2014-01/02/03/04 Des plages aux sommets de l’Inde

L’aventure commence le 31 décembre

Je décolle le 31 décembre et après des mois de préparation le programme sera assez varié, mais avec beaucoup de plages. Je vais commencer avec quelques jours à Gokarna une petite ville sur la côte au nord du Karnataka qui est une ville de pèlerinage indien pour le temple et occidental pour les plages et des restes de ‘hippieland’. Ensuite je descends la côte pour me rendre a Calicut la troisième ville du Kerala tout au nord de l’état et situé en bordure de l’océan. Je me suis inscrit a un stage de 4 semaines d’art martial KALARIPAYAT qui propose également des soins de massages Kalari et/ou je vais également suivre des cours – http://www.cvnkalari.
Ensuite ce sera Varkala pour plage, lecture, yoga et massages jusqu’à la mi-mars. Je remonterais par avion sur Calcutta pour la fête des couleurs ‘Holi’. Le train me conduira alors à Darjeeling ou je compte faire un beau trek avant d’aller visiter l’état du Sikkim pendant le mois d’avril.
RV dès janvier pour des photos, des commentaires et plus encore

Le décor se déplie doucement

Le voyage aura duré près de 24hrs pour arriver à ma première halte, Gokarna. Au long des étapes je n’ai pas ressenti d’excitation, mais plutôt une observation des pans du décor qui, couche par couche, se mettaient en place a mon passage. Tout d’abord, les gens, les sons, la langue, puis le climat qui devient plus moite, plus enveloppant et aussi plus chaud. Les tenues vestimentaires qui deviennent plus légères, amples et colorées. Les vaches, les chiens sauvages et les chats maigrelets sont partout. Me voici arrivé. Je me suis arrêté sur la route pour acheter ma paire de tongs et juste après le diner, j’ai acheté mes trois premiers dhotties. Ils servent de draps, de serviette, de tenue de plage, et ici à Gokarna, le liseré est très beau, un petit motif de roue brodé, je risque d’en acheter beaucoup plus. Cette pièce de coton est après tout un de mes coups de coeur.

Sinon cette petite ville de pèlerinage hindou et ‘post hippie’ est une petite ville de bord de mer où les échoppes mènent au temple principal qui honore ‘mahadeva’. La plage de la ville s’étend sur quelques kilomètres, mais il y’a une succession de plages au sud de la ville, dont une qui a la forme de l’OM qui attire des estivants indiens et occidentaux.

Le mystère des chaussures abandonnées

Depuis que je viens en Inde, je ne peux pas m’empêcher de remarquer et des fois de photographier les innombrables chaussures abandonnées qui jonchent le sol dans des endroits divers et variés. Et bien hier soir j’ai enfin compris. Je suis sorti diner avec mes tongs aux pieds, j’ai pris un rickshaw pour me ramener chez moi et sur le chemin je me suis arrêté a un magasin de costumes, car je n’en avais jamais vu auparavant, alors que j’ai vu de nombreux Hijra (travestis) lors des festivals qui se déguisent dans les diverses déités ainsi que des hommes qui se déguisent en animaux. J’ai donc visité le magasin et ils m’ont proposé un costume de canard genre donald duck mais version indienne. Bon, pour en revenir aux chaussures, j’ai quitté le magasin à pied et au bout de quelques mètres une de mes tongs s’est cassée, j’ai essayé de marcher avec, mais c’était vraiment impossible. Il était tard, les magasins de chaussures étaient fermés, je n’avais donc qu’une seule option, me déchausser, abandonner mes tongs sur le bord de la route et rentrer pied nu. Heureusement qu’au Kerala il n’y a pas des vaches qui trainent et donc pas de bouses à éviter, et le fait d’être pieds nus ne choque personne ici.

Cours de massage

J’ai commencé ma série de cours de massage Kalari et cela me confirme que je respecte bien les préceptes  traditionnels du massage ayurvédique et Kalari. Par contre, la technique employée ici comme dans beaucoup d’endroits en Inde est très répétitive, un peu rustique voir violente. Des séries de 21 répétitions d’un même mouvement… Le masseur et le massé s’endorment par ennui. Ce matin, après  avoir complété une partie du massage du dos sur le modèle, j’ai pu être le modèle pour que le prof me fasse ressentir les pressions qu’il faut appliquer. je crois ne pas être assez bourrin pour lui. Ce professeur, Gopkummar, un des patrons du centre, assez grand et baraqué s’est déchaîné sur moi avec plus de force que de subtilité et au final, n’a pas provoqué en moi un émoi, ou l’envie de le copier. J’avais précisé que je voulais avoir des notes subtiles et un travail précis sur les points vitaux ‘marmas’, il a un peu frotté mon cou et le haut des bras et m’a dit qu’il me donnerait le document qui liste les points sur le corps, cela complétera ma collection de 120 livres et publications a ce sujet ;-). J’ai payé pour 14 jours de cours et j’avais envisagé de prendre également une série de cours de massage avec les pieds, MAIS je pense que je vais renoncer a ce projet et garder cet argent pour le donner au garçon dont les pieds et les mains m’avaient émerveillé l’an dernier à Varkala. Il sera plus reconnaissant et me donnera plus de trucs et astuces, et prendra plaisir a m’enseigner, car il avait déjà commencé l’an dernier avec enthousiasme et bienveillance. Ne me reste qu’à retourner à Varkala illico et espérer le trouver. Il est donc possible que cela me motive à rejoindre Varkala dès la fin de la semaine prochaine soit 15 jours plus tôt que prévu…. Je viens de réserver le train. En tous cas ce cours me permet de pratiquer sur table, de suivre la routine ultra traditionnelle, ce qui ne m’était pas arrivé depuis 4 ans et je confirme que je préfère le sol et mon côté ‘free style’. Petite info a noter : mon prof Gopakumar et son frère Sunilkumar font des tournées en Autriche et en Allemagne et Gopakumar m’a dit ce matin que les clients européens (autrichiens et allemand) veulent beaucoup de pression et de force…. Ça vous étonne ?

Le modèle n’en demande pas encore

Mon ressenti d’hier sur l’utilisation abusive et sans fondement de la force pour un massage a été  confirmé lors de la séance de ce jour ou le pauvre modèle, un jeune garçon de 20 ans, un athlète sec et musclé, n’a fait que grincer des dents pendant toute la session. Gopkummar a été sans doute un peu trop loin dans sa démonstration de force et à la fin, Vineesh, le modèle m’a dit ‘you are right, Gopa is too too much pressure’. Il arrive a Gopakummar d’appuyer directement sur mes mains pour que je force plus.

Aussi, aujourd’hui j’ai posé quelques questions auxquelles les réponses ont été un peu floues, surtout sur la justification des séries de 21, ‘this massage must last 50 minutes’. Sur certains mouvements le sens n’avait pas de sens et pour finir, certaines choses dites et faites sur mon corps hier, ont été contredites dans la session d’aujourd’hui. J’ai quand même dit à monsieur Gopakumar que je n’avais ni son gabarit ni son envie de passer les choses trop en force et que j’étais moi, et que j’appliquerais les choses avec la pression que je jugerai juste et supportable pour moi. Je crois qu’il s’en fout, et moi aussi. Je prends cela avec humour et bonne humeur.

L’entrainement continue

Tous les matins je continue à progresser avec Vineesh qui me coach dans mon entrainement. Le soir c’est un peu plus le bazar, car il y’a souvent des démonstrations au centre ou en extérieur, les pros sont donc réquisitionnés et je me fais coacher par un des adolescents qui sont le groupe qui terminent la journée. Quatre séries ‘allée et retour’ de jetés de jambes, suivis des séries Elephant, Cheval, et Sanglier ‘aller et retour’. Pour finir, la 1ere série complète Mayapat 1 qui est un enchainement des diverses postures sur 6 allers / retours avec un final en grand écart. Le Mayapat 2 est sans doute pour la semaine prochaine et celui-ci intègre des postures assises en extension ainsi que des rotations de dos avec pont.

 
Des vidéos :
Regular training mayapat 1 – http://www.youtube.com/watch?v=Fa0n9d86Ogw
Kalari elephant pyramid – http://www.youtube.com/watch?v=Xn68PUlsCZY
My training in stop motion – http://www.youtube.com/watch?v=jkevm8SWIxw

Videos kalari combat

Sword / épée – http://www.youtube.com/watch?v=H5HLL_xbo5E
Short stick / bâton court – http://www.youtube.com/watch?v=x5sDRYDNcBk
Bare hands / mains nues – http://www.youtube.com/watch?v=ppQxJi7wNGY
L’entrainement du Kalari consiste en des séries d’exercices de souplesse et d’équilibre. Leur maitrise parfaite est essentielle avant d’envisager d’utiliser des armes et de faire du combat
http://www.youtube.com/watch?v=UMDDwwsmkfM
http://www.youtube.com/watch?v=fBLp6S5XwfE
http://www.youtube.com/watch?v=g2Pf4n-o5o8
http://www.youtube.com/watch?v=72W0Ra4p-_Q
http://www.youtube.com/watch?v=39uTFvEvffg
http://www.youtube.com/watch?v=o4kyqUvEzVw
http://www.youtube.com/watch?v=7ruugHeMHSU
http://www.youtube.com/watch?v=Kt5zDTJPBqA
http://www.youtube.com/watch?v=ixNM8a6YQgw

La vraie plage arrivera encore plus vite que prévu

 Je vais quitter Calicut ce mercredi par le train de jour, car je n’ai pas envie d’attendre plus longtemps avant de retrouver la plage et Varkala. Aussi, la pleine lune est jeudi et c’est plus beau de voir cette lune sur une belle plage que dans une ville moche.
De plus j’ai bouclé ce matin la formation massage qui devait durer 14 jours. Cette dernière séance, cuir chevelu et visage était une farce, Gopa m’a fait son massage, ça m’a déclenché une migraine ophtalmique et un grand inconfort au niveau du cou, Vineesh qui a ensuite servi de modèle a eu mal et une irritation des yeux, car oui quand il masse le visage Gopakumar n’épargne pas les yeux et il utilise une huile destinée aux cheveux. Aussi hier, monsieur Gopakumar s’est énervé quand j’ai mentionné que la zone du ventre était sensible et était le centre de digestion du corps, lui il frotte, il frotte et le plus fort possible. Donc j’ai demandé pour ces deux jours qui restent qu’il me montre ce qu’il sait faire au sol, car il part pour Munich mercredi. Sinon ce qui était prévu après son départ est que je pratique son massage sur des modèles… Pendant 9 jours… Je ne crois pas. Bon ben bref, je confirme j’ai pris mon billet, je me casse à la plage. J’ai accroché mon nouveau hamac acheté à Gokarna dans le patio ombragé du centre, car aujourd’hui il n’y a pas de patients et je vais me reposer, plus tard j’irais sans doute faire un tour voir la plage et le coucher de soleil. Elle est a moins de 2km, mais elle n’est pas praticable, car hyper sale (dixit tous les locaux ‘its very dirty’, et pour qu’un indien dise cela, ça doit être grave).

Derniers jours à Calicut

Ces derniers jours à Calicut ont été assez sympa, car une jeune fille russe est arrivée au centre pour suivre la formation d’art martial. Cela m’a fait un peu de compagnies. Nous sommes allés à la plage et en effet c’est un haut lieu de rassemblement des locaux, surtout pour le coucher de soleil et sans doute encore plus le dimanche.
Au niveau de l’entrainement, j’ai vraiment aimé cette pratique et je me dois d’intégrer ces exercices dans mon entrainement quotidien, car ils sont très toniques et aident à l’étirement, en complément des étirements plus lents du yoga.
Je suis maintenant à bord du train qui m’emmènera en huit heures a 350km plus au sud. À varkala je vais retrouver des personnes qui y passent une partie de l’hiver, mais aussi des locaux avec qui j’ai pu sympathiser, Vibhu le karaté kid a qui j’apprends a nagé, lui donne des cours de yoga et l’aide dans ses étirements intenses, rajeesh le masseur aux pieds et mains d’or, Emanuele, le viel italien un peu stressé par ses déboires avec son fils, beaucoup de locaux aux beaux sourires, et des nouvelles rencontres qui m’attendent. L’appartement que j’ai loué les années passées n’étant pas disponible pour moi, je vais passer les premiers jours chez Nina, mon amie normande parisienne le temps que je trouve un endroit qui me convienne. Ce sera aussi sans doute l’occasion pour moi de l’aider dans les aménagements qu’elle aime faire a son chez soi varkalais.

Arrivée à varkala

 Je suis arrivé à Varkala avec l’accueil royal de Nina, car je séjourne chez elle le temps de trouver un endroit ou m’installer.
Le retour à la plage a été très agréable, retrouver sa beauté, ses aigles, la falaise, les douches naturelles, les vagues, le courant.
J’ai ensuite porté mon attention sur les travaux de plomberie nécessaires chez Nina qui souhaitait avoir de l’eau chaude, avait fait installé un chauffe eau par un électricien qui dans le processus avait coupé les arrivées d’eau dans une des deux salles de bains de sa maison.
 Ensuite j’ai commencé a penser a trouver mon propre chez moi, et j’ai flashé sur une belle terrasse avec deux chambres et une salle de bain visible de la terrasse de Nina.
Cet endroit je le connaissais, car Nina avait repeint une des chambres l’année dernière, car la vieille dame propriétaire du lieu n’arrivait pas a le louer, car il était trop sale. J’ai donc négocié un loyer symbolique aux alentours de l’euro quotidien et un investissement de 100/150 euros en peinture, literie, accessoires divers pour embellir le lieu. Le deal a été conclu, les travaux ont commencé, la plage attendra… Je devrais emménager mercredi, hi hi hi 😉

Une plage pas comme les autres

 À la nuit tombée, les lumières s’allument et la falaise et ses restaurants illuminent la zone touristique. Cette année il n’y a pas foule, les commerces et les guest houses font grisent mine, mais avec la montée des eaux et les transats et parasols qui se font plus nombreux, de la plage principale, au nord, semble remplie. Sur la plage ‘sacrée’, au bout de la route qui vient du temple, et où les rituels liés aux défunts se déroulent le matin et en fin d’après-midi, un nouveau temple est en construction. Le terrassement avait commencé l’année dernière, la construction est maintenant terminée, les sols en carrelage et en marbre noir ont été posés ces jours-ci tout comme les murs d’enceinte. Pour ma part je marche direction le sud sur ‘south beach’ pour une petite quinzaine de minutes avant d’arriver au coin le plus paisible avant le village de pêcheurs. Ici la mer est propre, elle est souvent agitée, mais le matin elle est souvent plus calme et on peut passer la zone des rouleaux et des courants et pouvoir nager au large. J’aime pas trop cela si je suis seul, mais accompagné c’est le pied d’être dans cette piscine qu’est l’océan indien. Le long de la falaise, il y’a des écoulements d’eau douce et potable, et a certains endroits des tuyaux ont été accrochés pour créer des douches naturelles. Les pêcheurs et les garçons du village viennent s’y laver et faire la lessive. Au-dessus de nos têtes, les aigles tournent et virent à l’affut d’un rongeur ou d’un poisson. Les poissons sont rares, car le fond n’est que sable et donc pas très nourrissant a cet endroit. Les bateaux partent plus au large ou vers les zones plus rocheuses au nord de varkala, ou l’on peut observer de la côte quelques dauphins au petit matin. La végétation est très présente sur la plage du fait de l’eau douce et le vert apporte un beau contraste au rouge de la roche. Cela apporte aussi de la douceur, car la roche est très de découpée, tranchante, organique. Les éléments sont donc entremêlés et forment une belle harmonie et l’on se sent envouté, pris entre l’eau et la falaise. La lumière du matin est très ombragée et pleine de contrastes, car le soleil se lève derrière la falaise. En fin de journée, le soleil se couche face à nous et beaucoup de personnes viennent observer son coucher qui révèle chaque jour des teintes et ambiances différentes.

La tête dans les étoiles

 Pendant les travaux, qui sont maintenant terminés, les cadres de lit étaient mis dehors et je ne les ai pas rentrés depuis. J’y ai installé les vieux matelas, les neuf étant à même le sol dans une des chambres. J’ai en fait deux chambres qui donnent directement sur la terrasse avec une salle de douche au milieu qui est aussi en accès direct terrasse. J’ai décidé de m’occuper du vis a vis sur la maison en face, le champ et le chemin attenant, en installant de nombreux tissus. Grâce à cette installation, le décor est coloré, vole au vent, et me donne un maximum d’intimité et donc une utilisation maximale de la terrasse qui est devenue une véritable pièce à vivre de jour comme de nuit. Les deux lits sont chacun équipés d’une moustiquaire qui peut se déployer le moment venu. Dès mon installation dans ce lieu, et compte tenu des travaux en cours, j’ai toujours dormi une partie de la nuit dehors, la tête sous les étoiles. Le vent peut être assez violent et se lève généralement vers 1h du matin, il m’arrive alors de me rabattre alors sur une des chambres pour finir ma nuit, qui ici commence très tôt. Le matin est annoncé par les nombreux oiseaux qui peuplent les arbres et cocotiers. Des corbeaux, des aigles, quelques autres espèces font un joyeux vacarme et me réveillent pour que je puisse voir les couleurs du ciel quand le soleil se lève. Jusqu’à maintenant, je partais prendre mon petit déjeuner avant d’aller à la plage vers 8hr, ou je fais une bonne séance de yoga avant que le soleil ne soit trop chaud et que je ne reprenne le chemin de ma terrasse. Je ne retourne à la plage qu’en fin d’après-midi. Je pense essayer un nouveau rythme qui me permettra de faire ma séance de yoga à mon réveil, dans une des chambres. De se coucher dehors, sous la moustiquaire, il fait plus frais que dans les chambres, et quand je regarde en l’air, les étoiles sont à moi. Varkala étant un lieu touristique, il est éclairé, la Voie lactée n’est donc pas visible, mais néanmoins le ciel est beau et paisible.

Égoïsme

 Je profite de ces moments pour me retrouver, me reposer, me redécouvrir, me poser, réfléchir, m’étirer, respirer… Penser a moi… Et j’m ca

Décrochage contrôlé

 Tout se passe à merveille, je profite de mon hébergement, de la plage, de mon corps qui commence à répondre a mes attentes, mes équilibres se font plus aisément et je suis content de mon rythme. Mes petites habitudes, les gens que je croise au quotidien, d’autres que je fréquente ponctuellement. Je me sens bien dans ma tête et dans mon corps et la frénésie du début est maintenant bien derrière. En cette fin de semaine, la pleine lune revient juste après la Saint-Valentin, le temple de la plage serait en fait un lieu où les cérémonies pour les défunts seront pratiquées et devraient libérer la plage utilisée a cet effet jusqu’à présent. Ce serait également le festival de Kali, mais surtout Shivaratri, mon ami Jules, un adepte de l’Inde et de ses pratiques vient me rendre visite pour quelques jours ce samedi, le week-end dernier, un autre ami qui visitait le Kerala est passé par ici. C’est bon de voir ici des personnes que je connais d’ailleurs, mais Jules, je l’avais rencontré a Goa il y’a quelques années et nous avons depuis continué a nous voir régulièrement à Paris. Malgré plus de 20 voyages en Inde, ce sera sa première fois au Kerala, une petite étape dans sa découverte du sud du pays qu’il consacre principalement au Tamil Nadu, beaucoup plus riche en lieux mythiques et mythologiques. Ici ce sera pour se reposer et profiter de la douceur de vivre keralaise.

Kali bat la mesure, une petite croisière dans les backwaters

 Jules est bien arrivé et je lui fais découvrir Varkala et les environs, il découvre le Kerala pour la 1ere fois et comprends pourquoi tant de personnes aiment cette région de l’Inde. Pendant son séjour, la fête de Kali est au programme et nous assistons a certains préparatifs et participons à l’effort et l’effervescence du porter de la tour autour du temple. Julie, une Anglaise avec qui je m’entends bien et que j’avais rencontrée l’année dernière est également de la ‘party’, d’ailleurs elle danse tous les vendredis à une soirée organisée par son amant sur la falaise, elle est aussi passionnée de photo. La semaine dernière elle m’a fait poser pour elle, et je suis super content du résultat. Le temps nous réserve des surprises avec des averses nocturnes, les matelas extérieurs se retrouvent trempés. Aussi, le soleil en journée  chauffe de plus en plus, la sieste à l’ombre est une nécessitée. Avec Vibhu, mon petit protégé local, je poursuis les cours de Yoga et d’étirements qui lui permettent de mieux se concentrer au niveau mental et physique, et cela complète ses entrainements de Karaté, car il est pour la 4e fois championne du Kerala dans sa catégorie et a été classé 4em au niveau national. Il se prépare pour une compétition au mois de juin, il espère que les exercices que je le lui fais faire et lui apprends lui permettront d’améliorer sa technique et peut-être accéder au podium. Ce mercredi nous sommes partis avant le lever du soleil prendre le train pour Allepey, le retour se fera par bateau, 1h40 pour l’aller, près de 8h en bateau. Cette petite croisière nous fait parcourir une partie du réseau immense des backwaters. J’avais peur de la monotonie de ce parcours, mais en fait, le décor change tout le temps et nous passons de petits canaux a de grandes étendues, des zones peuplées et d’autres, plus désertes, de zones ou les house-boats abondent et d’autres ou les chalutiers se reposent de la mer. Il y’a aussi un couloir de filets de pêche chinois comme on en voit a fort Cochin, mais ici il y’en a plus de 50. La plupart sont abandonnés et sans filets, mais certains semblent être encore utilisés. Une large brèche donne un accès direct a la mer et permet aux eaux de se mélanger. Ce parcours nous emmènera à l’ashram de Amma ou nous ne nous arrêterons pas, car ni Jules ni moi n’apprécions trop l’ambiance autour de cette ‘star’ du hug payant. C’est une véritable entreprise qui brasse des sommes phénoménales et de nombreuses polémiques existent tant concernant l’utilisation des fonds, que de l’embrigadement des ‘adorateurs’ occidentaux que des abus physiques qui auraient eu lieu. L’endroit ressemble à une cité HLM au milieu des cocotiers avec deux tours de 13 étages pour loger plus de 2000 personnes à 250 rps la nuit sans compter les extras et il y en a beaucoup, entre la boutique de souvenirs, la cafeteria, le darshan, les cours divers et variés. Nous resterons donc sur le bateau et finirons le parcours à Kolam ou nous reprendrons un train ou un bus pour arriver à Varkala vers 20h. Nous devrions encore agrémenter son séjour dans la région avec une escapade au sud pour visiter les ruines d’un temple Jain, la religion qu’il pratique, et en profiter pour visiter le palais des princes de Travancore, qui entièrement en bois précieux. Peut que nous pourrons également passer par la station balnéaire de Kovalam ou une amie a lui séjourne. Dimanche soir il quittera Varkala pour se rendre à Madurai puis Rameswaram avant de rejoindre Chennai et Paris. Pour ma part je n’aurais plus que 2 semaines 1/2  avant de quitter la plage.

Jules, une semaine avec un ami, sabarimala ne se fera pas, mais les malas oui

 La semaine en compagnie de Jules, un ami de paris rencontré en 2011 à Goa a été superbe. Grand amateur de l’Inde, convertis au jaïnisme, il est expert de l’Inde du Nord, mais c’était sa première fois dans le sud. Il en a profité pour se laisser guider par moi même s’il ne s’agissait que de visites a la plage et d’autres endroits très locaux. Il est ensuite reparti sur Madurai, Rameshwaram pour finir a Chennai ou il repart pour Paris. J’aurais eu envie de l’accompagner a Rameshwaram, un peu le bout du monde Indien avec une semi connections avec le Sri Lanka, mais cela m’aurait pris trois jours pour faire cet A/R et et et… J’ai préféré rester à Varkala.
 Mon ami Vibhu avec lequel nous avions prévu d’aller a Sabarimala, m’a fait une fausse joie en me disant que le temple serait ouvert cette semaine, mais en fait il n’en ait rien, le temple n’ouvrira que le 15 mars pour quelques jours. Sabarimala est un haut lieu de pèlerinage pour visiter un temple de Ayapan, fils d’une union de Shiva et Vishnu qui avait pris l’apparence d’une femme pour l’occasion. Ce temple n’est ouvert que quelques jours par mois et au mois de  janvier pour 19 jours pour accueillir plus de 3 millions de pèlerins. Ce temple est situé en haut d’une montagne et les 5 derniers km doivent être gravis pieds nus. Tant pis, j’ai pu discuter avec les brahmins du temple ayapan local, ils m’ont noué un fil de coton noir au poignet ce qui me suffira pour cette fois. Vibhu a ensuite partager avec moi quel arbre faisait le fruit qui enfermait le noyau Rudhaksa avec lequel les colliers sacrés mala sont fabriqués. Ces petits arbustes sont en fait sur la plage ou je me baigne quotidiennement. Le noyau est protégé par deux couches, une souple et une dure difficile à retirer. J’ai donc fait cueillette ce matin et j’ai donc maintenant une belle collection de Rudhaksha. Ces graines sont très prisées, les colliers sont assez chers et les plus petites graines sont les plus chères. Cette plage ou la mer s’est retirée et quand elle est calme on peut marcher sur l’eau et avoir de belles réflexions, j’ai donc profité pour faire quelques postures yogique 😉

Sur le front des massages,

 Depuis mon arrivée à Varkala, j’ai pu bénéficier des soins de Ajeesh qui m’avait impressionné l’année dernière. Il reste très bon, mais il a un peu abusé sur la pression et de ce fait cela me permet de comprendre les limites du travail en pression même s’il est soigné. Je dois maintenant reprendre des séances  avec lui et demander un travail plus doux. Je suis sûr que cela sera plus bénéfique et me permettra à nouveau d’apprendre de lui. J’ai également essayé d’autres personnes sur des recommandations de personnes et comme cela j’ai pu comprendre ce que les gens appréciaient même si de mon côté je me trouve plus exigeant. Ces derniers jours je suis tombé sur Jobin et il correspond tout à fait a ce que j’espérais, une complémentarité à Ajeesh, et une approche assez similaire à la mienne. Pour l’instant, j’ai fait deux jours de suite avec lui et en discutant il me confirme, sans surprises, qu’il a pratiqué le kalaripayat pendant 13 ans et a appris le massage par ce biais, son grand-père a été son enseignant. Il a complété cela par une formation de masseur à l’université ayurvédique de Trivandrum. Vivement demain pour le 3e massage. Je ne pense pas qu’il puisse apporter de grandes variations a son travail, car il ne pratique que sur table pour le soin avec les mains. Je vais sans doute essayer son massage au sol avec les pieds, car compte tenu de son parcours il doit très bien maitriser. Recevoir des soins ici est sans aucun doute la meilleure façon pour moi de continuer à apprendre et confirmer les mouvements et techniques et trucs que je connais déjà. En plus quand je tombe sur un soin de qualité et bien je profite des bénéfices et me retrouve tout sourire de la tête aux pieds. Quand je reçois un soin mauvais ou moyen, j’apprends aussi. J’ai pu aussi tester mon soin sur quelques Indiens. Vibhu mon ami karatéka que j’ai rencontré il y’a trois ans, originaire de varkala, pas grand connaisseur de massage autre que sportif, mais en grand besoin de détente avant de partir à Delhi pour une sélection nationale. Ajay, le propriétaire d’un hôtel ‘villa jacaranda’, d’origine penajbi et grand amateur de massage. Bimal, un informaticien originaire de Cochin, également grand amateur de massages. Tous les trois ont été très satisfaits et ont confirmés que je respectais les préceptes et principes traditionnels, mais que j’apportais ma touche personnelle, qu’ils ont qualifiée d’unique, efficace, agréable et étonnante, car elle correspondait a ce que leur corps avait besoin, que mes mains fussent à l’écoute et offraient le bon répondant.

Séances photo

Julie, une Anglaise un peu déjantée, ancienne trapéziste de cirque et bohémienne que j’avais rencontrée l’année dernière est également une passionnée de photo et donc elle m’a demandé de faire quelques clichés seul dans une maison abandonnée. En voici une sélection choisie. J’avoue que je suis assez fier du résultat.

Varkala, the end… Pour cette saison

Ce vendredi soir je suis dans mon hamac, l’air est doux, la chaleur aujourd’hui n’aura pas été trop forte et une certaine douceur est dans l’air. La station balnéaire de Varkala s’est beaucoup vidée cette semaine, tout d’abord les touristes saisonniers qui se retournent en Europe ou continuent leur voyage, le plus dur de l’hiver étant théoriquement derrière nous. Puis les restaurants qui allègent leur personnel et laissent une partie des saisonniers Népalais rejoindront leurs familles. La saison se termine doucement ici, elle prendra fin d’ici un mois. C’est agréable de vivre ce ralentissement dans un rythme déjà assez cool et relax. Les locaux reprennent leur territoire et profitent du temps qui redevient le leur. Ma terrasse est calme et moi aussi. Mon bilan pour cette partie de mon séjour est que j’ai pu m’occuper de moi, faire de bons progrès au niveau physique au travers du stage de Kalari, d’une pratique d’asanas assez régulière, mais pas excessive, et des exercices de renforcement musculaire pratiqués quasi quotidiennement, ce qui était mon objectif principal. Au niveau mental, j’ai aussi profité des moments de calme et de solitude pour me reposer la tête, des moments avec mes amis indiens et autres bonnes rencontres pour échanger et apprendre, et les moments avec les personnes un peu plus ‘spéciales’ pour me conforter dans le fait que je n’apprécie pas tout le monde. Je compte bien continuer a profiter des derniers jours pour apprécier cet état de fait et passer un bon moment tout simplement. Je n’aurais pas beaucoup lu cette saison, juste un livre de Murukami et j’ai beaucoup apprécié lire cet auteur, je pense me reprendre un de ces livres à Calcutta pour la suite de mon voyage. Calcutta, ma prochaine étape est pour moi pleine d’émotions, car j’avais adoré ma première rencontre avec cette ville et j’espère pouvoir continuer à la découvrir, la comprendre ou tout simplement l’observer, ce qui serait déjà un luxe. J’ai commencé a lire les guides, regarder les plans pour me faire la liste des endroits que je souhaite découvrir ou revoir et elle est longue. J’y serais dans d’excellentes conditions, car c’est ici que je ma gâte avec un hébergement très luxueux ce qui va me donner un havre de paix et contrastera avec cette ville ou il y des trottoirs et des rues larges, ou la circulation respecte les feux, mais ou une grande partie de la population vit dans la rue, sur les trottoirs, mais ou le sourire et la bonne humeur donne un meilleur visage à un côté très proche du misérable. Cette ville est dure, mais elle est belle. C’est mon souvenir, on verra la semaine prochaine ce que la version 2014e laissera comme impression. Ensuite, ce sera Darjeeling, la montagne et le Sikkim. Pour cette partie, j’ai également consulté les guides et blogs et fait les réservations pour les premières nuits et esquisser un itinéraire, car je n’aurais ni le temps ni l’envie de m’en occuper à Calcutta, comme cela c’est fait, le plan a l’air bien sur papier. Je n’en parle pas pour l’instant, je vous ferais découvrir mes étapes en même temps que je les ferais moi même.

Holi du matin avec les lutteurs

Ce lundi c’est Holi, la fête des couleurs, des bombes à eaux, des boissons qui font bang et aux excès en tout genre. Je me suis équipé pour l’occasion avec des vêtements blancs à usage sans doute unique. J’ai une protection pour mon appareil photo que je me suis fabriqué avant mon départ. Deja hier la fête avait un peu commencé, car a Calcutta elle s’étale sur deux jours et j’ai donc pu commencer a comprendre ce qui pouvait se passer et j’avoue avoir u  peu peur des débordements possible. Ce matin je suis parti très très tôt au marché aux fleurs et à cause de la fête, l’activité du marché était au ralenti et à cause de l’heure les gens somnolaient. J’ai cédé au chantage financier très amical de l’école de lutte et j’ai pu profiter d’un meilleur accueil que celui que j’avais eu la veille quand j’avais refusé le backshish. J’ai passé un très agréable moment avec les élèves et les maitres de cette école, et j’ai même du masser les pieds d’un des maitres et les genoux de l’autre pour faire valoir mon massage et les qualités de thérapeute, ils m’ont demandé de revenir et de passer plus de temps avec eux, cela m’a beaucoup touché. En parcourant les rues, beaucoup de personnes étaient colorées, mais aucune agression n’a été tentée a mon égard et j’ai pu déjouer un homme qui voulait me poudrer le visage, je suis rentré sain et sauf a l’hôtel ou je me suis pris mon petit dej avant de me poser au bord de la piscine pour le reposer avant de repartir cet après-midi dans un autre quartier qui devrait être plus  animé et délirant.

 

Kolkata, ‘Eden Garden’

Le criquet, sport national indien, a son stade au centre d’un parc immense au centre de la ville des miracles et se prénomme ‘Eden Garden’, ce qui convient avec ironie a cette ville aux facettes sombres, mais si souriantes et pleines de vie que l’on ne peut pas rester indifférent. À certains moments les larmes et la douleur montent, mais sont de suite reconquis par la douceur et la chaleur humaine qui est en surabondance comme tout le reste ici et a nouveau les larmes montent la joie se mêle a la douleur des conditions de vie de contours dur avec de la douceur, mais au coeur éprouvé par la dure réalité, mais qui s’illumine toujours de charmes et de sentiments au deuxième sourire. Lors de ma première visite ici, en janvier 2011, j’avais été happé par le marché aux fleurs et séduit par les personnes qui se lavent dans les rues a des points d’eau qui jalonnent certains trottoirs. Cette année, j’ai visité d’autres quartiers comme celui des sculpteurs, Kumartuli, et aussi des quartiers et jardins et ghats plus huppés, Princep ghat. Je marche beaucoup et je découvre des passages sombres et pitoresques, des bazars et des commerces regroupés par specialité, des temples, des arbres sacrés, des stand de nourriture et de boisson. Bien sur cette ville est un bidonville immense, tous les trottoirs sont des habitations, tous les halls d’immeuble, les entrées de bureau et de batiments victoriens sont des lieux de vie et de commerce pour les plus démunis de la ville. Mais le paradoxe est que tout les mondes semblent s’entendre, se respectent, s’utilisent, sans doute avec des abus et bien évidement en premier lieu avec celui des enfants qui travaillent partout, et a des postes ingrats, mais tous retrouvent le sourire quand on s’arrete et que l’on se parle un peu. La photo est pour moi un outil de communication et permet de donner de l’importance a ces personnes de l’ombre. Bien sur, des fois l’appareil est mal acceuilli mais c’est assez rare et les indiens sont directs et le font savoir de suite et cela n’empeche pas de discuter, de rigoler, d’echanger. J’ai pris beaucoup de photos, toutes pleine d’émotion pour moi, c’est difficile de faire une sélection, je voudrais toutes les montrer. Lors de ma première visite, cela avait été pareil, j’en avais fait des tirages, et j’avais envoyé 400 portraits a une boutique de fleurs du marché pour qu’ils les distribuent. Je n’ai pas pu savoir si cela avait été fait, mais hier je me suis assis pour regarder un masseur officier sur le corps d’un homme a même le sol au vu de tous sous le pont de howrath. En levant la tête j’ai vu une de mes photos scotchée au mur, j’ai essayé d’exliquer au gens présent mais ils n’ont pas compris, j’ai juste compris que l’homme qui était sur ce portrait au mur était decedé, et donc d’une certaine façon ma photo est le souvenir de cet homme, qui était assez particulier pour moi et sans doute aussi pour les residents de cette section du bidonville de mallick ghat.

Voici cette photo de la photo et d’autres en vrac complet comme je me suis ici dans cette ville a mille lieux de tout ce que l’on peut imaginer et ce n’est pas une illusion.

Darjeeling

Le train de nuit m’a emmené de Calcutta à Siliguri ou les jeeps prennent le relais pour grimper en altitude et atteindre Darjeeling et Sikkim. Ma première étape, Kurseong, ou j’ai sejourné chez l’habitant dans le cadre d’une imersion dans la vie de la plantation de Makaibari, un des plus grand domaine de la région et le premier a mettre en place une permaculture bio. Le propriétaire Rajah Banerjee habite sur place et gère le domaine, il accueuille les visiteurs et prêche pour la culture durable et équitable, la qualité de la terre et des hommes. Deux jours passés dans une très belle chambre habitée par de nombreuses peluches. Mon hôtesse, Mina, était très attentionée et les trois petits enfants permettaient la communication en anglais. Le matin ils se joignaient a moi pour les étirements avec le levé de soleil sur les montagnes en toile de fond. La cadre était sublime et doux, les balades dans les champs de théiers, la visite de l’usine, la degustation des thés menée par le flamboyant propriétaire.

Puis l’heure est venue d’embarquer à bord du train qui relie Kurseong à Darjeeling, un petit train qui longe la route et monte doucement vers Darjeeling, la ‘grande’ ville de la région est a 2100m d’altitude, la fraicheur se fait ressentir. Le soleil, les nuages, la pluie est le climat de cette ville mythique qui offre également un panorama sur le Kangchendzodnga. Cette montagne sera le fil rouge de mon escapade dans cette région et plus particulierement au Sikkim, car c’est la ou il est situé. Demain dimanche je pars marcher pour 5 jours. J’ai trouvé mon guide, Lakdha (ce qui veut dire ‘main’), de mère tibétaine et sherpa de père en fils,  il devrait me faire suivre les sentiers et quelques chemins de traverse pour que ce périple de 85km entre 2200m et 3600m. Si la météo le permet les points de vue couvrent l’Everest, le K et le Lhotse. Pour ce qui est de la ville de Darjeeling, la partie basse est bruyante et le bal des jeeps est assez agaçant. La ville hautes est plus piétonne et donc plus agréable et l’on peut apprécier le fait d’être en montagne. C’est un haut lieu de tourisme pour les indiens qui viennent gouter à la fraicheur et la pureté de l’air.

La météo et les previsions ne sont pas bonnes

La pluie et les orages seront au programme de la semaine à venir. J’ai beau regarder les differentes options, Treck, Sikim ou même Assam, tout le nord est de l’Inde est dans les nuages et les orages. Je vais donc marcher sous la pluie, ça ne va sans doute pas être très drôle, mais ce sera une expérience et avec de la chance il y’aura des éclaircies. Le retour à Darjeeling en fin de semaine prochaine devrait se faire sous le soleil ce qui fera du bien. Je vais quand même prier et croiser les doigts pour que les vents poussent les nuages et fassent que notre chemin soit epargné par le mauvais temps, en montagne tout est possible. J’ai fait l’acquisition d’un parapluie pour pouvoir me mettre à l’abri en cas de fortes précipitations, sinon je suis équipé en tenues imperméables et coupe vent.

Treck 01 – Darjeeling – Maneybhanjyang – Tumling

 Ce matin, Lakhpa mon guide ma retrouvé a mon hôtel a 8:30. Les nuages étaient la mais pas de pluie à l’horizon. Nous partons pour la ville basse ou se trouve le point de départ des Jeep. Un des chemins de randonnée du parc de Singalila commence a Maneybhanjyang que nous allons rejoindre en Jeep. Nous trouvons la Jeep, mais il n’y pas foule pour cette destination et nous attendrons deux bonnes heures avant de partir. Nous nous retrouvons donc a 12h au point depart du trek et Lakhpa m’annonce qu’il serait peut-être   preferable de reprendre un taxi pour nous emmener 10km plus loin compte tenu de notre retard et de la pluie qui commence a tomber. Heureusement le tarif très dissuasif des taxis et l’arrêt de la pluie nous pousse a commencer a marcher. Il s’avérera que malgré sa gentillesse, Lakhpa aura une tendance a sur-facturer les extras, ce qui lui retirera 1 étoile, une deuxième étoile sera aussi retiré pour son manque de conversation et d’intérêt dans la faune et la flore, ces sujet de predilection étant le basketball et le cinéma sud-coréen. Revenons au trek, les 3 premiers kilomètres grimpent sec, nous longeons la route et prenons des sentiers et marches qui coupent les angles et raccourcissent le chemin, mais rendent la montée plus abrupte. Le rythme est bon, nous ne sommes pas encore en altitude, la montée se fait et l’effort réchauffe le corps, c’est bon. Apres cette première étape, la dénivelée s’adoucit et la route devient plus rocailleuse. Nous passons plusieurs ‘tea house’ et prenons thé, soupe et gateau. Mon guide Lakhpa est connu de toutes et tous, il est sympa, il parle bien anglais et je le laisse gérer les dépenses. C’est bon d’être en de bonnes mains, même si elles ont tendance a garder toute la monnaie. Son prénom, Lakhpa signifie ‘mains’ en tibétain ou nepalais je ne suis plus trop sur quelle langue est parlée ici, nous passons de l’Inde au Népal à chaque virage. Le temps ce premier jour aura été clément avec quelques gouttes de pluie et quelques éclaircies en fin de parcours. Nous sommes arrivés à notre destination dans les temps, notre rythme est bon, je me sent trés bien et content d’être ici. Le décor se dévoile peu à peu, les arbres couverts de mousse, d’autres arbres en fleurs, les senteurs de certaines fleurs similaires au jasmin qui embaument notre route. Les petits villages de 4/5 maisonnettes, quelques vaches. Notre auberge pour ce soir est mignonette, il va faire froid, il n’y pas d’electricité mais c’est sympa et nous avons une belle petite chambre ou les couvertures et duvets sont humides et glacés, mais j’ai un bon duvet et ils donnent une bouillotte. On verra comment la nuit sera, pourvue qu’elle soit douce.

Treck 02 – Tumling – Sandakphu

 Cette partie du trek sera la plus intense, car elle couvre une distance de 21km et grimpe a 3636m, Sandhakpu, en passant par la point le plus bas, Garibas a 2200m. Pour commencer, la nuit fût fraiche, mais mon duvet et la bouillotte m’ont permis de passer une bonne nuit au chaud, au matin le temps était couvert, nous étions dans les nuages. Nous sommes partis vers 8h30 et avons marché jusqu’à 17h avec une courte pause pour le déjeuner et quelques mini pauses thé. Nous avons eu de la chance, car la pluie est tombée lors de notre pause déjeuner et s’est arrêtée quand nous nous sommes remis à marcher. Mais à part le temps sec, nous avons été dans les nuages toute la journée. Les chemins de traverse ont permis de découvrir un paysage sauvage et beau avec de nombreux arbres, même à cette altitude. Mon guide est assez bavard avec le basketball, le cinéma sud-coréen comme sujets récurrents, je lui ai dit que j’appréciais le silence du lieu, il a mis ses écouteurs pour finir l’ascension en musique. Mais il est super cool et attentionné. Au point d’arrivé, de la neige au sol et un accueil moins chaleureux que la veille et des auberges au double du prix et sans sourire. J’ai du prendre le dessus des négociations, car mon guide a pris la tangente de me faire un peu payer le prix fort. Comme je lui ai dit, je ne veux pas grappiller, mais je veux au moins être servi correctement et ne pas avoir à payer un supplément pour la bouillotte alors que je paye déjà le prix fort. Demain la météo n’est toujours pas au beau temps, mais j’espère que nous aurons des éclaircies, car cette marche de 21km relie les deux plus hauts points et c’est ici que je suis supposé voir l’Everest… Ce soir, le repas s’annonce bon, j’écris ceci assis dans la cuisine de l’auberge à regarder la marmite et humer l’odeur. Mon guide à disparu je crois qu’il n’a pas apprécié que je décide d’aller dans une autre auberge que celle qu’il avait choisie et/ou il devait avoir ses potes. J’ai hâte de manger et de me mettre au lit, jusque-là je vais squatter la cuisine, car il y fait bon et chaud.

 Treck 03 – Sandhakpu – Molley

 La nuit n’a pas été agréable, j’ai eu une grosse migraine, sans doute le mal des montagnes, la montée ont 3600m ayant été rapide et fatigant. Au final je n’ai pas pu dormir correctement. Au matin, le temps était dégradé, la visibilité était au minimum, mais le temps était sec. N’ayant vraiment pas la pêche je me suis forcé à me bouger et à avancer. Nous sommes partis pour 21km de marche pour relier l’autre sommet avec ‘vue’, Phalut. Le guide m’avait dit que cette marche était facile et qu’il n’y avait pas de dénivelé, mais la réalité fut tout autre, car il s’agissait d’un parcours de montagnes russes avec des descentes et donc des montées. Sur cette partie du parcours, pas de ‘tea shop’ tous les 3/4km, seul un petit refuge a 6 km de Phalut, donc a 15km du départ. Pas mal de neige au sol, la montée à Phalut sentait mauvais, mon mal de tête persévérait, je commençais a demandé a mon guide s’il existait des alternatives a notre itinéraire, car aucun intérêt de risquer une montée difficile pour être dans les nuages et ne rien voir, autant commencer la descente. Au petit refuge j’essaye de me reposer et un groupe de deux danois et un Allemand arrivent avec leur guide. Seul l’allemand souhaitait monter les deux Danois préféraient se rendre a un refuge a 2km en aval. Nous sommes donc partis tous les trois avec mon guide à ce refuge. Une heure après notre arrivée, les nuages ont lâché leur grain et un mélange de pluie très forte, de grêle et de neige s’est abattue sur la zone, nous étions contents de notre décision et heureux d’être au sec. Le froid ici est plus rude a l’intérieur, car les bâtiments ne sont pas chauffés, peu isolés et cette région est humide. Mon mal de tête est parti, j’ai pu faire une petite sieste, je me sens mieux malgré le froid. Demain, nous allons commencer la descente qui se fera sur deux jours, il devrait un peu plus chaud, mais pas moins humide. La marche est néanmoins agréable et me fait de bien, elle me prouve de quoi je suis capable et les progrès que j’ai fait ces dernières années, je suis content, très content.

Treck 04 – Molley – Ramman

 Ce matin le ciel était dégagé, le soleil a percé au travers des arbres. Lakpha m’a sorti du lit pour me montrer ce qui était visible de ce lieu ou nous avions passé la nuit. Il a suffi de remonter un peu pour voir le Kangchendzonga et l’Everest. OK, la vue était sans doute moins bien qu’au sommet, mais elle me suffira, car cette petite remontée a suffi à me redonner un début de mal de crâne. L’option de remonter plus haut ce matin était donc abandonnée illico. Nous redescendrons sans regret après le petit  déjeuner. Les Danois, eux sont remontés et avaient pour projet de retourner au sommet en reprenant le chemin inverse de la veille. La descente fut très agréable, dans la foret et le long d’un petit sentier balisé. Le sol était assez boueux et glissant par endroit, mais quel plaisir de redescendre. La température remontait et cela était encore plus agréable avec les rayons de soleil. Cette foret est majestueuse, les arbres immenses, quelques rhododendrons en fleurs, des rouges, mais aussi des blancs et accrochés a un tronc, une orchidée. En 4/5 heures nous sommes arrivés aux premières habitations et a un petit village, Ramman, ou nous passerons la nuit. La petite auberge est mignonnette et avant que les nuages ne recouvrent le soleil je m’offre un bain de soleil. Ensuite, je me suis effondré dans mon duvet et je me suis offert une bonne sieste. Au réveil, le temps s’était couvert, nous étions à nouveau dans les nuages.

Treck 05 – Ramman – Rimbick

 Cette dernière journée de trek aura amené du changement de décor avec une marche le long d’un sentier qui devient route qui longe des maisons et des plantations en terrasse. En bas une rivière alimentée par de très nombreux ruisseaux, qui forment parfois de petites cascades. De l’autre côté de la rivière, le Sikkim où je serais la semaine prochaine. Notre hébergement d’hier soir m’a mis en contact avec la dure réalité de la vie rurale de cette région. Je l’avais effleuré en montagne, mais il faisait tellement froid que nous étions tous plus ou moins emmitouflés, et mon attention était plus dirigée à mon propre confort. Ici, plus bas, je remarque un peu plus les pieds nus dans des chaussures ou des bottes trouées, des habits qui tiendraient debout tout seuls, des doigts et des visages salissent par la fumée du poêle de la cuisine, seul chauffage de la maison. La toilette est sommaire par ce climat, pour moi j’ai mes lingettes et des chaussettes propres, et cela ne dure que quelques jours, mais pour eux cela fait des mois, car le printemps commence à peine et la saison ‘chaude’ ne dure que quelques mois, car la mousson se prépare pour la fin mai. Les enfants de l’auberge sont mités, j’ai mal, j’essaye de communiquer, mais leur timidité est difficile à surmonter. La photo, une fois de plus, sauvera la mise et brisera les barrières, les sourires et la fierté d’être pris en photo et de se voir sur l’écran leur donne de l’assurance et leur bombe le torse, puis, sans prévenir alors que nous sommes tous recroquevillés autours du feu, le petit garçon se met a chanter, sa voix a perdu de sa timidité, c’est beau et je commence a le filmer. Ce matin, ce petit déjeuner aura été encore un moment fort pour moi et je l’écris pour ne pas l’oublier. Au final, cette randonnée en montagne, aux pieds des plus haut sommets du monde aura été… formidable. Nous sommes arrivés après un peu plus de 4 heures de marche a l’étape ultime, le petit bourg de Rimbick ou Lakhpa a passé son enfance. Je logerais dans l’auberge de son oncle en face d’un centre de formation de moines bouddhistes ou un monastère est en pleine construction. Je profite de cette halte pour, faire une lessive en espérant que tout sera sec au matin, me faire couper les cheveux et tailler moustache et barbe, faire réparer ma veste dont une couture soudée s’était dessoudée par grand froid, me prendre une douche chaude, et visiter le centre de formation bouddhiste. La, je rencontre le professeur de Dharma (voie divine, loi), son anglais est basique, mais son sourire est magnifique, ses yeux tout autant souriants. Demain matin a 7h, nous prendrons une jeep partagée en direction de Darjeeling qui est a un peu moins de 4 heures de route, j’y passerais encore deux jours. Si le temps le permet, je visiterais les 3 temples bouddhistes de la ville attenante de Gum, ainsi que le temple hindouiste de la ville et la pagode de la paix offerte par le Japon avant de me préparer pour mon séjour au Sikkim voisin qui commencera dimanche.
Je découvre ce soir après avoir écrit ce texte que l’endroit où je réside ce soir est également un centre d’hébergement pour des enfants de familles rurales pauvres qui sont sponsorisés par une association suisse qui prend en charge leur scolarité.

Darjeeling, dernier jour

 Ce dernier jour à Darjeeling a été marqué par le beau temps et le bouddhisme. Le ciel était plus ou moins dégagé, la température était donc très agréable et l’humidité moindre. La veille j’avais fait le tour du bazar, de la ville basse, réservée aux locaux, le temple hindou pour finir a un des plus hauts points de la ville, le temple bouddhiste japonais dédié a la paix. Ce dernier jour je suis parti a pied vers la ville de ghom a 7 km par une route qui passe par l’arrière de la montagne et qui est très peu fréquentée. Cette route m’a conduit à un premier temple bouddhiste puis à un second en cours de rénovation, car très ancienne et abimée par un tremblement de terre il y a quelques années, la salle basse était aux mains de peintres népalais, la structure et les sculptures étant finies. La salle haute était encore en l’état et avait une aura très particulière. La route m’a ensuite mené a la ville de ghom ou se trouve le plus ancien temple bouddhiste de la région. La statue majestueuse du bouddha est originale, mais elle est régulièrement repeinte. Pour finir, le monastère et centre de formation de lamas le plus importants de la région. Une fête avait dû se tenir les jours précédents et les jeunes lamas étaient de repos. Ici, la salle de prière était fermée à la visite. (Quelques vidéos des visites et des moulins/roues de prière sur mon compte YouTube) – pour finir la journée, j’ai continué à peaufiner mon itinéraire pour le Sikkim ou je pars dimanche matin par Jeep. Comme je souhaite voir le maximum, et pas me limiter à la capitale, je dois passer par de plus petites routes et donc moins de jeeps font le parcours. J’écris ceci à la station de jeep et je pense que je vais devoir attendre quelques heures avant que la jeep n’arrive et que suffisamment de personnes soient à bord pour que le départ puisse se faire. La capacité est de 12 personnes et il leur faut au moins 8 à 10 personnes pour démarrer, le plein se fera sur la route. Le trajet jusqu’a Pelling, ma première étape se fera en deux temps avec un changement de jeep a Joeethang, ville frontière. Le Sikkim ne se visite qu’avec un permis spécial, les contrôles sont donc de rigueur pour entrer et se mouvoir dans cet état, mon passeport ne sera jamais loin. Justement, on vient de m’annoncer que mon permis validé sur mon passeport n’est pas suffisant et que comme on est dimanche je vais devoir passer par le poste-frontière de Rangpo, ce petit détour va me couter au moins 4 heures….

Sikkim, une arrivée cahotique

 Il faut donc savoir que le permis délivré par l’ambassade sur mon passeport n’a aucune validité aux yeux des autorités policières aux frontières de l’état du Sikkim. Même le responsable des permis au point d’entrée de Rangpo était étonné et a essaye de faire valoir le permis de mon passeport avant de céder et de me fournir un permis en papier qui sera donc mon laissé passer. Cette petite négligence de ma part m’a couté un très grand détour d’a peu près 5 heures en plus de la fatigue. Les routes sont en lacets et sont pour la plupart défoncée et/ou en cours de réfection et dans ce cas c’est un parcours de cross sur des caillasses. Les jeeps sont remplies a raz bord et sont tout aussi défoncées. Pour les derniers 50km de mon détour, plus de jeeps communes de dispo, j’ai donc du prendre un taxi ce qui m’a couté 10 fois plus cher que la jeep, mais c’était beaucoup plus rapide et nettement plus confortable, il est probable que je prenne cette option pour certaines parties de mon parcours a venir ici. Ce détour aura aussi été l’occasion de voir une bonne partie du sud-ouest du Sikkim et de passer par deux villes que j’avais prévu de visiter, Rangpo et Ravlanga. Rangpo sera retiré de mon parcours et pour Ravlanga, je verrais en fonction des événements, car la seule chose d’intérêt de cette ville est une statue de bouddha de 41m. Sinon pour finir sur une très bonne et belle note, je me suis un peu beaucoup gâté ici, car je vais séjourner au Elgin Mount Pandin, un hôtel ‘héritage’, j’ai pu profiter d’un bain chaud a mon arrivé et je vais sans doute savourer un excellent diner avant de dormir dans un lit grand confort et la chambre a la vue sur les montagnes et sommets mythiques, mais il faudra que les nuages dégagent et ça, ce n’est pas gagné. Mais l’important c’est que le printemps est bien arrivé pour la flore et ça, c’est formidable. Ce matin la vue de ma chambre, les nuages ont laissé apparaitre les sommets du monde

Pelling, prière pour la paix

 Tous les 10 ans, le monastère de Pemangatse organise un séminaire de 10 jours pour prier pour la paix universelle. Cette prière se fait sous la forme de chants auxquels les 108 moines résidents participent, mais également des moines des monastères avoisinants invités pour l’occasion ainsi que le Lama Rinpoche, un haut dignitaire bouddhiste. Cette célébration a débuté hier matin, et pour l’occasion les nuages avaient cédé la place à un ciel dégagé. Les sommets de la chaine de montagnes du Kanchendzonga et des autres pics avoisinants ont également profité de ce bain de soleil et moi aussi dont la chambre bénéficie de la vue panoramique. À 6h45, j’étais au monastère, il est a 5 minutes a pied de l’hôtel, et j’ai donc assisté a l’entrée des moines dans le monastère pour la première journée de prière, j’y suis retourné ce mardi matin une heure plus tôt pour pouvoir entrer dans la salle principale avant les moines et ensuite assister a la première heure de chants. Les monastères bouddhistes ont donc une salle basse ou ont lieu les prières, les représentations des bouddhas se trouvent au fond, le moine qui dirige l’office assis sur un promontoire juste devant. De chaque côté, une représentation d’un autre personnage. Des ornements éphémères, sculptures colorées faites de beurre sont placés sur les côtés et seront ensuite jetés dans la nature a la fin de l’office.  Les moines s’installent face à l’allée centrale et se font face. Au premier étage se trouve une salle où on trouve 8 représentations d’incarnation du bouddha principal. Au deuxième étage se trouve une interprétation sculptée ou peinte du paradis. Les photos ne sont pas autorisées à l’intérieur des monastères, pour éviter les flashs sur des sculptures et fresques anciennes, ce monastère date de 1705. J’ai néanmoins pu filmer la représentation du paradis et je vais la mettre en ligne, j’ai également filmé a l’extérieur et je vais sans doute faire un petit montage. Sur une colline faisant face à ce monastère se trouve un autre tout aussi ancien. À cause des prières de Pemanyagtse, le deuxième monastère était quasiment vide lors ma visite. Ici surtout de très jeunes élèves qui se sont éclatés pour être photographiés et filmés.

Kecheopalri, le lac sacré

 La jeep collective qui est venue me chercher a mon hôtel n’était pas trop raccord avec le lieu ou les voitures climatisées avec chauffeurs étaient plutôt de mise, mais c’est la charmante femme du co gérant qui avait fait les arrangements tout comme pour me trouver une chambre dans une charmante  guesthouse située en grand amont du lac ou j’ai passé la nuit. La jeep est arrivée avec une bonne heure de retard, une bonne partie de la route était impraticable et les nombreux arrêts ‘à la super cool’ sur le chemin ont fait que je ne suis arrivé au petit hameau qu’a la tombée de la nuit. Un jeune garçon m’a accueilli sur le parking pour porter mon gros sac et me guider à travers la forêt et grimper sec pendant 20 minutes pour atteindre la guesthouse. Une maison en bois très mignon avec vue sur le lac en contrebas. Au lever du soleil je suis descendu pour en faire le tour et remonter du côté opposé pour une vue panoramique. Ce lac est très beau, calme et propre, personne n’a le droit de toucher l’eau, il est censé recueillir les voeux des personnes qui viennent y prier. Il aurait également une symbolique hindoue, car il ressemblerait à une empreinte de pied, vu d’une grotte en haut de la colline du chemin qui passe devant ma guesthouse. Il y’a aussi un couvent bouddhiste ou j’ai assisté à une partie des chants du matin, et également un monastère à proximité de ma guesthouse. L’endroit est coupé du monde, ultra paisible, je vais peut-être y passer une nuit de plus avant de me diriger sur Yuksom. Je vais lire, me promener dans les champs de cardamome ainsi que dans la forêt et visiter la grotte pour voir si le lac a vraiment la forme d’un pied.
Au final j’ai décidé de partir en début d’après midi. Le temps s’est couvert, mon linge est sec et la dame de la belle guesthouse était un peu trop arnaqueuse et ne me trouvait pas de solution sympathique ou,adéquate pour que je puisse quitter cet endroit demain. J’ai donc préférer donner l’argent a un taxi que mon hôtel de Yuksom m’a trouvé dans les 5 minutes.  Cet endroit est vraiment magique, mais le manque de transport et de serviabilité des locaux le rend un peu morne. C’est clair qu’ils ne voient défiler que des gens qui ne restent pas, et pour cause.

Yuksom, le village au fond de la vallée

Yuksom, ou je suis arrivé en taxi de Kecheopalri est une petite bourgade au fond de la vallée. D’ici part le trek du Goecha là. C’est aussi l’ancienne capitale du Sikkim, un vieux trône, enfin les ruines, se trouve ici. Au pied de ce site se trouve un lac sacré, plus petit que celui de Kecheopalri, mais où les montagnes se reflètent dans l’eau et c’est très beau. Au sommet de la colline, un monastère, celui de Dubbi, et une école de moines. Le monastère est le plus vieux du Sikkim construit en 1701. Deux bâtiments, le plus petit des deux dont les fresques murales sont dorées sur un fond noir. L’endroit est sympa, plus vivant que Kecheopalri. Pas grand-chose a faire à part se balader un peu, passer chez le barbier, rencontrer quelques voyageurs avant de reprendre la route demain.

Tashiding, le monastère enchanté

 Construit en 1717, ce complexe monastique perché sur la colline au-dessus de Tashiding est composé de trois salles de prières, dont une avec de grands moulins a prières placés derrière l’endroit ou les moines se posent, un bâtiment avec un énorme moulin à prières et un jardin remplis de ‘chorten’ qui sont des genres d’autels dans lequel sont placés des figures de bouddha. Le plus grand au centre est celui ou des yeux sont dessinés. Une énorme cloche est à l’entrée de ce jardin à chorten qui est entouré par un muret ou sont déposés des gravures de prières. C’est un endroit assez magique et magnifique, je suis arrivé en m’arrêtant un peu en aval du complexe dans une petite grotte ou un moine officiait seul, je me suis assis et j’ai passé un long moment assis avec lui dans cet espace exigu, mais confortable a prier/méditer/respirer/prendre mon temps…. L’arrivée au sommet a donc été très sereine, la première salle était fermée, mais j’ai pu la visiter seul en fin de parcours, la salle principale était en pleine cérémonie, la deuxième salle a été ouverte a mon arrivée. J’ai donc pu tout voir et prendre le temps pour admirer l’art bouddhiste. Redescendu en ville, une rue avec des boutiques, je me suis posé dans ma guesthouse très modeste. Je passerais la nuit ici avant de reprendre une jeep collective demain matin en direction de la capitale Gangtok qui se trouve a 3 ou 4 heures d’ici.

Gangtok, une capitale surprenante

Gangtok est la capitale du Sikkim, elle est située au milieu de l’état, et à partir d’un périmètre de  3 km à l’est et 10km au nord de la ville, la zone devient sujette à un permis spécial. Pour les Indiens la procédure est assez simple et permet de visiter la zone frontalière avec la chine et le Bhutan, le Nathula pass’ a une 40aine de km et visible depuis la ville. Pour les étrangers, cela devient compliqué, car les permis ne sont délivrés que pour deux personnes minimum, un guide est nécessaire en plus du chauffeur, et de surcroit le coût du véhicule est plus cher, car il n’est pas rempli à ras bord. Pour le lac Tsomgo, j’ai pu être mis en contact avec un couple, une taiwanaise hôtesse de l’air sur Thai Airways, et son ami un réfugié tibétain naturalisé indien. Par contre pour la zone de Yumthang, je n’ai pas trouvé de groupe qui voulait de moi, les deux que j’ai trouvés étaient déjà trois et ne voulaient pas être plus, j’avais également laissé mes coordonnées dans beaucoup d’agences, mais sans succès. Au final je suis allé dépenser ce budget dans les boutiques. C’est la fin du voyage, je peux remplir mon sac. La ville en elle même ressemble un peu à Darjeeling, car à flanc de colline, mais en moins dense, plus étalée et en plus propre avec plusieurs marchés et une zone piétonne bien achalandée en boutiques et restaurants. Les sikkimais sont moins extravertis que les autres indiens, c’est assez calme, mais ça manque un peu de folie hindoue. Le bouddhisme semble renfermer ou rendre plus timide les gens et donc le contact est moins facile et les sourires plus difficiles a provoquer. Cette ville a plusieurs monastères, un grand centre de formation pour les moines, un musée ‘institut de tibetologie’ ou j’ai pu comprendre un peu plus qui sont les personnages clefs et certains rites de cette religion. Il y’a également quelques temples hindous dont deux avec points de vue sur la ville et les montagnes,tout d’abord celui de Ganesh et au point le plus haut celui de Hanuman, il y’a également un point de vue sur le nord du Sikkim et les montagnes du Kanchendzonga. Au niveau de la vue, la saison ne se prête pas à une vue dégagée, car les températures de la baie du Bengale commencent à chauffer et les nuages sont fréquents, tout comme les orages. J’ai pu néanmoins avoir quelques moments d’éclaircis, mais c’est entre 5 et 7h du matin, ensuite soit la brume rends flou et de surcroit les sommets a près de 8000m attirent leur chapeau nuageux même par beau temps. Heureusement que je suis un lêve tôt. La ville de Rumtek de Rumtek sur le flanc opposé, fait face à Gangtok. C’est une ville Monastir avec un grand centre de formation de l’école  Kaguy, le ‘World Dharma Chakra centre’. Ce courant suit Sa Sainteté Gyalwa Karmapa, un moine du 16e siècle, qui portait un chapeau noir fabriqué à partir des cheveux de 10 000 fées qui lui ont fait don suite à une longue période de méditation. Le leader de cette école bouddhiste est sujet à controverse, car il y a deux prétendants au titre de Karmapa, et donc aujourd’hui aucun ne siège en son royaume. Le monastère est de construction traditionnelle tibétaine, un gopa en or avec des reliques est présenté dans une salle spéciale, aucune photo n’est autorisée, comme dans la plupart des monastères de la région, mais ici le site est sous haute protection militaire. J’ai essayé de comprendre un peu la différence entre cette école et celle du Dalaï-Lama qui suit le Guru Rinpoche Padmasambhava, un moine de 9en siècle  portant de longues moustaches et aux yeux grand ouverts. Il serait originaire du Pakistan, il formalisa les rites et textes bouddhistes et les diffusa au Tibet et au Bhutan. En faisant les recherches, je découvre que le nom Rinpoche est donné a beaucoup de moines, j’en déduis qu’il s’agit d’un statut, car si c’était une réincarnation il n’y en aurait qu’un. En fait ce n’est quand même pas clair du tout et j’ai demandé des explications a quelques moines sikimais, tibétain et bhoutanais, mais ils sont assez vagues dans leurs réponses et n’ont pas pu m’éclairer. Je n’ai pas vu de moines occidentaux ici, au contraire de dharamsala (ou je ne suis pas encore allé), ou je crois que beaucoup d’Occidentaux bouddhistes se rendent. Sans doute que le courant du Dalaï-Lama a mieux travaillé son anglais et donc le rayonnement de ce courant en dehors de cette zone hindo-tibétaine ou le népalais semble être la langue commune. Je serais resté près d’une semaine ici, tout d’abord a espéré visiter la zone nord, puis a attendre que le temps s’éclaircies pour que je puisse admirer la vue. Ce vendredi matin, le ciel était clair après un violent orage hier soir. Je quitte demain le Sikkim, je me rends a Kalimpong au Bengale-Occidental, mais encore dans les montagnes, ce sera ma dernière étape avant de prendre l’avion pour Delhi mardi puis paris mercredi. Les élections se tiennent samedi, la sortie du Sikkim sera houleuse, déjà tous les bus sont annulés ces trois prochains jours, je me suis rendu a la station de jeep et la ils ne savent pas me dire clairement ce qui circulera demain, mais un bonhomme m’a assuré que cela sera OK, je pense que je vais essayer de trouver un taxi privé ce sera plus sur, plus confortable et ce sera porte à porte.

 

Kalimpong, un jardin féerique

Je voulais du calme et du repos avant le voyage du retour et c’est exactement ce que j’ai trouvé a Kalimpong. La ville en elle même n’a rien de particulier, c’est une ville à flanc de montagne de taille moyenne. Des monastères, un immense complexe de l’armée, un terrain de golf avec vue sur la vallée, un grand choix de boutiques d’objets bouddhistes et de tissus. Mais, le principal pour moi ici est le lieu que j’ai trouvé pour séjourner, sans cela.ce ne serait pas.pareil. Il s’agit d’un immense jardin tropical des montagnes avec fleurs, arbres, palmiers, bananiers et orchidées. Le tout à flanc de montagne. Au bas, une forêt qui donne sur un jardin de fleurs en terrasses. Le logement est en bungalow au milieu du jardin, en contrebas de la maison immense des propriétaires du lieu, ‘Orchid Retreat’. Le calme, le bruit des oiseaux, la vue sur le jardin et la nature, un vrai petit paradis, juste idéaux pour me reposer et me poser avant de reprendre les avions du retour. Mardi direction Delhi ou je passerais la nuit dans un hôtel haut de gamme proche de l’aéroport (je veux un lieu propre, climatisé, une douche chaude, une piscine et un hammam pour arriver frais et dispo pour mon vol retour) avant d’embarquer mercredi pour Paris. En attendant, je me repose, je finis un livre, je marche et je mange, le tout dans un cadre idyllique. Le temps est beau, il faut chaud, mais pas trop, je me gâte et j’aime ça.

 

La note de fin

Une fois de plus je me suis offert un vrai dépaysement avec des ingrédients divers et variés. À vrai dire je dois me creuser un peu la tête pour me souvenir de tout, mais j’ai une mémoire visuelle pas trop mauvaise et les photos et le blog me permettent de me souvenir des pensées et de quelques détails. Ce petit kaléidoscope que je me suis fait, il a été possible grâce aux photos que j’ai maintenant effacé de mon iPad, un petit rituel que je fais pour d’une part faire de la place pour y placer des films que je regarderais lors de mon vol retour, mais également pour faciliter la synchronisation de mes divers appareils, car en ce qui concerne les photos je les récupère directement depuis les cartes mémoires originales. En effaçant j’ai donc pu revoir et revivre toutes ces rencontres, ces endroits, ces moments souvent seuls ou en bonne compagnie. Cette année, aucune déprime, très peu de lassitude, une belle richesse d’activités physiques et culturelles, un peu de travaux et de shopping, et en fait peu de farniente, beaucoup de réflexion et d’avancées. J’ai maintenant hâte de rentrer pour déballer mon sac et les colis que je me suis envoyés, mais aussi pour visionner les photos sur grand écran et essayer de faire une sélection, car je pense vraiment avoir de très beaux clichés. J’aime vraiment la photo et je vais continuer a y investir du temps et de l’argent, si quelqu’un souhaite utiliser, exposer, investir dans cette activité, je suis ouvert à propositions, et si des personnes souhaitent m’utiliser comme photographe je suis également preneur. Je vais bien sûr remettre en route mes activités parisiennes et continuer à bouger mes limites pour m’ouvrir et m’épanouir, car c’est cela qui me fait avancer et me rend heureux. Il ne me faudra sans doute pas beaucoup de temps pour commencer a préparer mon prochain voyage, car j’y pense déjà. Beaucoup d’endroits m’attirent, la région d’Assam, le Gujarat, le Népal, le Sri Lanka, et pourquoi pas continuer vers l’est et le reste de l’Asie. Calcutta ne quitte pas mon esprit et je veux y retourner et si possible y faire des choses concrètes. Les contraintes de saison, de climat, de temps et de budget m’aideront a cadrer mon programme, heureusement que l’Inde reste une destination tout à fait abordable, même quand on se gâte de temps en temps, la moyenne des dépenses quotidiennes ne dépassent pas les 15/20 euros, les autres pays d’Asie sont au-delà. Voilà, c’est fini et cela se termine vraiment bien, demain Delhi pour une fin d’après-midi et une nuit, puis vol retour sur Paris à la mi-journée, pour arriver en début de soirée, frais et dispo, mais en plein jetlag dans mon petit chez moi, tout propre et rangé. Je vais prendre quelques jours pour arriver et reprendre mes marques, je reprendrais mon activité de massages le mardi 22 et les cours de yoga sans doute le lundi 21, si mon groupe du lundi est prêt pour la reprise. À bientôt et merci.

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