2014-09 Rishikesh, formation professeur de yoga

18/9/2014 – Yoga 01 – Mon stage expliqué – Yoga Teacher Training YTT 200

Je savais dans quoi je me lançais en faisant cette deuxième formation de professeur de yoga, ma session précédente d’une durée de 6 semaines avait eu lieu en décembre 2010. Près de quatre ans ont passé, ma pratique et mon corps ont évolué, tout comme mon mode de vie, ma connaissance du corps et des effets du yoga.

J’arrive donc avec un bagage et une expérience et je me sens demandeur et prêt à recevoir cet enseignement une deuxième fois. Ce n’est pas redondant, mais au contraire me permettront de mieux assimiler les multiples informations qui me seront présentées. La mise en application sera beaucoup plus rapide, car je donne déjà des cours à Paris et mon premier cours sera donné dès le lendemain de mon retour à Paris. Cela fait à peu près 18 mois que je donne des cours de yoga de façon hebdomadaire et je souhaite développer cette partie de mon activité pour équilibrer avec mon activité de massages. De plus, la pratique du yoga m’aide vraiment dans ma pratique du massage, tant au niveau de ma forme que de ma connaissance anatomique et respiratoire, me permettant ainsi de nourrir mon massage.

Revenons ici, maintenant 😉 , le site du centre de formation est agréable, la vue sur les montagnes d’un côté, la vue sur les rizières de l’autre. Il est situé un peu à l’écart des zones très touristiques de Rishikesh, tout en restant assez accessible. Cela permet d’avoir moins de distractions, de rester au centre pour se reposer et préparer le prochain cours et limite les écarts alimentaires. La qualité des repas étant très bonne au centre, il n’y a aucune frustration à ce niveau-là.

Nous ne sommes que huit sur cette session, nous sommes deux hommes et à part une personne qui a 31 ans et une de 22 ans, les quatre autres ont plus ou moins 27 ans, je suis donc et de loin le doyen du groupe.

Nos niveaux sont assez similaires, il existe de petites disparités, mais dans l’ensemble notre groupe est d’un niveau moyen supérieur. Nous avons donc de bonnes bases, de la souplesse, mais pas trop, et surtout un bon potentiel de progression.

Nos professeurs sont vraiment bons, l’un d’eux m’avait enseigné dans le centre ou j’ai passé ma première formation de professeur, et l’autre est tout aussi pointu et motivant. Tous les deux nous poussent, nous font tenir les postures pendant un minimum de trois minutes, nous corrigent et apportent une grande intensité à nos pratiques. La transpiration et l’effort sont au rendez-vous, tout comme les courbatures, car le renforcement musculaire des épaules, des abdos et du dos sont très très très important pour la réalisation de certaines postures. Le travail sur la souplesse des différentes parties à ouvrir et étirer est tout aussi intense avec une pratique assistée de sangles, du mur, et des appuis du professeur.

La différence majeure avec la première formation que j’avais faite, est que dès le deuxième jour nous avons été impliqués en tant que professeur, tant dans la méthodologie de donner un cours que dans les connaissances techniques à avoir. Au moins une fois par jour, nous devons enseigner une posture, une correction, un mantra, un enchainement, un enseignement théorique. C’est tout simplement génial, car non seulement cela facilite la mémorisation des données, car il y a une mise en application immédiate, mais cela permet aussi d’améliorer notre pratique de l’enseignement de la pratique des Asanas que des aspects théoriques.

Nous avons donc deux cours quotidiens de pratique physique, Asanas, qui ont pour objectif de nous apprendre à exécuter et à corriger à peu près 50 postures et leur différente variante, de pratiquer des étirements intenses sur un élève et d’enseigner un cours structuré et cohérent. Pour faciliter cela, nos cours intègrent beaucoup d’exercices de renforcement musculaire, nos corps sont poussés, ils transpirent et sont un peu courbatus. Les pauses sont les bienvenues.

À cela s’ajoute un cours d’anatomie, un cours de philosophie et d’histoire du Yoga, un cours de méditation, un cours de mantra. J’allais oublier les séances de ‘shatkarma’ qui sont des pratiques de nettoyage des organes respiratoire et digestifs. Certaines sont quotidiennes, nettoyage nasal à l’eau salée, d’autres hebdomadaires, nettoyage nasal et de la descente à la bouche avec un tube en caoutchouc, d’autres ne seront pratiqués qu’une seule fois, nettoyage complet du système digestif par une ingestion de 15 a 20 verres d’eau chaude salée et citronnée et la pratiques d’asanas spécifiques pour faciliter et accélérer le passage de l’eau de la bouche à l’anus. Cette dernière pratique ne se fait que tous les 6 mois au maximum, et doit être préparée et suivie par une alimentation simple (un mélange de riz, de lentille et de beurre clarifié appelé Kitcheri). Également au programme, un nettoyage de la trachée et de l’oesophage par une ingestion et un vomissement d’eau salée.

Les shatkarma effectuées, l’apprentissage des techniques de respiration, Pranayama, l’application de blocages, Bhandas, et la tenue de Mudras seront ajoutés à notre enseignement.

Ce cours est beaucoup mieux structuré que celui que j’avais fait il y’a quatre ans, je ne suis pas encore à mi-parcours, j’ai l’impression d’avoir appris plus et surtout commencé la mise en pratique, je suis ravi de mon choix et je languis chaque jour des nouveaux cours qui se préparent.

Notre professeur de théorie et de méditation est un sage homme dont le parcours est très riche, il a étudié le yoga auprès de divers professeurs, dont 4 ans avec un spécialiste des Mudras, il a suite à cela, suivi un cursus d’études yogiques de 12 mois, lui donnant un diplôme d’état. Il a aussi suivi un cursus de naturothérapie et reçu des formations non certifiantes en ayurveda. Son enseignement est riche et enjoué, il est d’une nature très souriante, et il nous force à nous questionner quotidiennement sur ce que nous avons appris et assimilé. Ces cours ne sont donc pas de tout repos, mais l’assimilation des données précises, techniques et historiques est ainsi simplifiée et améliorée.

Il ne faut pas oublier que le yoga est avant tout une science mise en application dans un contexte tout à fait laïque. Toute prestation, présentation ou assimilation avec une pratique religieuse et mystique relève donc du culte et non du yoga.

24/9/2014 – Yoga 02 – le stage avance, la fatigue aussi

Au fur et à mesure de l’avancée du stage, le corps commence à sentir la fatigue et l’effort devient plus difficile. Nous pratiquons physiquement près de 4 heures par jour, 6 jours par semaine. Nous recevons cet enseignement physique en plus de l’enseignement théorique sur l’anatomie, la philosophie et la méditation. Nous avons des devoirs à faire, des questions à répondre, des mini cours ont donné dans chaque matière, le mental est donc associé à l’effort et dans cette dernière ligne droite qui commence demain pour la théorie et mardi prochain pour la pratique nous devrons donner de vrais cours. La tension monte donc pour le groupe, des personnes gèrent mieux que d’autres, mais dans la globalité que l’on soit fort ou non, la fatigue est au rendez-vous. Pour ma part, elle est surtout physique et j’ai donc décidé de me reposer aujourd’hui et de ne pas pratiquer et de rester en observateur des cours. J’espère ainsi donner une journée de repos à mes muscles et ligaments et me permettre de gérer au mieux ces 8 derniers jours. Il est clair que nos cours d’Asana sont extrêmement physiques, les bras, les épaules, le dos et les abdos sont poussés à fond. Même les plus jeunes et plus souples sentent la fatigue même s’ils l’admettent plus difficilement. La fatigue ne me permet plus de savoir ou de profiter des progrès que j’ai pu faire, mais je sais de mon expérience passée que ce genre de pratique fait progresser surtout après coup, ce qui est indeniable c’est que mon niveau de compréhension des postures, des enchainements, et de tous les autres aspects theoriques ont énormément progressé et je me sent en pleine possession de mon yoga.

Le peu de temps libre que j’ai eu, dimanche dernier, je l’ai passé a remonter une petite rivière, a me promener dans l’ashram abandonné ou les beattles ont séjourner en 1968, a me baigner dans le Gange, a acheté des tissus, a assisté à la cérémonie de l’aarti. Il s’agit d’une cérémonie quotidienne en l’honneur du Gange, ici à Rishkesh, celle de l’ashram Parmath Niketan est célèbre dans le monde entier de par son rituel de chants en l’honneur du Gange, de Ganesh, mais surtout en l’honneur de Hanuman. La beauté des chants et la qualité des musiciens et des chanteurs ne font que sublimer la ferveur des hindous qui sont ici en pèlerinage.

Le nom Rishikesh fait référence aux Rishis, les hommes saints, les sages des temps védiques. Ils avaient choisi ce lieu sur le bord du Gange et en contrebas de la jungle et des montagnes pour venir méditer, et c’est ici qu’ils ont eu leurs visions. Celles-ci ont ensuite été retranscrites dans les Vedas, les données décrivant l’essence et la science de la vie. Dans la mythologie c’est Ganesh qui les a retranscrits et quand sa plume s’est cassée, il a cassé une de ses défenses pour l’utiliser comme crayon. Dans la réalité, les textes seraient très anciens, 15em siècle avant JC. Cet endroit est donc loin d’être anodin, une référence mythologique et aussi une référence historique, spirituelle et yogique.

3/10/2014 – Massages

J’ai trouvé ici à Rishikesh deux bons masseurs, dont un à quelques pas du centre de formation de yoga où je réside. Son massage n’a rien d’exceptionnel, mais il est efficace et soigné, et bien au-dessus de ceux que j’ai eus avant d’arriver ici. À Mumbai j’ai essayé un salon de massage plus ou moins recommandé, mais le lieuétait vraiment très sale et le massage pas soigné du tout, du vrai n’importe quoi et assez cher en plus. À Udaipur j’ai juste essayé un endroit et c’était tout juste passable, à Jodhpur rien du tout, je n’étais pas très en forme, à Hardidwar, tout aussi moyen qu’a Udaipur, mais avec de la musique pop en fond sonore, pas vraiment un plus. Je suis donc content de mon sort ici à Rishikesh, car c’est au-dessus de la moyenne. J’ai donc profité plusieurs fois par semaine de soins pour me détendre les muscles et les tissus de mon corps mis à rude épreuve par l’intensité de la pratique physique. Quelques mouvements sont notés dans mon calepin et je saurais, je l’espère, les intégrer dans ma pratique et continuer à enrichir mes soins.

3/10/2014 – Yoga, yogi, la fin du stage et de la formation

Je termine le stage et la formation en me reposant physiquement. Ces deux derniers jours je n’ai plus assisté aux cours de pratique, car mon corps a pris tout ce qu’il pouvait prendre et le temps de réflexion, de repos est nécessaire pour éviter toute blessure et surtout laisser les changements physiques se mettre en place, car je le répète, la pratique ici est très physique et très poussée. Cette semaine était celle où nous devions donner nos cours. Tant pour la pratique que pour la théorie, cela aura été un plaisir et un succès. Pour moi la partie théorique fut la plus intéressante. En philosophie, j’ai présenté les textes et références historiques et contemporaines du yoga, ainsi que la signification des mantras et leur pratique chantée. En anatomie, j’ai présenté les risques des étirements du yoga, le souffle et le renforcement abdominal.

Le bilan pour moi est vraiment très bon, car ce stage m’a permis de consolider les éléments théoriques du yoga que j’avais déjà eu l’occasion d’étudier lors de me première formation, mais de l’associer avec l’expérience et les lectures que j’ai eues depuis. Je me sentais déjà assez compétent, je me sens maintenant vraiment en possession des bases théoriques du yoga.

Sur le plan de la pratique physique, j’ai eu ce que je souhaitais, une pratique physique et intensive, de la transpiration et du renforcement musculaire, mais, je ne pense pas vouloir répéter ce stage à nouveau, car je préfèrerais une approche plus fine et subtile et aussi plus précise sur la pratique des asanas. Mais cela m’a permis de progresser dans ma propre pratique et dans mon analyse des corrections posturales à faire sur les autres, qui est le coeur de la pratique de professeur.

Ce stage me permet donc de continuer sur mon chemin de professeur de yoga et me donne l’envie de continuer à apprendre, et d’ajouter à cette approche des spécialisations et je vais m’empresser de trouver des stages à suivre pour me permettre cet enrichissement. Je pense me focaliser sur une approche de la posture en douceur et en finesse (yin yoga, ananda yoga ou dans cette veine) et surtout sur les pratiques de méditation.

En effet, nous avons eu ici une vraie formation en pratiques méditatives. Nos séances quotidiennes ont été l’occasion de tester beaucoup de pratiques, les mantras, les chakras, le souffle, le rire, les scans corporels. Aussi les postures, assises, en équilibre, debout. Des explications claires sur les techniques, leur préparation, leur description, la mise en pratique et les effets perçus et ceux non perceptibles. Cela m’a vraiment rapproché de cette pratique, car jusqu’à maintenant je n’avais pas eu cette qualité d’enseignement et je n’avais donc eu un avant-gout sans réelle compréhension associée à une pratique personnelle très basique.

Je quitterais donc Rishikesh dimanche pour rejoindre Calcutta, jeune diplômé, le coeur enjoué et surtout pas trop épuisé. Ce soir à rishikesh c’est la fête de Ram. Cette fête se déroule 20 jours avant Diwali et c’est la victoire de Ram.sur Ravala qui est fêtée. Une grande statue en papier machée de Ravana, le démon qui avait enlevé Sita, la femme de Ram, sera brulée le long du Gange. Je suis passé voir les préparatifs ce matin au lieu de mon cours et cela devrait être rigolo a voir. Demain, remise des diplômes le soir, le reste de la journée est libre, car je n’irais pas au cours du matin, je me ferais une balade, un massage, mes lessives, préparer mon sac et puis voilà.

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