2012-12 2013-01/02 De Varanasi à Varkala en passant par le Madhya Pradesh

Préparatifs, l’itinéraire

Cette partie du voyage est pour moi une part importante de l’aventure. C’est le moment pour me renseigner, lire, me documenter sur les lieux que je souhaite visiter. Le temps que j’y passe me permet de passer la période de l’été dans un voyage virtuel qui se déroule entre internet, plans et horaires de train. Je construis mon plan, je choisis mon itinéraire et les lieux ou je passerai mes nuits. Cette préparation, en plus d’être une bonne occupation, me permettra de profiter pleinement sur place des lieux et des rencontres, un fil d’Ariane qui, pour certains, retire l’aspect ‘imprévu’ du voyage, mais qui, pour moi, me donne toutes les possibilités de vivre les imprévus en toute sérénité.

Une lecture prémonitoire

Dans le TGV qui me ramène à Paris ce samedi du mois d’octobre, je lis avec enthousiasme un roman d’un auteur indien qui me transporte de Bénarès à Haridwar avec une escapade par Pondichéry et Mahabalipuram… Pour finir au pied de l’Himalaya à Dharamsala. Plus qu’un peu plus de 6 semaines et j’y serais moi même à Bénarès et je vibrerais en contemplant le Gange et l’activité incessante des centaines de Ghats qui ont chacune leur histoire et particularité. J’ai hâte de commencer mon neuvième voyage en Inde qui me mènera du Taj Mahal aux plages de Varkala, qui fera suite à la découverte des paysages et sites de l’état ‘Far West’ du Madhya Pradesh. Et bien sûr de mon étape sur les rives du Gange de Bénarès ou j’ai tant d’émotions à déposer et d’énergie à recueillir.

Finir la saison

Une fois de plus, l’approche du départ me met dans tous mes états et surtout celui de la fatigue et donc dune baisse de tonus et de mes résistances. Je me retrouve donc un peu affaibli et je dois annuler des RV pour 

arriver à gérer cela au mieux, car j’ai beaucoup à faire pour partir en laissant tout propre et en ordre. D’ici quelques jours je vais me mettre a faire mon sac, le départ approche, mes émotions montent ….

La valise

L’objectif est de rester sous les 15kg. Quand on part pour une durée un peu longue on peut toujours considérer des achats sur place pour compléter sa garde-robe,mais il y a des ‘essentiels’ qui prennent du poids et de la place, mais j’essaye d’améliorer les choses d’une année à l’autre.

Les incontournables pour l’Inde quand on ne passe pas toutes ses nuits en hébergement 5 étoiles, sont, un drap de grande taille pour couvrir la surface du lit, un oreiller, un paréo qui sera ‘multi-usages’, à la fois taie d’oreiller, serviette de douche et drap de plage, un sac a viande et une moustiquaire d’une taille très grande pour pouvoir avoir de la place pour lire, écrire, dormir dessous, sans être collé aux bords et donc se faire piquer au travers. Pour les draps, la légèreté est importante pour le poids, mais aussi pour la rapidité de séchage, cette règle s’applique également aux vêtements. Les chaussures doivent choisies pour leur polyvalence et légèreté souvent , j’ai donc en plus de mes chaussons ultras légers de la marque Puma, pris une paire de chaussons en matière plastique qui sont faits pour les randonnées en rivières qui me serviront pour la plage et la douche de certains des bouis-bouis ou je vais rester et aussi sans doute en ville, car elles son pas trop moches et au contraire de tongs, tiennent la cheville et sont antidérapantes.

Ensuite la gestion des différences de climat… Eh oui, les régions ou je serais en Inde ont un hiver doux,voir, chaud. L’option que j’ai prise, est, de voyager avec des vêtements très légers, mais avec une sous-couche thermolactyl pour être confortable au départ et au retour a paris et également lors des nuits en environnement hyper climatisé que sont les wagons AC2 et AC3 des trains indiens ou je vais passer 4 nuits. Ils sont légers, sèchent vite et ont un côté ‘boule à facettes’ pour mes folles nuits de pleine lune.

Le sac a toute son importance, car il se doit d’être pratique et léger. J’ai donc fait l’acquisition l’année dernière d’un sac à dos dont les attaches peuvent être rangées sous une housse, qui est poids plume, et qui s’ouvre sur toute sa longueur comme un sac de voyage. Des attaches rapides permettent de fermer les multiples ‘zip’, car j’avais, sur un autre sac, utilisé des petits cadenas, mais les douaniers n’ont pas aimé, et ont sectionné les tirettes métalliques, plus faciles a couper à la pince que les cadenas, j’ai donc du apposer des ficelles pour ouvrir ce sac. L’option attache rapide devrait permettre d’éviter cela tout en sécurisant les ouvertures.

Il a aussi son petit a dos ‘kangourou’ pour lequel j’ai fabriqué un insert molletonné pour y porter mon matériel photo qui commence a peser son poids avec mon objectif ‘macro’ et mon petit tout rikiki nouveau jouet GoPro Hero3 et ses accessoires divers (harnais, attaches…) – http://www.gopro.com

Je dois aussi ne pas oublier ma lumière frontale, et les lumières pour le vélo, car je vais sans doute récupérer le vélo de l’année dernière ou en acheter un pour mes déplacements à Varkala. Des punaises et des pinces crocodiles sont aussi très pratique tout comme des mousquetons en aluminium et de la ficelle. J’ai aussi des mini Tour Eiffel que j’apporte en cadeau et la trousse de médicaments, car même si on peut se procurer pas mal de choses sur place, mon expérience de l’année passée m’a poussé à augmenter un peu cette partie de mes bagages sur la base de ce qui m’a manqué l’année passée.

Je ne prends que deux livres, car cela pèse lourd et on peut en trouver facilement sur place. Mon tapis de yoga ‘anti dérapant’ pour lequel j’ai, sans surprise, fabriqué une belle housse sera également du voyage, car même si cela pèse un peu, il sera sans doute pratique si je dois attendre dans des gares et seul le sol est disponible pour se poser, en plus de m’inciter a faire du yoga régulièrement. Reste plus que quelques t-shirts, shorts et maillot de bain, des sous-vêtements et sans oublier une chemise pour avoir au moins une tenue présentable, car je vais passer 4/5 nuits en hôtel 5 étoiles et je ne veux pas me faire jeter du restaurant et devoir me cacher dans ma chambre et ne manger qu’en ‘room service’

Embarquement immédiat

Me voici a l’aéroport, enfin cela fait déjà plus de deux heures ! Eh oui, j’étais prêt, j’étais excité, et je voulais ma place en ’emergency exit’ – c’est chose faite. D’ici une petite heure, ce sera l’embarquement pour une nuit de pleine lune en direction de la lune avec un cap est-sud-est. La nuit sera courte, le vol ne dure qu’un peu plus de 7 heures. Demain il y aura 2h30 de train pour aller à Agra ou j’espère voir le Taj Mahal, car celui-ci étant fermé le vendredi (j’ai découvert cela hier soir), je dois arriver avant qu’il ne ferme jeudi soir…. Ça dépendra donc du train et de son retard éventuel, et ça je ne peux pas l’influencer ou le savoir a l’avance… La suite au prochain numéro.

Welcome to India

Arrivé a Delhi, je regarde ma montre et j’ai 4 heures avant mon train pour Agra, je me renseigne donc pour m’y rendre en taxi, au départ les prix sont exorbitants, mais au bout de 10 minutes on me propose partager un taxi, j’accepte. Le hasard ait que l’autre personne est un médecin ayurvedique qui se rend dans une petite ville a 80 km au nord-est d’Agra. Nous voilà partis. Tout est cool sauf quand nous commençons a quitter la voie express et que les routes deviennent une cohue et que le chauffeur a du mal a trouver son chemin. Nous déposons le docteur à sa clinique et prenons la direction d’Agra, mais maintenant la route est non seulement bondée, mais son état est lunaire avec de véritables cratères, d’ailleurs les travaux de réfection sont en cours, nous roulons sur les gravats une bonne partie du chemin, les 80 derniers kilomètres seront faits en plus de 4 heures.Jj’arrive donc à Agra avec le soleil couchant et une visibilité très très réduite, et oui cette ville est une des plus polluées au monde, ça se voit, ça se sent, ça pique les yeux…. Pas de visite du Taj Mahal ni ce soir ni demain, car le vendredi est réservé a la prière, le patron de la guesthouse qui est par ailleurs très sympa et bien située et très propre, me propose de me faire passer pour un musulman et daller y prier demain, je refuse de me prêter a ce jeu. Malgré tout je pense avoir une journée bine remplie de visites d’autres sites de la ville ainsi que Fatehpur Sikri a 40km de la ville et sans doute quelques points de vue sur le Taj Mahal que j’ai entre aperçus et qui a l’air d’un mirage au travers du smog.

Une journée à Agra

Au petit matin, c’est bien plus calme et l’air est plus respirable, mais ce n’est guère plus beau. Mon chauffeur du jour m’attend à 7hrs et après mon petit déjeuner il m’emmène sur un parcours complet qui commence avec l’ancienne capitale moghole ‘Fatehpur Sikri’ qui se situe à 40km d’Agra. À cette heure matinale, la route est déserte et arrivée sur le site, seul un, car de touriste est arrivé avant, ce qui rend la visite de l’ancien palais et sa mosquée attenante un délice. Ce site est certes beau, mais, il y a d’autres sites en Inde qui le sont bien plus, je dirais la même chose du fort rouge que je visite en fin de parcours et même avec le Taj Mahal que je vois de divers angles, et le ‘baby’ Taj qui est également une très belle réalisation, Agra ne me laissera pas sans voix. C’est sans nul doute que je ne suis pas très attiré par les mausolées, cela avait été pareil avec la vallée des rois à Louxor. Mais… Il faut avouer que le bâtiment est superbe, grandiose, léger et d’un équilibre parfait qui marque l’esprit sous la forme d’un sublime mirage ou d’un nuage de beauté; il est après tout, l’écrin d’un amour éternel.

En route pour Bénarès

Le train qui m’emmène cette nuit vers Bénarès / Varanasi, a quitté la gare du fort d’Agra avec 45 minutes de retard et continue d’accumuler les retards, ce qui n’est sans doute pas une mauvaise chose, car l’arrivée initiale était à 5h, une arrivée après 7h serait plus pratique et me permettra de dormir un peu. En effet je commence a me caler dans l’heure indienne, mais j’ai quand même un bon coup de barre en fin d’après-midi, je fais donc un petit somme et suis bien éveillé pour les 12 coups de minuit… Je me suis bien aménagé ma couchette, et au brouhaha succède maintenant de doux ronflements, et je passe de l’écriture à la lecture en espérant a mon tour trouver le sommeil et arriver en toute fraicheur à Varanasi en ce samedi 1er décembre.

Varanasi – Definition

Varanasi est un fabuleux paradoxe. La douceur et le calme du Gange, le bruit et le vacarme des ‘grandes’ rues de la ville, l’étroitesse du labyrinthe des ruelles de la vielle ville attenant le Gange sur plus de trois kilomètres. Les vaches ont chacune leur territoire, les chiens errent et se reproduisent à tout va, les chèvres broutent tout, les poules et les coqs domestiques s’occupent des pelures diverses; les quelques familles de singes, toujours a l’affut, les rongeurs de toutes sortes qui rasent les murs, et pour rythmer le tout, les processions mortuaires incessantes ou seules les hommes portent, accompagnent et acclament les défunts couverts de draps colorés et de fleurs, ils sont attachés a un brancard de bois pour ainsi éviter la chute. Ces processions avancent au pas course et en rythme dans les ruelles jusqu’au bûcher, ou, l’incinérateur, ceci, étant une question de budget, car le bois coute très cher, mais, son odeur agréable, agrémente le dernier rituel de l’hindou.

Le Gange, le Gange, le Gange, cette ville respire le fleuve et le sacré, c’est une des villes de Shiva, le Gange coule dans ses cheveux et tant de temples a sa gloire sont ici construits, certains majestueux, d’autres plus petits, les lingams sont partout tout comme les tridents qui matérialisent les trois fonctions de la trinité : création, préservation et destruction. Shiva est le dieu des champs de bataille et des champs de crémation. Tous les locaux et les touristes spirituels se baignent dans le fleuve sacré pour se laver, se purifier, se protéger et s’amuser. Le linge de toute la ville y est lavé plus blanc que blanc, tous comme les buffles, plus noirs que noir. Toutes les couleurs et les odeurs, le vivant et le mort s’y rencontrent, humains et animaux, et tout cela décoré par des milliers de fleurs qui terminent également leur parcours flottant dans le fleuve sacré. Des bougies flottent sur des nénuphars faits d’une feuille, et l’illuminent jour et nuit. Cette offrande est courante dans le rite hindou et le touriste est également friand de cette pratique fort romantique vendue entre 10 et 100 roupies en fonction de la couleur de la peau ou de la connaissance du prix. Varanasi est le summum quand il s’agit de Ghats, ces marches qui mènent au lac, réservoir, piscine ou fleuve où se déroule l’ablution. Il y’en a sans doute près d’une centaine, ils portent tout un nom et ont chacun leurs communauté, temples et particularité ou fonction. C’est pour moi un délice de m’y promener et de me poser sur le balcon où donne ma chambre qui a des tables et des chaises, sans oublier une vue directe sur le lever du soleil, et/ou le restaurant du toit-terrasse me livre mes commandes. J’entame ma troisième journée ici, je commence à me poser en Inde, a trouver mon rythme et mon alimentation, et je découvre des véritables merveilles, fraichement préparées, à déguster aux coins des rues. J’ai également commencé mes cours de tabla, c’est beaucoup plus difficile et plus technique que je ne croyais, car ce ne sont que des tambours, mais non, il y’a des positions de doigts, des notes et des accords. La musique est ici partout présente, des sons qui sortent de partout, enfants, téléphones portables, dévots, klaxon, moteurs de bateaux, générateurs, clochettes; les sons que je produis sur mon tabla se noient dans ce joyeux tintamarre, je participe ainsi au brouhaha mélodieux du quotidien de Varanasi

Le temple d’or

Hier soir, après le masala dosa, nous avons décidé avec ma voisine de balcon allemande de nous rendre au temple d’or, un des hauts lieux de l’hindouisme, car reposoir d’un des 12 lingams sacrés repartis dans le pays. Ce temple, dont le toit est en or est un lieu de haute sécurité, il a un mur d’enceinte avec barbelés et miradors et des policiers partout, de nombreux contrôles et fouilles et un strict respect de la tradition hindoue. Ouvert à tous, il peut être interdit aux non hindous, c’est au bon vouloir des autorités. Nous sommes donc repassés à la guesthouse, poser nos chaussures et vider nos poches, car tout sauf l’argent est interdit. Nous avons passé tous les postes de contrôles, mais au dernier, le passeport était requis pour être porté au registre des visiteurs non hindous, nous ne l’avions pas. Heureusement la guesthouse n’étant qu’à deux minutes a pied, nous avons pu revenir illico avec nos papiers pour être enregistrés et entrer dans le temple. Le temple est assez petit et heureusement ce soir-là, il n’y avait pas trop de monde. La queue pour accéder à la pièce centrale était très courte et en 2 minutes nous étions dans le coeur. C’est une petite pièce dont les murs en marbre sont de très beaux hauts reliefs de déités. Dans un coin, posé au sol, le lingam. Nous avons pu le toucher, verser nos offrandes de fleurs ainsi que du lait, avant de se faire pousser par les policiers qui font en sorte de dramatiser la visite en brusquant les dévots. Pris par l’engouement, nous avons souhaité continuer notre parcours religieux en nous rendant à un des deux seuls temples de Vishnu de Varanasi qui n’était pas loin, car on nous avait dit un peu plus tôt qu’il se trouvait près du temple érotique népalais. Nous voilà partis dans les ruelles… On demande des directions aux commerçants, on nous dit ‘juste la à droite’… mais il n’y a rien ! On rebrousse chemin et on demande confirmation, l’homme décide de nous accompagner et s’engouffre à droite dans le noir le plus complet en nous disant ‘attention aux marches, ce n’est pas éclairé’, des enfants arrivent en courant derrière nous avec une lampe torche, nous sommes dans un tunnel. Au bout de quelques mètres nous tournons a nouveau à droite et nous voici en haut dune autre série de marches que nous reconnaissons et qui mènent directement au Gange juste à côté de la guesthouse, mais aucun signe d’un temple. Notre accompagnateur nous indique que le temple est en fait au raz du Gange, mais qu’il est fermé à cette heure. Ce matin, je me suis donc dirigé vers cet endroit et en effet après quelques tâtonnements et des demandes aux quelques hommes se lavant dans le Gange de ce tout petit coin, ils me montrent une porte dans le mur donnant directement sur l’eau. Le temple se retrouve donc sous l’eau une partie de l’année, pendant la mousson. Je rentre et me retrouve dans un petit couloir qui mène à une minuscule et somptueuse pièce avec terrasse en marbre qui est l’antichambre de la petite pièce ou un très beau Vishnu allongé est posé, il est très petit, mais somptueux, il est en argent massif. Dans l’antichambre seules trois personnes assises en tailleur méditent face au Gange. Je me joint a eux pour une bonne dizaine de minutes avant de me retirer et retourner à ma journée, je reviendrais demain pour voir le soleil se lever. Je dois ajouter que la veille j’avais acheté des guirlandes de Tulsi, basilic tropical aux multiples vertus, et offrande utilisée pour Vishnu. En arrivant devant le temple, les personnes me demandent ce que j’apporte, je porte la guirlande a mon nez et avec un grand sourire leur dit ‘Tulsi’, ils me regardent horrifiés et me disent que comme je viens de sentir la guirlande elle n’est plus bonne pour Vishnu. Je la jette donc dans le Gange, ils acclament le geste, je suis heureux à nouveau.

Vers 15h30 en revenant de ma balade du jour, le Ghat central est bondé de militaires, le jet est en train d’être passé pour nettoyer, en continuant, je remarque que toutes les déités de tous les temples sont habillées et sont en beauté, certains temples ont plus de fleurs que les autres jours, même des guirlandes. Je me renseigne, en pensant que c’est une fête, mais en fait ce jour est l’anniversaire de la démolition dune mosquée a Ahodhya par des hindous qui a été le début de heurts violents entre hindous et musulmans, la sécurité est donc au maximum, je suis content d’être allé au temple hier soir, aujourd’hui ce n’aurait peut être pas été possible.

Vishnu de pierre et pas d’argent

Je suis retourné au temple de Vishnu à fleur de Gange ce matin pour profiter de ce bel endroit avec les rayons du premier soleil. La cérémonie du matin se préparait, les statues étaient recouvertes de fleurs fraiches, les chants ont débuté puis les lumières des bougies ont servi à illuminer les statues pour les accueillir dans cette nouvelle journée. J’ai pu a nouveau admirer et toucher la statue de Vishnu et en fait elle est en pierre, même si l’image qui reste en moi est celle de la réflexion pure de l’argent. Nous n’étions que 5 ce matin dans ce temple très spécial, pour un moment sans doute inoubliable.

Les spécialités culinaires des rues de Varanasi / Varanasi street foods

Varanasi est une véritable fourmilière et pour nourrir travailleurs, touristes et dévots, bon nombre de restaurants et vendeurs de rues pullulent. Aussi, pour les gouts occidentaux, de nombreux ‘café’ et ‘louange’ sont reparti tout le long du Gange et dans les rues attenantes. Bien évidemment, les prix de ce type d’endroits sont 10 fois plus chers que les bouis-bouis, mais garantissent la propreté et aussi un cadre reposant, confortable et parfois très beau. Le WiFi gratuit est aussi très commun dans ces établissements, justifiant ainsi du prix. Au niveau des vendeurs de rue et bouis-bouis, difficile de faire un choix et il faut donc bien observer le nombre et le type de locaux qui s’y restaurent, essayer de juger de la propreté et de la fraicheur des ingrédients, ce qui est une chose assez simple, car tout se fait à découvert. Il faut ensuite ne pas hésiter à demander aux locaux quelles sont les spécialités et les meilleures adresses, le plus dur est de comprendre les directions, car les adresses ici sont basées sur des notions de proximité de lieu, boutique, temples et couleur de mur. J’ai pu trouver et essayer ici trois de ces lieux non inscrits dans les guides et que seuls quelques touristes trouvent et osent s’y restaurer. Ces endroits sont donc aussi des bons endroits pour lier connaissance avec eux sans oublier les locaux qui sont très heureux que nous goutions a leurs spécialités. Le premier que j’ai vu et que j’ai gouté en dernier est le stand de ‘Malayo’, une spécialité qui a besoin du frais de la nuit pour être réussie. Il n’est donc disponible que pendant une très courte période de l’année. Seuls quelques stands le proposent, mais nulle ne peut le manquer quand ils les croisent. De couleur jaune vif, la grosse timbale est remplie à craquer et alimente les petits pots individuels qui sont vendus 5 roupies (1 euro – 65/70 roupies). Cela ressemble à de la glace, mais c’est de la crème fouettée à outrance pour prendre la consistance de l’ile flottante. Cette crème est parfumée au safran et laissée a reposer la nuit sur le toit, au frais, avant d’être battue le lendemain pour devenir malayo. Un véritable délice. Mon prof de tabla m’avait conseillé de gouter a une autre délicatesse sucrée appelé thadaï ou thadaïn et dont le maitre se trouvait caché dans une petite échoppe peinte toute en orange vif (la couleur de la force, de la spiritualité et de Hanuman) a deux pas du cinéma. J’ai trouvé le magasin de ‘baba thadain’ en me rendant au petit marché aux fleurs local, et adoré cette boisson au lait frais aromatisé à la rose et sucre de canne ainsi que de pistaches et noix de cajou, une option ‘bang’ à la pâte de feuilles de ganja donne à la boisson une coloration verte, alors que nature elle est jaunâtre. Je n’ai essayé que la version nature à 30 roupies et ‘bang’ a été l’explosion de gout et de douceur dans ma bouche. Pour finir, les spécialités du sud, à base de produits en farine de dal (lentilles) sous diverses formes beignets fris, beignets cuits a la vapeur appelés idli, servies avec des sauces a la noix de coco, a la tomate et un bouillon de légumes épicés appelé sambar. Dans une des petites artères près du temple d’or, deux stands se font face, l’un avec les beignets, et l’autre proposant des dosa, qui sont des galettes très fines (semblables a nos crêpes) sur lesquels sont cuits des oignons, tomates et une pâte de légumes et pommes de terre, ainsi que de petits pois et un peu de paneer (fromage de buffle). Ces deux échoppes sont la même maison et sont souvent bondes de locaux, la fraicheur est donc garantie et je n’ai cesse d’y retourner pour me rassasier. J’y ai également gouté un dessert des plus étonnants, un beignet cuit vapeur trempé dans du curd (yahourt) parfumée à la poudre de piment rouge, au poivre noir et pour finir de la coriandre fraiche, une surprise en bouche, mais un délice.

Videos

J’ai mis des vidéos courtes, de ballades et d’expériences diverses à Varanasi

Monkeys – http://www.youtube.com/watch?v=pgdiMWPo4XI
Dive 01 – http://www.youtube.com/watch?v=_Q_VPPwqfLM
Ghats 01 – Burning – http://www.youtube.com/watch?v=IXcrCdEx2Ok
Ghats 02 – http://www.youtube.com/watch?v=Z-_YaOJsnNY
Ghats 03 – boys – http://www.youtube.com/watch?v=4SXslOyCRGE
Ghats 05 – guru – http://youtube.com/watch?v=4go5hk3T4Hw
Streets 01 – to chai man – http://www.youtube.com/watch?v=nC3gEND843A
Streets 02 – Malayo – http://www.youtube.com/watch?v=xlV2-SlbM5Q
Streets 03 – my tailor is fish – http://www.youtube.com/watch?v=UHlekAO5oeM
Streets 04 – Fat budha is not budha – http://www.youtube.com/watch?v=dPTP2DARy6Q
Streets 05 – shop – http://www.youtube.com/watch?v=AYsn6pPP4TY
Streets 06 – back to the guesthouse – http://www.youtube.com/watch?v=Lt6P3QD5pgw

Les gens de Varanasi

Il y a de tout à Varanasi, les contrastes sont détonants, les locaux que l’on peut rencontrer en se promenant sont souvent liés au tourisme d’une façon ou d’une autre, des guides, bateliers, vendeurs en tout genre, rabatteurs, mendiant et pseudo gurus, il faut juste éviter de se faire embarquer par des petits escrocs. L’habit ne fait pas le moine et même les enfants qui ne sont pas habillés de loques, mais en tenue d’écoliers proprets demandent les 10 roupies. Il suffit de se rapprocher des personnes qui se baignent dans le Gange pour faire des rencontres plus agréables et intéressantes. Un autre lieu où les rencontres sont d’un niveau plus élevé est sur le campus universitaire de BHU qui est immense et sans doute un des plus grands en Inde. Je me suis même fait offrir le thé et le voyage de retour en rickshaw offert par des étudiants lors de ma visite. Les autres rencontres sympathiques et sans la demande de backshish coutumière a été avec le vendeur de chai, le propriétaire d’un magasin de peinture qui préparait son voyage en Europe, un employé de banque qui se lavait et bien sûr les milliers de sourires échangés lors de mes nombreuses balades pu j’ai arpenter le Gange en long et en large. Le chowk, quartier musulman où les boutiques vendent en gros et ont des prix dix fois inférieurs aux quartiers plus touristiques. Même les mendiants professionnels ou par opportunité ne sont pas désagréables et échanges un sourire et un namaste généreux sans qu’un pièce ou un billet ne soit échangé. Il est évident qu’avec une telle population ‘de passage’ le local est habitué aux touristes et de ce fait est un peu plus hermétique que dans des villes moins visitées. Aussi avec une population de près de 6 millions d’âmes et beaucoup de personnes sans occupation ou travail, errants ou méditant dans les rues ou le long du Gange, cela apporte cette dimension un peu dure à la ville aux mille temples.

Khajuraho – le meilleur de la sculpture

Waouuuu, j’ai passé ma matinée a admirer la finesse, la douceur, la sensualité sans oublier l’érotisme des sculptures qui ornent les temples du secteur est de la ville de Khajuraho. Puis j’ai passé l’après-midi a me faire masser, me reposer et lire. Mon hôtel est situé très près du site, cette zone est celle du marché pour les touristes, et les locaux, surtout les plus jeunes, sont un tantinet agaçants proche du harcèlement. Ce dimanche je vais louer un vélo pour visiter les autres temples qui se situent de façon éparpillée à l’ouest du village. Je vous laisse admirer une sélection des photos que j’ai pu prendre samedi.

Khajuraho / les temples jain

Comme vous ne le savez peut être pas, l’Inde a donné naissance a plusieurs religions dont le jaïnisme qui suit des règles de vie très strictes bases autour de la non-violence totale qui implique le régime alimentaire, l’habillement et pour certains prêtres et nones le port d’un masque, le balayage devant son pas et la prise de repas a la lumière pour éviter d’avaler, écraser ou manger des insectes. Ils ne cueillent pas non plus de fleurs des arbres, ne portent ni souliers ou ceintures ou portefeuille en cuir. À l’approche de la fin de vie, ils se laisseront mourir de faim. Ils essaient en tous les cas d’avoir une conduite de vie excellente et suivent le personnage de Mahavira (grand héro) qui est un homme noble ayant vécu aux alentours du 6em siècle avant JC. Comme le bouddha, il serait d’origine noble et a prêché une alternative a l’hindouisme proposant un système ou les castes et la place des femmes était plus juste que dans la religion hindouiste. Au contraire du bouddhisme qui a presque disparu en Inde, car absorbé dans l’hindouisme (bouddha étant devenu un avatar de Vishnu), le jaïnisme a intégré les personnages de l’hindouisme dans ses écrits et ainsi pu se développer au côté de l’hindouisme. C’est une religion minoritaire, mais quand même très présente et les temples sont souvent d’une extrême beauté et d’un raffinement égal ou plus impressionnant que les temples hindous. C’est le cas ici à Khajuraho qui compte des temples jaïns. Les décorations extérieures sont similaires a celles des temples hindouistes de Khajuraho, sauf que le personnage principal est Mahavira ou un des autres 23 Thirtankaras qui l’aurait précédé. En voici les images.

Un paysage normand en Inde

En quittant Khajuraho ce matin, le train traverse un paysage très vert, vallonné et rempli d’arbres et de champs cultivés, l’eau sous la forme de lac et de rivière est partout et cela se voit dans la végétation abondante. Cela pourrait ressembler à la Normandie ou a l’Angleterre, surtout que je suis dans un wagon fortement climatisé avec des vitres teintées qui assombrissent la luminosité du soleil. Aussi, quand je mentionne cela a mes voisins qui sont du Penjab, ils me disent, oui c’est plein d’arbres, des manguiers. Et oui je suis bien en Inde, mais ce paysage est fort agréable et reposant et devrait être ainsi pendant les 4 heures qui me mèneront à Jhansi, la gare la plus proche de ma prochaine destination Orchha.

Orchaa cha cha cha

Me voici à Orchaa petite vile qui était en fait la capitale d’un empire mogol ou un Raja (roi) y avait un palais, des temples et d’autres bâtiments impressionnants. C’était au 16e siècle, et les restes ne sont pas des ruines du tout. Dans certains bâtiments, les peintures du plafond sont encore bien visibles. L’architecture est assez singulière avec des arabesques et moucharabiehs orientaux, des couloirs, des cours, des enchevêtrements pour donner un ensemble très équilibré. Le tout est encerclé de deux rivières. La nature ici, est en cette saison très abondante, et une réserve naturelle se trouve d’un côté de la rivière Betwa, elle se parcourt à pied ou à vélo, c’est rustique et j’ai fait une petite balade sans y voir quoi que ce soit. Au bord de la rivière, des familles de macaques grignotent des fruits et des baies. J’ai trouvé ici une petite association locale qui aide des villageois a développer leur infrastructure de vie, en installant des sanitaires secs et une salle de bain même si celle-ci ne leur sert pas du tout, car ils se lavent a l’air libre. Cette infrastructure ainsi qu’une chambre de haut standing permet d’accueillir des touristes souhaitant une expérience rurale authentique. Elle est censée être utilisée par les personnes qui séjournent dans ces familles d’accueil. Ma famille est composée de la mère et du père, de leurs 3 filles et de la grand-mère. En plus il y’a la nièce et le neveu qui séjournent ici temporairement, car leurs parents ne sont pas au village en ce moment. Cette tribu dort dans une maison d’une pièce à toiture très basse ou il y a un petit téléviseur noir et blanc et un lecteur DVD dont ils sont très fiers. Ils ont des vaches et une perruche en cage qui a les ailes coupées et qui a droit à sa sortie le matin. Nous mangeons à même le sol dans la cuisine qui est un minuscule bâtiment ou la mère prépare de succulents repas. Ces quelques jours passés ici m’ont permis de connaitre de près la ruralité indienne, de m’amuser avec les enfants en leur faisant des colliers et bracelets avec des pendentifs et de la ficelle de couleur amenée de Varanasi. Il y a une très bonne joie de vivre malgré les conditions de vie très dures, beaucoup d’amour et d’organisation des tâches et de bons moments de rigolade. Le cadre est idéal, reposant, avec une vue imprenable sur la ville et les monuments majestueux. Une très belle destination. À faire xxxx

Vidéos
Orchha home stay – http://www.youtube.com/watch?v=BBXCRbIp5kg
Kids watching Ipad – http://www.youtube.com/watch?v=KWXiRQzhEEI

Ujjain, sous le tropique du cancer, hare hare

Me voici à Ujjain, une ville triplement sacrée. Située sur le tropique du cancer, cette ville est dotée d’un observatoire et est donc la capitale astronomique de l’Inde. Krsna, personnage de la mythologie hindoue, mais qui aurait également vraiment vécu, serait venu étudier ici, ce qui fait de cette ville un lieu de pèlerinage pour ses adeptes. Les adeptes de son culte (ils sont monothéistes, ils chantent et dansent les bras en l’air et entrent en transe) ont ici un grand temple en marbre blanc ou trois fois par jour les divinités parées de costumes et de fleurs sont montrées au public. Les divinités ne sont pas ‘antiques’, taillées dans la pierre ou en métal comme dans les temples hindous, mais sont comme de grandes poupées en porcelaine habillées et bijoutées comme pour aller danser à Rio ou au Paradis latin. Le dévot ne peut pas toucher, mais seulement admirer. C’est très kitsch, mais esthétique. Par contre ce culte est un peu sectaire de par son fonctionnement et mode d’endoctrinement. Au début tout parait très ouvert et sympa, mais en fait ils n’ont pas une grande ouverture d’esprit et pas beaucoup d’humour malgré leur sourire constant. Pour revenir à Ujjain, la ville est située sur un cours d’eau, ou comme à Varanasi, les ablutions sont faites et de multiples temples bordent l’eau, qui n’y ait pas plus propre et nettement plus verte. La grande particularité du lieu est qu’il y’a ici un lingam de formation naturelle. C’est le seul lingam ‘naturel’ du pays et donc un des plus sacrés. Le temple peut être assailli de visiteurs et a de nombreuses salles d’attente ou des téléviseurs montrent en direct le lingam et le flot incessant de dévots qui y posent des fleurs, y versent du lait et touchent le symbole phallique en pierre, symbole de Shiva. Cette ville est donc un grand centre de pèlerinage, mais très peu fréquenté par le touriste occidental. Il est même un centre de kumbha mella (grand rassemblement) qui a lieu tous les 12 ans comme celui de Ahmenabad . Pour l’hébergement, les guides et éléments que je pouvais voir sur le net n’étaient pas d’un bon présage et ressemblaient à ça que j’avais pu vivre l’année passée au Tamil Nadu ou il n’y avait que des hôtels pas bon marché et de qualité pourrie qui ne me donnait qu’une envie de fuir. Mais heureusement que le culte de Krsna a beaucoup d’adeptes occidentaux, de gros moyens et des centres d’hébergement. Ici, il est de fabrication récente, très propre, digne d’un 4 étoiles indien au prix d’un 3 étoiles, et dans un quartier résidentiel calme ce qui n’est vraiment pas du luxe, car la ferveur et le bruit des centres-ville indiens est épuisants. Rester dans cet hôtel ne force aucunement à suivre le culte, mais il faut montrer un peu d’intérêt par politesse et pour ne pas être refuser. Cette ville est vibrante, pleine de joie et de sourires avec un quartier religieux le long de l’eau, une vielle ville labyrinthe de ruelles aux commerces abondants et multiples ou la vie explose, et une ville moderne et résidentielle sans grand intérêt avec un grand centre commercial. Les routes sont goudronnées, cette ville est donc assez propre et l’on s’y sent bien. En traversant le pont, des stands de bric et de broc sur chaque côté de la route mènent à la fête foraine ou je suis devenu un centre d’attraction et tous voulaient la photo où me serrer la main pendant que j’essayais de prendre de mon côté, des photos ‘artistiques’ des grandes roues et de leur structure en acier. Les centaines de photos que j’ai dû prendre sous la contrainte seront effacées de la carte mémoire le soir même. Les ensorceleuses qui ici se transforment en cobra grâce à la magie de la projection vidéo essayaient de me tancer a venir au premier rang pour les admirer et être témoin de leur transformation démoniaque. Les nombreux stands de photos où les bébés, couples et familles se font tirer le portrait sur des fonds ultras colorés, sur des balançoires, avec des tigres en peluche ou des stars de Bollywood ont également insisté lourdement pour que je figure au tableau de chasse. Je suis reparti, avant que la nuit ne tombe, que les néons ne s’allument, et que la pression des Indiens ne devienne ingérable. J’ai retrouvé la gare et un petit boui-boui pour diner à bord d’un Tempo, un véhicule motorisé de type dragster sorti de ‘Mad Max’. Ils permettent de transporter un dizaine de personnes sur des parcours définis, pour un prix modique, dans d’autres villes de gros rickshaws font l’affaire, ici c’est particulier. Après mon diner, j’ai découvert le quartier de l’horloge ou un jeune marié sur son cheval me demandait de me joindre à la procession bruyante, mais j’ai repris un Tonga pour le quartier du temple ISKON, appellation de l’organisation Hare Krsna, pour passer une très bonne, longue et douce nuit. Encore une journée et une nuit ici pour savourer l’endroit. Ce sera un samedi, donc la foule sera grande, j’ai bien fait de me rendre au temple hier, le samedi et le dimanche la population de la ville et les visites au temple sont démultipliées….

Samedi, je suis allé au ghat pour capter l’ambiance du matin et les ablutions rituelles, c’était très agréable et j’ai pu prendre de beaux clichés et enregistrer deux vidéos de chants et rituels de brahmanes d’un petit temple de Shiva. J’ai également visité quelques temples du centre-ville, dont un ou une étable attenante avait des vaches ‘sacrées’. Il fallait donc leur toucher le front et les sabots et on m’a demandé de ramper en dessous, mais la j’ai décliné pensant que déjà pieds nus dans la bouse et l’urine de vache était suffisant ce matin. À la sortie de ce temple, le lait de la vache qui avait été sucré était distribué, j’ai eu le droit à ma dose ainsi qu’une feuille très parfumée a mâché. J’ai ensuite utilisé les bus locaux pour me rendre a deux temples en périphérie, l’un dédié a un dieu dont la bouche est une fente dans laquelle les prêtres versent de l’alcool qui est offert par les dévots et un autre pour le dieu éléphant Ganesh. Ce second temple était gardé par les très beaux et très agiles singes langur. Me voilà fini ici, une belle ville, une belle visite et de beaux temples très très sacrés et donc deux bracelets en fils de coton de couleur rouge et orange qui m’ont été noués par les brahmanes de deux temples distincts, Shiva et Ganesh.

Sur la route de Mandu

Heureusement que je me suis mis en route à 5 heures ce matin, après avoir eu ma dernière et ultime dose de hare hare krsna hare. Le rickshaw qui devait être la ne l’était pas et rien en vue dans ce quartier désert. J’ai avancé a pied jusqu’a la route principale, mais elle était également vide. Un gars en moto qui revenait du temple m’a gentiment pris et déposé a la gare routière, il m’a offert le thé et m’a mis dans mon bus, la gentillesse d’Ujjain je m’en souviendrais. Me voici parti pour quelques heures de bus, disons 4 pour la ville de Dhar puis changement de bus pour atteindre ma destination du jour, la ville de Mandu perchée,en haut du canyon. Ici je n’avais rien réservé, car j’avais des doutes sur les hébergements milieu à haut de gamme et en effet le rapport qualité-prix n’y était vraiment pas et les chambres étaient limite propre, sentaient le renfermé et le moisi. Par contre les chambres louées par le temple de Rama en plein centre-ville n’étaient pas mal du tout. Rama, autre figure mythique indienne, grand seigneur et héros du Ramayana, il est considéré comme un dieu ayant vécu comme avatar de Vishnu, tout comme Krsna. J’ai tout de même acheté un drap additionnel pour mettre une couche supplémentaire entre le matelas recouvert des draps fournis et mes draps ont moi, car le matelas était un peu douteux, mais sinon c’est une chambre simple, avec une salle de douche avec WC propre. J’ai fait un brin de ménage avant de m’installer sur mon petit porche donnant sur une grande cour paisible, j’ai loué un vélo pour pouvoir visiter les sites de la ville dont l’architecture est d’inspiration afghane datant du 14e siècle quand la ville de Mandu était une capitale du seigneur local puis annexée par les mogols au 18e siècle. Il y a donc pas mal de ruines de palais, de mosquées en état ou en ruines, des piscines, jardins, harem, le tout a voir dans un cadre pittoresque. Le temple où je réside est également une étape d’un pèlerinage qui correspond au parcours inverse que je fais, mais ces personnes le font à pied et dorment rudement sur le sol d’une autre cour du temple. Une autre expérience unique pour ma mémoire que de voir ces pèlerins venir passer la nuit après une longue marche et les chants du temple le soir jusqu’à 23 heures. Mandu a également un temple Jaïn avec son hébergement pour pèlerins. Les habitants sont très paisibles, sympathiques et chaleureux, le cadre sorti de la petite bourgade est très rural avec les points d’eau, les maisons en boue, les femmes dans les champs, les chèvres et poules, et les enfants souriants et poussiéreux jouant avec ce qu’ils trouvent et fabriquent.

Ujjain – vidéo des chants en sanskrits

Maheswar, son fort, sa riviere,

Ahilyabai, la belle fille du maharaja d’Indore a gouverné sur l’état au 18e siècle et a rendu la ville de Maheswar encore plus célèbre que par les mentions dans les textes du Maharabhatta et Ramayana. Veuve, son beau père lui demande de ne pas se jeter sur le bûcher de son mari décédé au combat, et de l’aider à gouverner. Une femme de caractère et très pieuse, elle développe son territoire et instaure des règles de gouvernance saines, honnêtes et respectueuses de tous et des multiples religions. Son territoire est fort prospère et stable et elle décide de financer la restauration de multiples temples dans l’ensemble du pays, ce qui lui vaudra une reconnaissance par l’ensemble du peuple indien. Sa demeure au sein dune enceinte fortifiée est assez humble et construit en bois, ses descendants en ont fait un hôtel ‘relais et château’! Le temple situé entre la demeure et la rivière sacrée est de toute finesse et beauté. Il est dédié à la déesse Rani. Le lieu est toute beauté, mais reste un peu en dehors des sentiers battus pour les touristes occidentaux ce qui n’est pas déplaisant. Je suis arrivé par le bus de Mandu, 2 changements ont été nécessaires, mais le parcours total n’a duré que 3 heures pour descendre dans la vallée et rejoindre la rivière Narmada. À la station de bus, pas de rickshaw, donc c’est à pied que j’ai traversé la ville et gravi la pente pour accéder à l’enceinte du fort. J’ai pris l’option de la petite lodge située au flanc des remparts et dont certaines chambres sont carrément dans la tour principale qui est la porte d’entrée du fort. Cette lodge attenante au relais et château est nettement plus abordable, le lieu a également son charme et semble partager la cuisine avec le 5 étoiles, mais pas au même prix. Mes chambres sont situées dans la tour de la porte d’entrée de l’enceinte du château, elles ont chacune leur terrasse privée. C’est au pluriel, car j’ai ce soir une chambre dans la tour et les deux prochaines nuits, j’aurais le toit, car c’était cette chambre que j’avais réservée initialement. Autre intérêt de cette ville est son histoire avec le coton qui pousse dans les champs de la région. La filature et le tissage sont donc historiques ici, et dans l’enceinte du fort une fabrique traditionnelle est opérationnelle. J’ai fait mon choix de tissus dès mon arrivée, je repartirais avec du tissu pour une housse de couette et taies d’oreiller. J’ai vais donc passer trois nuits ici a me prélasser sur ma terrasse, a me poser sur les bords de la rivière, a servir d’appât pour les photographes locaux qui me proposent comme pièce centrale aux touristes indiens qui raffolent d’une photo avec le blanc bec. Je leur dois bien cela avec le nombre de photos que je prends d’eux.

Au lever du soleil la journée peut commencer

Ce matin à Maheswar, je suis facilement réveillé bien avant le soleil et je me réjouis du spectacle qui m’attend le long de la rivière Narmada. Depuis mon arrivée cette année en Inde, c’est ma troisième ville au bord de l’eau et il m’en reste encore une a découvrir dans deux jours. Mais ce matin, ce sont les Maheswari qui me permettent d’observer leurs rituels matinaux, des exercices et de la marche avant de se dévêtir dans le froid et se préparer à entrer dans l’eau en y goutant avec les doigts, puis des gouttes qui viennent toucher les lèvres pour en absorber la puissance avant de plonger énergiquement, se frictionner et se laver. Arrivera ensuite la prière et la présentation de l’eau au soleil levant avant de se sécher, de se vêtir et partir sur le chemin de la journée qui commence. Chacun, homme et femme, en profite pour faire une lessive qui sera étendue et séchée rapidement par les rayons qui doucement commencent à réchauffer le fond de l’air. Les temples commencent à être nettoyés et préparés pour le réveil des déités, les sadhus et les babas se font préparer leur ganja par un assistant. Ils sont tout sourire, comme les enfants qui commencent a jouer, crier et rire avant de se préparer pour l’école. Ce matin, sur les bords de la Narmada, les corbeaux sont perchés sur des ânes qui déambulent de poubelle en poubelle à la recherche d’un encas. Puis deux d’entre eux commencent a se mordiller, cabrer et faire des galops le long du ghat, cela ne dérange personne, car chacun se concentre sur sa tâche sans négliger ce qui se passe aux alentours avec une bienveillance et beaucoup d’humour sans oublier de nourrir les poissons de la rivière a qui l’on jète de la pâte a pain émietté. Je me sens privilégié de vivre ce moment qui ajoute aux autres, tout unique, mais si communs dans ce coin du monde qui fait chaque jour plus en plus parti des moments de ma vie. Cet instant précieux est aussi un des seuls ou le silence de la nuit perdure, mais ce sera de courte durée, car l’indien semble détester le silence ‘extérieur’ alors qu’il semble expert en calme ‘intérieur’. Un autre des paradoxes du pays. Je suppose que cette agitation incessante, ces bruits d’une variété folle, font que les rares moments de calme sont amplifiés et sont d’autant plus apaisant, et encore plus quand l’eau n’est pas loin, et c’est le cas ici. Allongé sur l’une des trois terrasses de ma nouvelle chambre, mon dos nu est réchauffé par le soleil pendant que je tape ces lignes, la mélodie de la musique de mon Iphone se noyant avec les chants des oiseaux, les petits cris des écureuils, les voix et bruits divers. Je me sens seigneur dans ma tour de gué surplombant la ville extérieure d’un coté et de l’autre la ville fortifiée calme, forte et sereine.

Farniente RAS

Pour mon dernier jour à Maheswar, et bien rien que de l’écriture, du yoga, de la lecture, écouter des Podcast d’émissions de radio (ruquier / les petits bateaux / la tête au carré / là-bas si j’y suis), bain de soleil sur ma terrasse. Je repasserais a la boutique de l’atelier de tissage a 200m pour voir ce que j’ai fait mettre de côté hier après mes premiers achats, un drap grand drap double et doublé, car la finesse du tissage coton/soie requiert une doublure. J’ai également pris deux petits morceaux plus épais. Demain je prends le bus pour Omkareshwar, un autre grand lieu de pèlerinage qui a aussi un lingam sacré et qui a été un paradis hippie avant qu’un barrage ne vienne changer le paysage visuel et, paraît-il, sonore. Les lâchers d’eau quotidiens sont accompagnés d’une sirène. J’y passerais 2 nuits et je ne pense pas qu’il y aura internet. Dimanche je dois absolument rejoindre Ajanta en tout début d’après-midi, car la visite prend au moins 3/4 heures et le lundi c’est fermé. Ce périple va me prendre 5 a 6 heures avec un bus, un train et encore un bus, sans compter les transferts de la gare de bus a la gare de train…. Dimanche soir je devrais arriver à Aurangabad avec le bus, pour m’écrouler après cette journée qui sera fatigante sans aucun doute. Lundi je visite le site d’Ellora qui est fermé le mardi, ouf, et lundi soir, réveillon de Noël, je serais dans le train de nuit, direction Hyderabad ou je séjourne deux nuits.

Le début de la fin… de l’itinérance

Omkareshwar est une étape obligée sur ce parcours des sites sacrés du Madhya Pradesh. C’est très pittoresque, une ile escarpée, reliée à la petite ville ou seul le commerce ésotérique est développé autour du temple mythique du jyoti lingam, un des douze lingams sacrés, qui ici, ‘n’a pas de forme’. Pas de cohue ou de contrôle de sécurité pour accéder a ce temple ancien et sa pierre. Sur l’ile, un autre temple, est plus prisé, car il est a été construit autour d’un lingam de formation naturelle. L’ile elle-même aurait la forme de l’OM, c’est dur à croire, mais le sentier pavé qui fait le tour de l’ile a été dessiné sur cette forme mythique. Deux rivières… sacrées, bien évidemment (on retrouve ici la Narmada et la Keveri), se rencontrent au bout de l’île, ce qui ajoute à la sainteté du lieu. J’ai parcouru le sentier avec un allemand charmant qui séjournait à la guest house ou j’ai trouvé un placard ou dormir. Nous sommes allés jusqu’au pied du barrage qui est à l’autre bout, et/ou nous avons pu nous baigner dans l’eau propre et fraiche, étant en amont des sites d’ablution et d’offrandes. Les offrandes a l’eau divine prennent des formes diverses, des fleurs, des bougies, des vêtements et souliers et bien sûr, les sacs et bouteilles en plastique. L’hébergement, situé sur l’ile et qui nécessite de gravir beaucoup de marches qui grandissent au fur et à mesure que l’on monte, surplombe la gorge et offre une vue sublime. Toutes les ‘vraies’ chambres affichaient complet, j’ai donc du me rabattre sur l’option ‘ultra spartiate’ du placard sous l’escalier, sinon je devais retourner dans une guesthouse sans charme au centre-ville. Mais ce ne sera que pour une nuit, car même si l’endroit a un côté charmant, on en a vite fait le tour et même les pèlerins indiens ne s’éternisent pas. Les Occidentaux y font leur ‘chill-out’ spirituel, envoûtés par le fait d’être au coeur de l’OM. L’occupation principale semble être la consommation de fumées narcotiques, ce qui n’est plus ma tasse de ‘chai’, certains et certaines des personnes sont charmantes et d’autres n’étaient vraiment pas à mon gout et plutôt à mon dégoût. C’est donc le coeur léger que je quitte cet endroit ce matin après avoir vu le soleil se lever. Il ne me reste plus que 5 jours avant mon atterrissage au Kerala et je commence à avoir hâte de pouvoir poser mon sac et passer a un rythme sédentaire. En attendant, j’ai encore deux sites d’exception à voir, qui sont Ajanta et Ellora, tous deux classés au patrimoine de l’Unesco. Les derniers ajustements de mon itinéraire, font que je fais pouvoir prendre le temps de visiter ses sites en détail sur deux jours pleins après une nuit de halte et de repos dans une ville proche du premier site, me permettant d’y être de bonne heure, avant les cars et les familles, car ce sera dimanche. Le lendemain, lundi, je serais sur le deuxième site. Puis, il me restera la ville de Hyderabad qui s’annonce à la fois chaotique, mais très singulière et avec de belles choses a voir (palais, fort, marchés et musée).

Petite erreur de parcours – piscine au lieu de Ajanta

Hier pris dans le rythme et l’enthousiasme du matin, j’ai pensé que je pouvais facilement arriver à Aurangabad et y passer une fin d’après-midi reposante au bord d’une piscine, au final je suis arrivé à destination a 19h. Les bus ont pris le temps qu’il leur faut quand ils ne sont pas si ‘Express’ qu’annoncé, mon compte pour la journée sera de 6 heures dans deux bus locaux. J’avais aussi une partie en train et, le premier que j’aurais pu prendre était trop bondé en classe ‘générale’ pour risquer ma vie. J’ai attendu le deuxième, la situation n’était pas meilleure. Cette fois je suis monté en classe ‘Sleeper’ pour lequel mon billet n’était pas valide, mais il fallait bouger et au vu du monde dans le train, aucun TC (tiket collector) n’aurait osé risquer sa vie a contrôler qui que ce soit. Le trajet n’a duré que 2h30, mais debout à côté des toilettes, c’est fatigant. Le train sans billet en Inde c’est jouable, mais sans sacs et bien reposé et surtout pas pour très longtemps. Mon projet avait été de m’arrêter la, avant le site d’Ajanta, mais ce matin sur le quai de la gare j’avais réservé un hôtel luxe avec piscine à Aurangabad, plus de 90 km au sud d’Ajanta. Une fois que le bus avait dépassé le site, il n’était plus question pour moi de revenir sur mes pas demain. D’ailleurs ce matin je me sens bien lessivé et j’ai besoin de me reposer ce dimanche pour pouvoir profiter pleinement du site d’Ellora demain lundi et seulement à 30km de Aurangabad. Je ne verrais pas les peintures des caves d’Ajanta, mais bon il faut bien que je me donne des excuses pour revenir, non ;-), et a choisir je préfère la sculpture a la peinture, mon choix est fait ce sera Piscina ce matin et Elora demain.

L’egypte à abbu simbel, l’inde à Ellora

J’avais lu, j’avais vu des photos, mais il faut vraiment le voir pour le croire. Ellora. Ce ne sont pas que des grottes, ce sont des temples et monastères. Certains sont creusés dans le rocher avec des pièces immenses soutenues par des colonnades, des sculptures sur les côtés et un sanctuaire au fond de la salle. Pour ce type de réalisation, les grottes bouddhistes et Jain sont fort impressionnantes. Mis ce qui est vraiment impressionnant, ce sont les complexes de temples de plain-pied qui ont êtes taillés directement de la falaise rocheuse. De ce fait tous les bâtiments, ici a plusieurs étages font tous partie du même bloc initial. Les tailleurs ont donc commencé par le toit pour terminer au sol. Dans les temples traditionnels, il s’agit d’un assemblage de pièces détachées, faites dans des blocs individuels puis assemblés sur la structure, en cas d’erreur ou de casse, la pièce peut être changée. Dans les réalisations d’Ellora, tout est fait sur le même bloc, aucune erreur possible, il faut suivre le plan à la lettre. Le résultat est impressionnant quand on comprend comment cela a été fait. Bien sûr les sculptures n’ont pas la finesse et la légèreté de Khajuraho, mais c’est grandiose. La visite des 34 grottes m’a pris 4 heures et a certains moments j’ai failli perdre mon calme, car le niveau de bruit est insoutenable, car les Indiens ont beaucoup de similitude avec les Italiens, ils ne se déplacent qu’en famille ou en groupe et ne savent pas parler doucement, mais hurlent. En plus les enfants profitent de ce terrain de jeu pour tout naturellement jouer. Sans compter l’effet de résonance qui amplifie le tout et imaginer le brouhaha dans ces endroits censés être paisibles. L’autre chose un peu énervante est les balayeurs qui nettoient le site, mais soulèvent quantité de poussière et avec ce bruit de grattage du balai en branches sur la pierre. Mais j’ai pu a certains moments être dans le silence ou avec des groupes plus clames et cela a permis de profiter un peu plus du site.

Quelques vidéos :http://www.youtube.com/watch?v=7KiZ1PNpG

Hyderabad, gaz d’échappements, strass et burka

Hyderabad, capitale de la perle et des bracelets est une ville qui sent la richesse et les gaz d’échappement. C’est une grande ville, assez organisée et goudronnée, il y a beaucoup moins de poussière, mais la circulation est très dense et l’air est parfois irrespirable. Un projet de métro devrait aider a réduire la circulation, sa mise en place est prévue dans un futur proche. La ville fondée au fin du fin 16e siècle par Muhammad Quli Qutb Shah fut ensuite administrée par les dynasties des Nizams qui y développent la culture, l’art et la cuisine. La gestion de l’eau est ici essentielle, car le climat est chaud, très chaud, des barrages et lacs artificiels ont été construits dès la fondation de la ville. Tous les bâtiments officiels ont une architecture grandiose de style ‘mughal’ avec des arabesques et moucharabiehs. Les minarets de charminar sont au centre de la vieille ville et de ses souks, remplis de strass, de passementeries et de bracelets de toutes les couleurs. Par contre dans les rues, le noir de la burka intégrale est clairement majoritaire, tout comme les sourires et la bonne humeur ambiante. J’ai donc fait mes emplettes de galons, biais, et quelques strass, ainsi que profiter d’un bel hôtel ‘design’ au bord du lac. Je ne suis pas allé au palais de falaknuma qui est maintenant un fleuron du groupe TAJ et classé parmi les 10 plus beaux hôtels du monde, car je pense ne pas me sentir confortable dans un tel endroit, un peu trop ‘hors du temps’ pour moi. Regardez cette vidéo et même si cela a l’air beau c’est ‘too much’ pour moi, il me manque la robe en lamé or – http://youtube.com/watch?v=uADqyUN0sUk

Quelques vidéos qui sont de moi cette fois 😉

http://www.youtube.com/watch?v=kSaDTCm8k3o

Les cocotiers m’appellent

La route jusqu’a l’aéroport de Hyderabad ce matin a bien confirmé le niveau de pollution trop élevé de la ville. La voie rapide située en élévation permettait de voir que la visibilité était de quelques centaines de mètres, au-delà, le smog brouillait tout. De plus, tout comme à Agra, mes yeux se sont mis à piquer légèrement, il était temps de partir. Mes prochaines destinations se trouvent dans les campagnes du Kerala. La température va monter de quelques degrés et le niveau de pollution va baisser, la verdure, la luxuriance de la nature va prendre le dessus et les maisons en bois, les cocotiers et les réseaux de canaux vont me porter jusqu’au lac de Kumarakom, un sanctuaire ornithologique ou je vais me poser deux jours. De l’aéroport de Cochin, je me rends à une petite gare située à quelques kilomètres, puis j’ai 2 heures de train pour arriver a Kottayam ou un rapide trajet en rickshaw me déposera aux portes d’un complexe hôtelier ‘de rêves’, ou je vais pouvoir vivre en maillot de bain et me prélasser dans ma piscine privée avec vue sur le lac. Mon train est prévu juste une heure après mon atterrissage, l’avion a décollé à l’heure, j’ai donc toutes mes chances de ne pas rater le train qui est une option de transfert, rapide et peu onéreux, sinon ce sera en taxi, ça n’ira pas plus vite, mais coûte beaucoup plus….

C’est bon j’ai eu le train même si le rickshaw a eu du mal a trouvé la gare. Par contre quel coup de chaud, il y a au moins 15 degrés de plus par rapport à Hyderabad et sans doute 20 avec Varanasi, il fait au moins 32 voir 35 degrés, j’ai vraiment besoin de la piscine, plus que deux heures. Heureusement mon wagon de train est climatisé, il y fait un froid de canard, j’ai remis le pull.

Entre lac et canal, la Venise de l’inde

J’ai donc passé deux jours dans un environnement de palace et j’ai bien profité du luxe, du confort et de la piscine. Me voici maintenant sur le bord d’un canal à attendre un bateau bus qui me mènera en 2h30 a ma prochaine étape, Allepey. Je ne séjourne qu’une nuit à Allepey, et demain dimanche je prendrais le train a 7h qui me déposera deux heures plus tard à Varkala ou je vais enfin pouvoir défaire mon sac pour de vrai, me poser et devenir sédentaire. Je voulais initialement faire une partie de ce dernier trajet, en bateau, mais le parcours est très long par ce mode de transport et celui que je fais ce samedi serait plus pittoresque. Pour l’instant ce samedi le trajet m’a mené à la mauvaise jetée ou le bateau n’était que 3 heures plus tard. Un couple local fort rigolo m’a emmené a pied au prochain arrêt du bateau ou il y avait une baraque a frite locale qui servait du tapioca et de l’alcool de noix de coco pour 10 roupies la portion avec du chou braisé. Il a fait très chaud, j’ai beaucoup transpiré avec mon chargement, beaucoup rigolé avec ce couple et me voici sur la jetée ou une brise s’est levée et me sèche et le bateau devrait arrivé d’ici moins d’une heure.

Sinon c’est fort agréable de se retrouver dans la nature du Kerala, les oiseaux, les papillons de toutes les couleurs, les plantations, les rizières, les cocotiers et plantes tropicales et bien sur les insectes.

Varkala, je me pose

J’entame ma troisième journée ici en cette première journée de l’année. Je me suis bien installé et j’ai, sans surprise, savouré le moment ou j’ai vidé mon sac et repris possession des lieux. La sécurisation des fenêtres de la chambre avec des moustiquaires, la pose de rideaux dans l’entrée, l’installation du hamac sur le porche. J’ai également retrouvé le petit boui-boui où je prenais mon petit déjeuner et des repas du soir, il a changé de lieu, mais pas sa formule, et le hasard a fait qu’il avait un vélo disponible, sans doute laissé par un touriste la saison passée, et je le loue pour la durée de mon séjour. Il est un peu cabossé et a besoin d’une révision et de quelques ajustements, et sans doute quelques points de soudure, de quoi m’occuper. Les festivités du Nouvel An ont été fort bruyant, pétards, feux d’artifice, musiques et cris en tout genre, mais ce ne m’a pas empêché de maintenir mon rythme, couché très tôt, lever très tôt. Pour l’instant j’ai même réussi a faire mon yoga avant le lever du soleil et des corbeaux, et avec le bruit des chouettes et des premiers oiseaux. Ces premiers jours, ll y avait beaucoup de monde ici, aussi bien occidental que touriste indien et également des pèlerins, car se cumulait, un anniversaire de la naissance ou de la mort du gourou local, sanctifié et adulé au-delà des limites de la ville, le Nouvel An, le week-end, sans oublier la pleine lune. Ce mercredi 2 janvier, lors de ma balade matinale, j’ai vu pas mal de touristes sur le départ, les cars de pèlerins sont partis hier, la station balnéaire va retrouver un peu plus de calme, même si nous sommes en haute saison. En ce qui concerne la plage, le soleil est très fort et le matin du 31, j’ai frôlé le méchant coup de soleil en quelques heures d’exposition, j’ai donc mis ma peau au repos complet hier, et aujourd’hui, je n’irais sans doute pas à la plage avant la fin de journée. Il n’y a pas le feu au lac et j’ai tout le temps pour brunir et je veux éviter la brûlure. J’ai entamé mes essais de masseurs, mais je n’ai pas encore trouvé la perle, mais quelques petits mouvements n’étaient pas désagréables. En ce qui concerne l’art martial Kalari dans lequel je souhaite m’initier, j’ai trouvé un des lieux d’entrainement, reste a découvrir les heures d’entrainement. La lecture est assez présente cette année, plus que l’an passé, j’avance avec ‘l’apprenti sorcier’ de Tahir shah, sur le parcours initiatique par un indien élevé en Grande-Bretagne qui souhaite devenir magicien et qui fait des rencontres à travers l’Inde contemporaine. J’ai presque fini l’essai romancé et autobiographique de Pankaj Mishra sur le thème du Bouddhisme, et j’ai lu très rapidement et avec beaucoup d’intérêt, le témoignage de A.G.Mohan sur les 20 ans d’enseignement qu’il a reçu de Krishnamacharya. Cet homme, décédé en 1989 à l’âge de 100 ans, père de T.K.V Desikachar, a inspiré bon nombre de maitres Yogis contemporains (K.Pattabhi Jois, BKS Iyengar…), et a enseigné le yoga à la mère de mon enseignante de Yoga actuelle à Paris. Cette lecture me donne plus de compréhension de certaines subtilités très très fortes dans l’enseignement que je reçois à Paris de la part de Beatrice Millerand. Je vais sans doute commencer à lire une biographie sur Vivekananda, un saint homme qui a inspiré nombre d’Indiens et a été ambassadeur de la culture hindoue à la fin du 19e siècle. J’avais suivi quelques cours particuliers de Yoga à Calcutta, sa ville natale, dans un des centres qui portent son nom. En découvrir plus sur cet homme sera donc un complément d’enseignement. Un activiste de la guru Amma qui étreint les hommes et les femmes m’a donné un livre sur cette diva divine, je vais voir si je le commence et surtout si je le finis. N’ayant pas de connexion internet à mon domicile me permet de prendre du recul sur le monde connecté, c’est agréable, et me donne encore plus de temps pour profiter de ce moment de calme, de repos et de ressourcement. Mes mises à jour sur le blog seront donc plus éparses.

La pointe sud – Kanyakumari

Je suis parti à Kanyakumari avec des Espagnols, un garçon et ne fille, que j’ai rencontrée sur la plage à mon arrivée à Varkala, et qui finissaient leur périple indien par ‘la fin de la route’ du sous-continent indien. À un peu plus de trois heures de train de Varkala, ce petit village de pêcheurs est un haut lieu de tourisme et de pèlerinage. Le sage Vivekanada (1863-1902) a médité ici avant de se rendre prêcher la cause hindoue à la 1ere conférence des religions qui s’est tenue a Chicago en 1893. Un mémorial à sa mémoire est situé sur un rocher en pleine mer à 400m du rivage. Un ferry assure la liaison de quelques minutes pour s’y rendre, le port du gilet de sauvetage est obligatoire, les courants étant forts, les bateaux d’un certain âge, et les Indiens pas bons nageurs et les saris pas bons pour se mouvoir dans l’eau. Le mémorial, la salle de méditation en dessous, le rocher, cette visite, forment un tout, et rende l’expérience très inspirante. Vivekananda, un saint homme, a redoré le blason de l’hindouisme dans le monde, et redonné une fierté aux hindous pour leur religion. Il continue d’être une inspiration pour beaucoup de personnes en Inde et au-delà, 2013 célèbre le 150em anniversaire de sa naissance. Géographiquement positionné à la pointe du pays, à la rencontre de deux mers et d’un océan, le lieu permet d’observer le coucher et le lever du soleil sur la mer. Le rivage se remplit de la foule pour ces deux événements, et il est presque impossible de ne pas être réveillé pour le lever de l’astre de feu, tant les musiques provenant des sound systèmes des temples et des églises sont fortes. Le retour à Varkala a été un peu mélancolique, car j’étais en très bonne compagnie depuis quelques jours et nos chemins se sont séparés ici, à l’extrémité de l’Inde, mais avec une volonté commune de se retrouver à Paris ou Barcelone rapidement, pour envisager de découvrir ensemble le Pérou en 2014. D’ici là, de l’eau passera sans doute sous les ponts, mais cela me fait du bien d’avoir des sensations fortes et me donne un sacré sourire intérieur. L’espoir et le rêve ont toujours été mon moteur et m’ont permis de tirer des plans sur pas mal de comètes, et dans certains cas, d’avoir la chance d’y poser les pieds et de vivre de belles aventures et expériences. Il est vrai que l’on peut rater la cible, mais que c’est bon de tirer la flèche et de se laisser porter, et si l’on trébuche et bien il suffit de se rattraper, mais si la flèche reste dans le carcan, elle n’a aucune chance d’atteindre le moindre objectif. Quel bel endroit pour penser a tout cela, et vivre, tout simplement.

Nina, Kalari et allergie

Il n’a pas fallu plus de 24 heures pour que ma nostalgie ne soit balayée par l’arrivée de Nina, compatriote française avec qui j’avais passé de bons moments à vélo l’année dernière. Cette saison, nouveau script, car Nina qui louait une superbe Villa l’année passée fut victime de son propriétaire qui s’était engagé par ailleurs avec une autre dame et avait oublié de prévenir Nina. Celle-ci se trouvait donc l’embarras, car elle était sans toit et recevait des amis 5 jours après son arrivée. Je lui ai proposé mon hospitalité pour qu’elle puisse poser ses sacs, se prendre une douche et ainsi être fraiche pour visiter les propriétés disponibles. Cette année le choix est limité, car Varkala attire de plus en plus de personnes qui la préfèrent à Goa. Les Russes ont donc pris leur quartier d’hiver échappant ainsi au froid sibérien, mais ont également fait grimper les prix, car ils ne négocient pas. En fin d’après-midi, un hébergement fut trouvé, une petite maison de deux chambres, chacune avec sa salle de bain, l’une avec une cuisine, et toutes deux, donnant sur un patio avec vue sur un champ. Les jours suivants, il a fallu nettoyer, aménager et récupérer les meubles que Nina avait laissé à la Villa et de nombreuses affaires laissées chez une de ses amies anglaises qui vit ici 9 mois par an. Entre temps, j’ai trouvé un très bon masseur qui m’avait été conseillé auparavant, très efficace dans ses massages, mais complètement désorganisé par ailleurs, la prise de RV est un calvaire. J’ai également commencé les cours de Kalaripayat, en fait le ‘master’ n’a pas beaucoup d’élèves, et le peu qu’il a ne vient pas régulièrement. J’ai donc des cours particuliers, le matin a 7h30 pour une durée de 1h30. Mon ami Vibhu, qui a décroché cette année la médaille d’or au championnat de Karaté du Kerala, m’a présenté au ‘Master’ et expliqué les rituels que je devais accomplir au quotidien, mais aussi le rituel initial pour être accepté en tant qu’élève et qui consiste a posé un billet de banque et une pièce de monnaie, pour moi ce fut 101 roupies, sur une feuille de bétel fraiche et sous un fruit dont je ne connais pas le nom. Cette offrande est posée sur l’autel face à la déité, en l’occurrence Krishna. En ce qui concerne le paiement des cours, l’argent doit également être présenté à la déité, il devient alors béni et le ‘master’ pourra l’utiliser pour acheter du whisky. Malgré son gout pour l’alcool (j’ai vu quelques bouteilles quand j’ai utilisé ses toilettes), il est rigolo et très fort dans sa discipline et a commencé à m’initier à cette pratique. Il s’agit de routines, chorégraphie, impliquant des mouvements de jambes, de hanches, de bras, de mains et de tête. Il y en aurait 18, 17 peuvent être enseignées, la dernière étant réservée au maitre, j’en suis à deux. Pour clôturer cet épisode et commencer une nouvelle semaine, ma cheville droite a commencé à gonfler dans la nuit de dimanche à lundi, j’ai donc commencé la prise d’antibiotiques et d’antihistaminiques que j’avais emmenés de France. Au matin, je suis passé voir le maitre, qui m’a envoyé à l’hôpital ou ils m’ont donné à ma demande un traitement contre l’elephantiasisme, très présent en Inde et qui se transmet par le moustique, ainsi qu’un antihistaminique plus fort, car le diagnostic pencherait plus pour une réaction allergique à la salive de moustique. J’avais en effet été beaucoup piqué sur les pieds et chevilles ne m’étant pas assez servis de crèmes répulsives. Aussi dans le Kalari Sangam, l’arène rectangulaire creusée directement dans le sol, les moustiques pullulent et le premier jour, je n’avais pas prévu cela. Maintenant j’utilise les répulsifs sur ma peau et je brule des noix de coco dans l’arène, ce qui est très efficace pour faire fuir ces insectes sanguinaires et dangereux. Ce matin, mardi, ma cheville dégonfle doucement, mais je me prends du repos de mes cours jusqu’à jeudi, car demain mercredi je compte aller à Trivandrum pour faire quelques emplettes.

Une autre semaine est passée en coup de vent

Eh oui, le temps avance et j’ai dépassé la mi-temps. Je me suis bien installé dans ma routine sédentaire ici à Varkala et j’en oublie presque tous les moments forts et les découvertes que j’ai pu faire sur la première partie de mon voyage. Je suis également bien installé dans mon rythme de yoga très matinal suivi de mon cours particulier de Kalari dans lequel je progresse bien. J’ai aussi pu recevoir le massage du doyen de 74 ans qui s’occupe des locaux et des pratiquants de Kalari depuis plus de 50 ans. Il est d’une agilité sans pareil, utilise ses pieds avec précision et des pressions alternées et n’utilise pas de corde au plafond, mais juste le support du mur. J’ai prévu une session hebdomadaire avec lui, pour que mon corps en bénéficie et que je puisse également en tirer une instruction, car il est charmant et disponible pour des questions et m’a déjà donné des explications très utiles sur les méridiens et les articulations des jambes. Mon excursion ‘shopping’ à Trivandrum, m’a permis d’acheter le jeu de tambours ‘tabla’ que je souhaitais ainsi que des habits et surtout des livres de référence de Yoga par BKS Iyengar, élève de Krishnamacharya et maitre d’un Hatha Yoga très précis et adapté aux personnes peu souples ou ayant de véritables problématiques physiques, il pratique également un Yoga thérapeutique et utilise des agrès. J’ai donc pris deux petits volumes en collection poche, l’un général et l’autre sur le Pranayama et un dernier qui doit peser un bon kilo et qui est une ‘bible’ illustrée et très détaillée de cette pratique. J’ai aussi pris un thriller de John Grisham pour ma lecture de plage, et un livre de référence sur les méridiens et points énergétiques, pour ma réflexion sur le massage. Je mon concentre donc sur mon apprentissage du Hatha Yoga et des différents aspects techniques de cette pratique, je me fortifie également dans ma propre pratique avec des focus particuliers sur certains aspects que je me devais de renforcer, et ce, aussi bien par le Yoga que le Kalari. Je n’oublie pas le massage avec un focus sur le massage avec les pieds et le massage plus profond ainsi que le drainage des méridiens. À part cela, c’est plage et cocotiers, cocktail de citron vert et menthe frais glacé, les fêtes dans les temples avec parades, tambours et éléphants, chants d’oiseaux 20h/24h et des feux d’artifice et pétarades tirés à des heures incongrues comme ce matin à 3h. Des chants et musiques également à toute heure, une Inde tropicale. Sinon en ce qui concerne la station balnéaire, elle rencontre un vrai succès, les maisons sont louées a de plus en plus de vacanciers sur des longues périodes, les prix augmentent de partout et pour tout. Les russes, ukrainiens, estoniens sont ici en nombre, mais aussi les Australiens, les Canadiens, et tous les Européens aussi, sans oublier les Asiatiques. De nouveaux bâtiments et maisons se construisent et il reste encore des terrains vides de construction, mais comme tout bel endroit, il risque de souffrir de son succès, devenir insipide et perdre de son authenticité.

Murugan, la fête du dieu guerrier

Cette année j’ai passé trois jours à visiter un temple de Murugan pour assister à l’intégralité des festivités du festival annuel qui a lieu lors de la pleine lune de janvier dans les états du sud de l’Inde. Cette fête est l’occasion pour les jeunes hommes pour prouver leur force et leur spiritualité a leur famille et communauté au travers de leur capacité a transcender la douleur du piercing corporel avec des lances et crochets. Il y’a aussi une dance du feu et une parade ‘traditionnelle’ avec les hijra et un éléphant. Un beau moment, très fort et émouvant. Une occasion de faire de belles photos et des vidéos que je publie sur mon compte YouTube.

Bientôt la fin

Je profite de la panne de courant du soir pour écrire un peu, car ça fait un bail que je n’ai pas tapoté. En fait ces dernières semaines ont été assez ‘vacances’. Un ami de paris était ici quelques semaines après un séjour à Gokarna et avant de partir en Thaïlande. Nous avons fait pas mal de rencontres sympathiques et donc de bonnes après-midi à la plage, des matinées shopping à Trivandrum, des colis, des colis et encore des colis envoyés en France et de bonnes rigolades et activités diverses de bricolage et de karma yoga avec Nina. Je continue mes cours de Kalari, mais a raison de 3/4 par semaine et pour les derniers 15 jours je vais faire un jour sur deux pour pouvoir profiter de la plage le matin. J’avance avec mes réflexions profondes, mes lectures, mes pratiques, et je profite du temps que je prends pour faire tout cela. Au final j’ai peu les pieds en éventail, comme en témoignera la marque de mes tongs sur mes pieds. Bien sûr comme le retour approche, je commence à penser au prochain breaks que je vais m’accorder ici àVarkala, mais aussi les endroits que je veux encore visiter dans le reste de l’Inde et peux être au-delà.

Le climat dans tous ses états – la mousson en hiver / winter monsoon

Mon arrivée au Kerala s’était faite avec une petite averse. Le ciel était moins dégagé que les années passées, et certains soirs le coucher de soleil n’a pas été visible à cause d’une bande de brume au raz de l’horizon. Des orages et des pluies diluviennes ont également été au programme, de jour et de nuit. Le vent est aussi venu se présenter pendant quelques jours et une nuit ou j’ai cru que tout allait s’envoler. Il faut préciser que pendant tout cela la température ne descend pas en dessous des 22 degrés, et que les pics ont sans doute été dans les 37 degrés. De ce fait je dors toutes fenêtres ouvertes, mais couvertes de moustiquaires, et je suis donc au coeur de la symphonie des bruits du climat et des oiseaux, ce qui est un réel délice, mais a également ses moments dramatiques. Les marrées ont été très fortes et les vagues ont du frôler les 5 mètres a certains moments, et j’ai eu la malheureuse expérience de me trouver dans l’eau a ce moment précis et de me faire happer et jeter violemment sur le fond contre le sable alors que j’essayais de passer dessous pour éviter le pire. J’ai donc une belle égratignure sur le front et un oeil bien bleu. Heureusement plus de peur que de mal véritable, et l’arnica ont limité les effets du choc. Pour revenir au climat et la pluviométrie, la mousson d’été n’a pas apporté assez d’eau pour les réservoirs et barrages hydro-électrique, des coupures de 30 minutes se produisent tout a long de la journée et la nuit sans compter celles qui se produisent a chaque intempérie. Mais dans l’ensemble le ciel a été bleu, les couchers de soleil sublimes et multicolores, et la mer a eu ses moments de calme et de mare normale et j’ai pu barboter comme un canard. Mais ces derniers jours, la marée est si haute que le sable a été mangé par l’eau, de nombreux rochers sont apparus, et dans certains endroits, il n’y a plus de plage praticable, l’eau est à flanc de falaise. Cela devrait se calmer, enfin j’espère, pour pouvoir profiter pour mes derniers jours.

Saison 2013, un nouveau départ

À quelques jours du départ, le retour se dessine petit à petit à l’horizon. Ayant eu le temps de prendre le temps, de voir des paysages merveilleux, de faire de très belles rencontres et de me poser quelques mois au bord de la mer auront été un superbe break et un beau périple. Mais j’ai hâte de revenir et de reprendre mon activité, de retrouver mon chez moi et mes habitudes parisiennes. Je ne suis pas à 100% certain de vouloir reproduire le même schéma encore une fois, car les régions de l’Inde que je souhaite visiter se trouvent en montagne et je souhaiterais pouvoir les découvrir au printemps. Au niveau du soleil d’hiver et de la plage, c’est sur que je vais en avoir envie, mais Varkala, malgré ses atouts, perd de ses qualités et de son charme, car les locaux deviennent avides, et sous leur sourire de façade, ne cachent plus le souhait de plumer le touriste. Cela reste néanmoins une destination propre et assez bon marché avec de belles plages, une petite ville sympa, une grande ville pas loin. J’ai aussi envie de voir Gokarna qui serait plus ‘authentique’, mais serait aussi sur le déclin, d’après les habitués de ce lieu, et serait fort sale, envahi par les moustiques et les sandflies. Mais ce serait une occasion de retourner à Hampi, et peut être de visiter le haut lieu de pèlerinage Jain à Sravanbelagola. Il y a aussi Mysore, les sites de Belur et Halebid, la côte nord du Kerala que j’avais apprécié quand j’avais fait ma formation de massage, et les parcs naturels de la chaine montagneuse des Ghats occidentaux. Donc de quoi me faire un autre beau voyage, chouette. Au niveau formation de yoga, je pense que je dois déjà exploiter mon diplôme actuel et commencer à enseigner, tout en continuant ma propre pratique et mon apprentissage. Seulement après avoir acquis cette expérience d’enseignement, je pourrais vraiment bénéficier pleinement de la formation additionnelle de 300 heures. Ce ne sera donc sans doute pas avant 2015. Je ne dois pas non plus oublier que des graines ont été plantées par plusieurs personnes ces derniers mois pour que je porte mon attention sur l’Amérique du Sud et plus particulièrement le Pérou, et la meilleure saison seraient leur printemps, notre automne, me voici donc chargé de mettre de l’ordre dans toutes ces options et de commencer a planifié, un de mes passe-temps favoris. Eh oui revenir pour mieux repartir, c’est sans doute possible de ne jamais boucler la boucle et de continuer a découvrir les autres et donc soit même, c’est un peu Yoga tout cela. J’allais oublier le massage et la chance que j’ai eu de tomber sur Ajeesh, un excellent thérapeute qui utilise aussi bien ses mains que ses pieds et qui m’a massé, mais également enseigné ses gestes et techniques et les points marmas sur lesquels il se concentrait. Il m’a autorisé à le filmer lors des trois dernières séances que j’ai eues avec lui et m’a testé sur ma pression et mon touché. Je ne m’attendais pas à cela, mais je suis comblé par cette cerise sur le gâteau, car j’avais eu la chance de me faire masser par les pieds d’un thérapeute de 74 ans et aussi par les mains de quelques autres masseurs de qualité. J’ai donc pu profiter des soins et prendre de bonnes notes et vidéos et ainsi continuer de progresser dans mes compétences, et expériences du soin du corps humain.

Les gens du voyage

Je voyage seul, certes, mais en Inde, la solitude existe peu, car on peut facilement la rompre en acceptant les multiples sollicitations des locaux qui vous assaillent de questions et de regards interrogateurs. Il est clair que dans les villes ou seuls le tourisme fait vivre, les sollicitations sont rarement gratuites, souvent hypocrites et agressives, mais en dehors de ces endroits, les locaux sont charmants. Je dois dire que Khajuraho est le summum de l’agressivité et de la non-hospitalité, mais le site est tellement beau que l’on se doit de passer outre. Mettre ses écouteurs et lunettes de soleil pour éviter le dialogue stérile et puéril est une bonne option. Malgré cela, il y’a eu quelques personnes fort sympathiques qui ont permis à ce que je ne garde pas qu’une mauvaise image des locaux de Khajuraho. En ce qui concerne les étrangers en vacances, les personnes que je peux côtoyer dans les gares, trains et guesthouses sont souvent en vadrouille comme moi. Voyageant seuls, en couple ou en petit groupe, ils sont toujours disponibles pour partager leur impression sur ce pays qu’ils visitent pour la première ou comme moi pour la énième fois. C’est clair que les personnes seules sont plus ouvertes que les couples ou les groupes, et donc je profite d’être seul pour ne pas l’être aussi souvent que cela. C’est sur que dans les ‘hauts lieux touristiques’ que sont Agra, Varanasi et Khajuraho, le volume de tourisme est important, les opportunités de faire des rencontres également et j’ai pu passer de bons moments avec des personnes de tous les continents. Quand je vais m’enfoncer un peu plus hors du circuit classique, je risque de croiser moins de touristes, mais sans doute avoir plus de rencontres avec des locaux.

Mes rencontres seront en fait diverses et variées et les Occidentaux que je croiserais seront pour la plupart charmants et charmantes. Comme anticipé, nous n’étions pas beaucoup à nous aventurer dans le fin fond du Madhya Pradesh. Au niveau des locaux, la famille chez qui j’ai logé a Orchha, le photographe, prof de danse du village de Mandu qui m’a fait participer à la répétition du spectacle des jeunes hommes du village sur du bruit ‘gansta’ Bollywood. À Maheswar, deux sadhus qui ne parlaient pas anglais, mais qui m’ont gratifiés de leur plus beau sourire et poignée de main des plus tendre. À Hyderabad ou j’ai rencontré un professeur de yoga avec qui j’ai passé quelques heures à échanger sur nos expériences communes avec le yoga et qui m’a fait faire un petit tour en moto de la ville. Les emails furent échangés, nous ne nous reverrons sans doute pas, mais les moments furent plaisants, les discussions et partage d’expérience intéressant, et au final pas beaucoup de temps passé seul.

 

 

 

 

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