tongs, acheter une nouvelle carte SIM pour avoir du téléphone et de la 3G, acheté un vélo, et faire d’autres petites formalités. Je suis donc arrivé à mon habitation serein. J’avais réservé le même endroit que l’année dernière et j’avais versé une avance de 1 mois pour garantir sa disponibilité. La propriétaire était ravie de me voir et j’ai commencé à m’installer et à déballer les draps et tissus que j’avais laissés sur place pour les aérer. Ma voisine, Nina, avec qui j’avais eu quelques soucis l’année dernière était la, je suis donc allé lui dire bonjour de façon gentille et polie, car au téléphone au mois de novembre, elle semblait apaisée. En fait pas du tout, elle a tout de suite commencé à me prendre la tête sur ce que je devais et ne devais pas faire avec la propriétaire, ce qui était totalement hors sujet, mais bon je la savais folle, je m’attendais à un répit, quelle erreur. C’est ajouté, Michael, qui séjourne depuis des années sur la même propriété et qui n’a pas apprécié que je réserve ma place. Il me la fait savoir en me criant dessus. Je suis donc parti ‘chez moi’ sans pouvoir répondre, car je n’avais pas le droit à la réponse. Quelques minutes plus tard, il est revenu à l’attaque, toujours en criant, car il n’avait pas apprécié que je parte sans broncher juste avant. La situation s’est vite aggravée, car Nina et Michael ont pris la propriétaire à part pour lui signaler que j’avais été violent et agressif avec eux. Cela m’a littéralement retourné et j’ai donc décidé dès le lendemain matin de changer d’endroit. Quelle chance j’ai eue. Car oui en fait c’est une chance d’avoir eu à quitter cet endroit, non seulement à cause du voisinage plus que malsain, mais surtout, parce que j’ai trouvé une très belle maison de 3 chambres avec une terrasse couverte. Cela m’aura coûté mon avance de loyer, mais compte tenu de la situation, je n’aurais jamais du faire confiance à cette Nina, une Française, professeur de mathématiques a la retraite. Cette nouvelle maison que je me suis trouvée est située à ‘south cliff’ un endroit beaucoup moins touristique que ‘north cliff’. Elle est au bout d’un chemin piéton, loin de la route, elle est au calme et sécurisée. La plage est à 5 minutes à pied. Le contrecoup de cette arrivée tumultueuse a été une grande fatigue, je n’ai donc pas passé trop de temps à la plage ou au soleil, mais j’ai surtout essayé de prendre des siestes. Mon vélo est super, ma terrasse est un rêve, je dors bien, je me suis acheté un système de filtrage pour l’eau et ne plus avoir à acheter et utiliser des bouteilles plastiques, je me sens très bien.

6/1/2015 – Sabarimala – le pèlerinage se prépare

Depuis que je viens en Inde, j’ai toujours été attiré par les hommes en noir. En cette saison, de nombreux hommes parcourent le pays sur un pèlerinage qui les emmènera au temple de Sabarimala. Ce temple est situé en haut d’une montagne du sud du Kerala, et n’ouvre ces portes qu’un peu plus d’un mois par an. Ceci augmente la densité des visiteurs qui peuvent être proches de 50 millions par saison. Par ce nombre, ce pèlerinage est le second plus important au monde (cf wikipedia). Les pèlerins ne sont quasiment que des hommes, car les femmes de moins de 50 ans y sont interdites. Le dieu qui est vénéré est ayyappan, c’est un dieu célibataire et très vertueux, c’est aussi un vaillant guerrier. Il est multi confessionnel, car un de ses généraux était de confession musulmane. Le pèlerinage inclus une prière et une offrande à la mosquée de celui-ci au bas de la montagne sacrée. Ayyappan fut conçu pour vaincre des démons tellement puissants que l’association des pouvoirs de Shiva et de Vishnu était nécessaire. Pour qu’un tel dieu soit créé, Vishnu prit l’apparence féminine pour s’accoupler avec Shiva. Mon intérêt pour ce dieu et ce pèlerinage n’est donc pas anodin. Depuis 3 ans je souhaite visiter le temple et participer au pèlerinage. Cette année cela devrait être le cas. Pour partir et gravir la montagne, il est nécessaire d’obtenir le statut de swami auprès du temple local, ce que j’ai fait vendredi dernier. Ensuite une période de carême est nécessaire qui inclus le respect du régime végétarien strict, la non-consommation d’alcool, un arrêt de toute activité de séduction, incluant le sexe, mais aussi la coupe des poils et cheveux et la mise en beauté de manière générale. En tant que swami, il est aussi essentiel de prier et de consacrer cette période au dieu ayyappan, de visiter le temple deux fois par jour, de chanter son nom et de ne pas écouter de musique autre que des chants sacrés et des mantras. La période est normalement de 41 jours, mais peu respectent un tel dévouement. L’important est de respecter les règles à partir du moment ou le collier est placé autour du cou par le brahmine. Je vais vivre cette expérience et aventure avec mon ami Vibhu et son ami Vinu, notre départ pour le temple est prévu à 18h30 ce mercredi. Nous prendrons deux bus, je crois, et nous devrions arriver au point de départ de la marche vers minuit. Nous dormirons sur place et commencerons au petit matin. Jeudi nous marcherons toute la journée et j’ai cru comprendre que nous couvrirons près de 25km dans la jungle pour gravir la montagne. Nous passerons une nuit proche du lieu dit ‘pampa’ pour pouvoir entrer dans le dernier périmètre du temple qui se trouve a 5km de ce point. Nous devrons, le jour du départ faire une cérémonie au temple ou des noix de coco seront bénies. Nous devrons les porter sur la tête et les casser à des endroits clefs du parcours. Nous devons également être vêtus de noir et marcher pieds nus, je porterais des chaussures, car la marche est d’une trentaine de kilomètres et je ne veux pas terminer avec les pieds déchiquetés. La dernière étape consiste à gravir 18 marches en or qui donnent accès au temple. Ceci est la théorie, demain le pèlerinage commence.

 

16/1/2015 – Sabarimala, du rêve à la réalité

Mercredi en fin d’après midi, nous nous sommes retrouvés au temple local du dieu Ayyappan pour recevoir les offrandes que nous devrons porter au temple de sabarimala. Il s’agit de 3 noix de coco, deux seront vidées de leur eau, puis, remplies de ghee liquide et scellées. Ces deux noix sont déposées dans une poche remplie de riz. La troisième noix est intacte, une poche remplie d’autres produits divers et variés fera également partie du paquetage préparé avec le brahmine. Trois tours du temple plus tard, une quatrième noix de coco cassée sur place, et nous voici dans le bus. Le père, frère et cousin de Vinu étaient au temple pour le cérémonial et sont avec nous dans ce premier bus, car leur village est sur le chemin. Le trajet total prendra 4 heures et nous changerons deux fois de bus pour atteindre la ville de Erumeli. Ici, c’est la fête, les pèlerins se peinturlurent le corps et la figure de pigments, les tambours sonnent, les pèlerins dansent et se défoulent dans un espace couvert qui donne sur le temple principal de la ville. Des douches sont disponibles et les pèlerins campent autour du temple, nous trouvons une place pour nous poser au sol et essayer de dormir avant le début de la marche au petit matin. Le flot incessant de pèlerins autour du temple, certains silencieux, mais la plupart très bruyants ne permettent pas un grand repos et à 4:30 il est l’heure de se lever et de commencer la marche. Tout d’abord dans la ville, nous nous rendons à la mosquée qui est couverte de guirlandes de lumières. Nous en ferons le tour, il s’agit de l’hommage à Vavar, un musulman, tout d’abord ennemi de Ayyappan, il est tombé sous son charme et est devenu son ami ainsi que son général. Ensuite, nous suivrons la route goudronnée pendant 2 kilomètres avant de rejoindre un chemin de terre qui nous mènera dans une plantation d’hévéas, puis de teck, avant de rentrer dans la forêt à proprement parler. Ca monte et ça descends, je me mets assez rapidement pied nu. Le terrain est dégagé, mais chaotique avec de nombreuses pierres, nous marcherons pendant une douzaine d’heures avec des poses et une nuit en forêt avant d’atteindre Pampa, la rivière en bas de la colline de Sabarimala. De nombreuses échoppes, restaurants, des aires de repos où nous pouvons nous allonger à même le sol sur des bâches. Le flot est incessant, nuit et jour, dans le calme, mais aussi sous les chants, des hommes de tous âges et conditions, des femmes plus âgées et des fillettes, car seules celles de plus de 50 ans ou pré pubères peuvent participer. Les plantes de pieds sont douloureuses, les muscles des jambes aussi, tout comme les épaules et le cou, car les noix de coco et le riz ne sont pas légers. Beaucoup portent le paquetage d’offrandes sur la tête, j’adopte cette méthode, car c’est en fait assez pratique et j’ai deux petits sacs à porter par ailleurs, car j’ai quelques habits, un petit nécessaire de toilette et mon matériel de photo. Sous bois la chaleur tropicale est très supportable, mais nous transpirons quand même, et je suis rassuré de voir que les Indiens transpirent et souffrent aussi, je me sens moins seul. À Pampa, il se doit de se baigner et de se laver. La veille nous avions pu nous baigner dans un petit cours d’eau assez propre, ici le flux d’eau est plus important, le nombre de baigneurs aussi et donc l’eau n’est pas très clair. Aussi, les pèlerins qui se doivent de porter des vêtements propres pour l’ultime ascension laissent leurs pagnes dans l’eau. Heureusement, il y’a des personnes qui récupèrent les tissus qui seront sans doute recyclés. Il est midi, nous déjeunons et essayons de trouver un bout de sol ombragé et pas trop sale pour nous poser quelques heures. Vers 16h30 nous commençons la dernière étape de 5km qui nous mènera au temple. Jusqu’alors la dénivelée était allée crescendo et donc pour le final et bien c’est quasiment à pic sur certaines portions, heureusement une grosse partie de ce dernier parcours est aménagé et des bénévoles donnent de la poudre de glucose pour aider les pèlerins à gravir. Des zones couvertes par des toitures sont des zones d’attente et de contrôle de flux quand le nombre de pèlerins est à son apogée. Ce jour-là, nous atteindrons le temple sans attendre et je suis surpris par la vitesse à laquelle nous nous retrouvons au pied des 18 marches d’or. Oui, les marches d’accès sont en or et des policiers sont de chaque côté pour forcer les pèlerins à ne pas s’y attarder, mais on a le droit de toucher chaque marche avec la main pour la porter à son coeur, car chacune représente une étape vers le nirvana. Une fois dans l’enceinte du temple, une coursive en hauteur à été aménagée. Elle fait le tour du temple avant de redescendre par des marches et diriger les pèlerins en plusieurs files dans le sanctuaire qui est, lui aussi, en or. Dans cette partie il y’a du monde, nous ferons la queue, mais l’attente sera de courte durée, car le flux est accéléré par les policiers qui ne permettent à personne de rester très longtemps devant la déité. Cette partie est donc assez furtive, mais j’ai vu la petite statuette en or dans son temple d’or. Le cérémonial n’est pas terminé pour autant. Avant de gravir les marches, nous avons cassé la noix de coco inaltérée contre le mur d’enceinte, il nous reste deux noix remplies de ghee, nous les cassons et vidons le ghee dans un récipient en aluminium que nous avions apporté à cet effet. Cette offrande doit être faite au dieu à son réveil à 3:45 du matin. Nous ne resterons pas pour attendre ce moment et trouverons plus tard un pèlerin qui s’en chargera pour nous. Il nous reste donc à disposer des coques des noix et des autres offrandes. Pour les offrandes, il y’a une zone pour que nous puissions les déposer dans des bacs. Pour les noix, nous les jetterons sur un immense bûcher de coco. Il est près de 19h, nous allons maintenant attendre 23:30 pour entendre le chant qui annonce le coucher de la déité. Nous allons diner et trouvons un morceau de sol libre et un loueur de tatamis pour ne pas avoir à être à même le sol pour passer le temps qu’il nous reste à attendre. Le tatami est imprégné de l’odeur du ghee, je le suis aussi. Une fois la chanson écoutée, le dieu couché pour la nuit, nous entamons la descente vers Pampa. Un autre chemin moins pentu a été taillé dans la montagne, et, au lieu de monter et descendre la montagne, le chemin du retour la contourne. Une fois en bas , nous prendrons le bus et ferons deux changements pour enfin arriver à Varkala au petit matin pour se prendre une bonne douche et se coucher, car ces presque 50 heures auront été intenses et épuisantes.

26/1/2015 – Indian republic day

En ce jour de fête nationale de la république indienne, j’entame ma quatrième semaine. J’ai l’impression que le temps file, que je ne fais rien, mais en fait j’ai pas mal avancé. D’une pars physiquement, ayant commencé fort avec le trek de sabarimala. Cette étape m’a bien fatigué, et j’ai pris pas mal de temps à récupérer. Mais cela m’a mis en jambe et m’a lancé dans mon programme de renforcement musculaire qui est essentiel pour renforcer ma base, me permettant de reprendre derrière avec mon travail de yoga. Celui-ci ne s’est mis en place que depuis une semaine. Le toit de la maison a une plateforme d’observation ou j’ai installé ma moustiquaire pour que je puisse y être en paix pour le lever du soleil. Depuis septembre, j’ai donné une plus grande importance au travail de respiration et de préparation à la méditation et lorsque je me réveille de bonne heure, je peux aisément pratiquer entre 60 et 90 minutes de travail immobile avant d’entamer une série d’asanas de 90 minutes. Ce rythme m’est possible sans aucun souci si je me couche de bonne heure. J’en suis à une semaine et je me sens très bien dans cette pratique qui me prépare bien pour ma journée.

1/2/2015 – les garçons se préparent au sacrifice

Depuis 25 jours les jeunes qui ont décidés de s’offris au dieu Murugan se prépare. Ils sont reconnaissables aux bracelets qu’ils portent au poignet. Matin et soir ils se baignent avant d’aller au temple pour prier. À Varkala il y’a trois temples de Murugan et j’y suis passé ce matin pour leur montrer le livre sur ce festival que j’ai publié l’été dernier, qui m’a permis de récupérer des dons et que j’ai donc remis pour les aider dans le financement du temple et du festival. Les garçons étaient très touchés par le photo reportage que j’ai fait sur eux, les brahmines par la donation et mon intérêt pour leur festival. Demain le plus grand temple commencera les percements, ils défileront l’après-midi et le soir venu, les brahmines marcheront sur les braises. Pour les deux autres temples, ce sera mardi. J’ai donc in planning chargé les deux prochains jours, car ils s’attendent à ma présence et je vais encore sans aucun doute prendre de nombreuses photos.

11/2/2015 – des rencontres de plagiste

J’ai eu la chance dans mon cadre assez solitaire de rencontrer de belles personnes sur ce voyage. Certaines sont des personnes que je voyais sur la plage excentrée que je fréquente et avec qui, cette année nous avons brisé la glace et discuté. Un français de Montpellier qui vient ici depuis 9 ans, un brésilien francophile qui est également un régulier du lieu, tout comme le couple de Français que je connais depuis 3 ans, à cela s’ajoute un Canadien un peu bizarre. Voilà le lot des personnes que je côtoie sur la plage pendant mon séjour en plus des jeunes du village avoisinant que je vois grandir tous les ans. Cette année, j’ai aussi rencontré un autre français sur ce bout de plage, il était d’une peau très blanche et pour lui, c’était son premier voyage en inde, étant un adepte du magreb et des pays arabes, il découvrait son premier pays d’Asie. Artiste peintre et acteur de théâtre, ce fut fort agréable de discuter et de partager avec lui sur la plage aux heures ou le soleil devenait plus doux pour sa peau. Il s’appelle Louis Salkind et je vous invite à trouver son site et a regarder ses peintures qui m’ont épatée. Comme ma maison est située loin de l’animation de la plage centrale et de la promenade de la falaise, ‘the cliff’, je vis dans le calme, dans un voisinage totalement indien, à deux pas de la plage paisible et propre et de la maison de mon ami de 4 ans Vibhu que je vois assez souvent. La mer étant souvent difficile d’accès, je le retrouve parfois en fin de journée pour nager dans le bassin du temple qui doit faire entre 60 et 70 mètres de long, ce qui est idéal pour faire des longueurs. Il faut passer outre la couleur verte et le fait que l’eau est complètement trouble, mais je m’y baigne depuis 4 ans et c’est un très bel endroit pour finir la journée. Le hasard a aussi fait que je rencontre Didier Dozias, un professeur de yoga à Paris qui accueillait un groupe de ses élèves parisien pour un stage de deux semaines et qui m’a invité a participer à ses cours. Plutôt spécialisé dans les styles très cadrés de l’asthanga vinyasa et du vinyasa yoga, ce fut l’occasion pour moi d’être initié à ces formes de pratique. Didier est un très bon professeur, mais ce style reste pour moi un ‘pousse à la performance’ plutôt qu’un ‘pousse à la sensation’ et n’offre pas la liberté et la variété que je trouve dans ma pratique de Hatha Yoga

27/2/2015 – si occupé à profiter des bons moments

Je profite de mon vol en sauts de puces qui me transporte ce matin de Trivandrum (Varkala) à Dehradun (Rishikesh) pour écrire ce billet, car j’avoue avoir été très laxiste concernant la tenue de mon blog. Ce n’est pas que je n’avais rien à dire, mais surtout que cette routine de sommeil, plage, repas, lecture, sieste, rencontres et partage avec des personnes locales ou en voyage, petites virées locales m’a fatigué et que l’idée de prendre ma tablette et d’écrire rendait mes paupières lourdes.

J’ai pu profiter du coucher tôt, lever tôt pour être assez rigoureux dans ma pratique personnelle de yoga, j’ai aussi participé à deux cours de style asthanga et vinyasa avec un professeur parisien qui était de passage à Varkala avec un groupe d’élèves. Ce professeur, Didier Dozias a un parcours très riche et intéressant, si vous êtes intéressé par ce style très cadré de yoga dynamique, je le recommande vivement. Pour ma part je reste sur mon style ‘libre’ de hatha yoga que j’adapte à mes besoins, mes envies et ma forme.

J’ai aussi rencontré sur la plage, un artiste peintre et acteur de théâtre, Louis Salkind. Un garçon très intéressant. Ayant pu visionner son site et ses dernières toiles, j’ai été impressionné par ses peintures et je vous invite à le chercher sur internet pour voir son art.

Mon changement de zone d’hébergement cette année, pour un quartier plus excentré de la principale zone touristique a été une des clefs de mon bonheur. Dans un quartier sans guesthouse entouré de locaux, une ambiance ‘village pseudo bucolique’, mes propriétaires ayant des poules, des dindons, les voisins des chèvres. Grâce à cet emplacement, je n’ai quasiment pas fréquenté le ‘cliff’ et les quelques fois ou je m’y suit rendu pour diner, me faire masser ou prendre un cours de yoga, j’étais ravi de retourner chez moi, au calme, loin du flot de touristes. La plage à cinq minutes à pieds est la plus belle et la plus déserte de Varkala, elle est aussi proche des villages musulmans. Sur la plage je me suis lié d’amitié avec un groupe en particulier avec qui j’ai passé de nombreuses fin d’après-midi, des repas des moments de rires et d’échange.

Au niveau occidental, j’ai échangé avec quelques personnes qui fréquentent la même plage et qui séjournent aussi à varkala pour l’hiver depuis quelques années, je n’ai pas revu mon ancienne voisine Nina. J’ai également coupé la relation avec une Anglaise, Julie, que j’avais rencontrée il y a deux ans. J’aimais son excentricité et son désir de réaliser une performance artistique sur la plage, mais son obsesivité sur son physique, sa performance, son négativisme et ses névroses sont allées trop loin et après tout je voulais pouvoir profiter pleinement de mes vacances.Mon ami, Omkar, rencontré au mois d’aout est venu passer quelques jours, nous sommes retrouvés à Kochi ou se tenait la biennale d’art contemporain et ce fut une superbe journée à courir les diffrenets lieux d’exposition de cette cité historique de fort Kochi. Une quantité phénoménale et de très grande qualité de créations en tout genre de l’Inde, du monde, d’artistes chevronnés, d’étudiants et d’artistes en devenir. Nous avons inclure la visite de certains des sites de la cité, le palais hollandais avec ses merveilleuses fresques des dieux hindous et la synagogue. Nous avons aussi déjeuner sur les bords de l’eau sur la terrasse du Ginger, un marchand d’antiquités qui fait également restaurant, et diner dans la cour du ‘Old Habour hotel’, un superbe hôtel ou j’avais séjourné avec Christian en 2007 et que je voulais à tout prix revoir et gouter à leur fine cuisine, je fus comblé. Nous sommes arrivés à Varkala par un train de nuit vers 3hrs du matin. Pour la suite de son séjour, nous avons fait de la plage, des emplettes de produits locaux, des encens sous leur forme de résine, de cristaux et de pierre que nous avons trouvée dans une herboristerie traditionnelle ayurvédique ou j’ai mes habitudes. Je ne pouvais pas le laisser partir sans avoir faire la fameuse croisière sur les backwaters. Cette foi, ce fut autour de l’ile Monroe, tout près de Kollam que nous avons vogué sur une barque sans moteur, dans des canaux très propres et paisibles ou aucun bateau à moteur ne circule, un bol de calme et de bruits de la nature nous a bercés pendant deux heures.

Une autre belle rencontre fut celle de bernhard, un jeune coiffeur allemand qui à 27 ans, gère deux salons dans sa ville de Munich. Un adepte de la course à pied, il découvrait l’Inde pour la première fois en compagnie de sa mère qui venait y fêter ses 70 ans. Il n’y passait que quelques semaines et avait eu la bonne idée de ne pas avoir un périple chargé. Ils avaient décidé de ne pas bouger de Varkala et de finir avec 2 jours à Bangalore, d’où ils repartaient pour l’Allemagne. Son désir est maintenant de revenir au plus vite en inde pour une durée plus longue, et poursuivre la découverte de ce pays qui a commencé à l’envouter. Peut-être un candidat pour partager un séjour ?

La lecture aura aussi été agréable cette saison, avec deux livres de Murakami, ‘Sputnick sweetheart’ et celui qui est un peu une autobiographie avec la course à pied comme fil conducteur… Cela me donne envie de courir…. À part cela, un roman sans intérêt de Marie Higgins Clark et un autre d’une auteure indienne ‘the god of small things’ dont le style est compliqué pour pas grand-chose, mais dont l’histoire vaut quand même de prendre le temps de lire. J’ai failli oublier le plus poétique ‘in search of the pink headed duck’ une aventure autobiographique d’un jeune américain au Sikkim et en Assam, parti chercher le mystérieux canard à la tête rose, un délice.

Mon ami Vibhu a eu son permis de conduire, je continue de l’aider à améliorer sa natation et à partager nos expériences en yoga et en méditation. Cette année, j’ai rencontré sa famille, son père qui travaille dans le nord du Kerala, sa mère qui tient la maison à Varkala, son frère, infirmier anesthésiste qui est parti travailler au Koweït pour aider à rembourser l’emprunt sur la construction de la maison familiale et pour financer son mariage prévu en 2016. Il gardera mon vélo. Il continue de chercher un lieu (un toit) pour donner des cours de karaté et de yoga, mais la tâche semble ardue, je n’ai pu que le mettre en garde contre les demandes de caution très élevées et prôner des solutions plus petites et moins onéreuses pour ce début d’activité. Par ailleurs, après avoir terminé son diplôme d’informatique, il a confirmé le fait qu’il n’aimait pas cette matière et que son école ne lui a enseigné que des méthodes de codages très anciennes. Qu’une seule personne de sa promotion a obtenu un emploi. La filière informatique est très saturée en inde et la forte croissance des années post crise américaine (un des gros clients de l’outsourcing indien) est a conjuguer au passé. Il a commencé une école de comptabilité…. Je ne le sens pas non plus dans cette filière, je crois que lui non plus, mais il n’a pas trop le choix.

Son ami Vinu est parti concourir pour le championnat national de Karaté la semaine dernière, mais a échoué face à la concurrence importante des civils et des militaires de chaque état qui se battent pour devenir le champion national garantissant une prime conséquente et un emploi de fonctionnaire. En attendant, il est adjoint au coach du Kerala qui lui délègue des cours, mais il est n’est pas très bien payé et doute des compétences de son coach pour faire de lui un champion national. Il se demande s’il ne devrait pas revenir travailler dans une des guesthouses de varkala, son anglais et son charme naturel étant des atouts à ne pas négliger, même s’il doit se préserver, car il n’a que 19 ans.

Mon ami Thangal, qui a un anglais très sommaire, mais qui à force de persévérance de ma part a pu dépasser sa timidité et s’exprimer simplement, mais avec coeur. Il n’a plus envie de souder pour gagner sa vie, car il n’a pas envie d’y perdre les yeux et rêve d’une vie de fermier. Il veut une vie simple, il ne pense pas quitter le Kerala un jour, il est serein, digne, plein de sourire, c’est un garçon charmant et attachant. Sa mère m’a accueilli pour un délicieux repas dans leur maison simple, mais très belle. Son père, vendeur ambulant de fruits et légumes étaient de congé, il avait un peu bu, mais avait de l’humour et un magnifique sourire édenté en me parlant Malayalam, qui est une langue complètement incompréhensible pour moi. Plus tard, nous avons visité son ancienne maison et il a tenu à grimper à mains nues au cocotier pour me décrocher des noix comme cadeaux de départ. J’ai été très touché par sa générosité et celle de sa famille. J’espère garder le contact au travers de Vibhu ou d’un de ses amis qui a un smartphone, car l’internet n’est pas accessible à tous en Inde.

 Mon ami Sangeeth, taxi, qui est devenu papa d’une petite fille avant hier, que je connais depuis 3 ans, mais que je n’ai utilisé comme taxi que cette année. Je ne l’ai pas vu beaucoup cette année, car sa maison n’était plus sur mon chemin quotidien, mais il reste un bon contact et une personne de confiance.

Mes voisins, leurs enfants, leur joie, leur bonne humeur, leur humour, leurs accolades ont aussi contribué à ma bonne humeur et à mon sourire au quotidien.

Et bien sûr, la plage, la mer qui a été particulièrement belle ces dernières semaines et qui m’a détendue et ressourcer au plus profond de mon aquatisme.

Je continue donc de progresser dans ma compréhension de certains aspects de la culture et des modes de vie indiens, mes amitiés commencent à avoir une valeur et un vécu, cela me rend heureux. C’est donc sans surprise que je suis triste de quitter les personnes et ce lieu que j’espère retrouver l’année prochaine, mes souvenirs s’enrichissent

Je suis prêt pour retrouver Rishikesh, ma troisième visite, ma troisième saison, ayant fait la fin de l’été en 2014 l’hiver en 2010/11 et maintenant le début du printemps de 2015. Je commence avec la semaine de festival internationale de yoga qui devrait être intense à tout le niveau et qui sera suivie de deux semaines de stage de yoga méditatif et doux. Mon ami Jules, son petit ami et un de leur ami m’auront rejoint, nous serons donc quatre pour cette dernière partie de mon séjour.

Mon vol aujourd’hui passe par Bangalore et Delhi, mais je reste dans le même avion jusqu’a Dehradun, décollé à 6h ce matin, je devrais atteindre la destination finale vers 11h30 et les bords du Gange pour le déjeuner. J’ai hâte de m’y baigner et de retrouver la fraicheur de la nuit. Je vais devoir m’acheter un châle qui me servira aussi de couverture, peut être de nouveaux livres, mais je pense plutôt écrire sur le yoga, la méditation et pratiquer le chant, ce qui devrait remplir mes journées, ma tête, mes pensées et mon cahier qui est pour l’instant encore un peu vides, mais loin d’être vierge.

 

 

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